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avril 26, 2012

La confusion des valeurs, une des armes de la perversité

 par Kravi

Au moment où se déroulent en Israël les cérémonies pour le jour de la Shoah et où en Norvège se tient le procès Breivik, me revient en mémoire une discussion avec un ami de la fac de médecine. Chacun se souvient du procès Eichmann qui débuta le 11 avril 1961. Cette page de témoignages sur l’histoire a fortement marqué les esprits, depuis les conditions rocambolesques de l’enlèvement d’Eichmann par un commando d’agents du Mossad dirigé par Isser Harel, jusqu’au 1er juin 1962, date de son exécution par pendaison. David Ben Gourion avait souhaité un «Nuremberg du peuple juif» pour que ce procès provoque une véritable catharsis amenant à «inscrire la Shoah dans le code génétique israélien». Dans la France des années 60, l’étendue de la Shoah et la monstruosité de son caractère systématique et industriel n’étaient guère connues du public non juif. Les premiers frémissements des trente glorieuses, la volonté quasi générale d’oublier les années noires de l’occupation et la mystificatrice geste gaullienne d’une France résistant comme un seul homme à l’envahisseur nazi s’accommodaient mal de récits au sens propre inimaginables. En Israël même, de nombreux jeunes sabras ne comprenaient pas que des millions de juifs se soient «laissés conduire à l’abattoir». Les règles de sécurité pendant le procès furent extrêmes pour éviter son suicide ou un meurtre par vengeance: aucun des 22 gardiens recrutés n’était ashkénaze — i.e. susceptible, lui ou sa famille, d’avoir été déporté. La nourriture arrivait scellée et les plats d’Eichmann étaient goûtés par les gardiens pour éviter un empoisonnement. Les conditions du procès furent extraordinaires: trois juges au lieu d’un jury, film intégral par les télévisions du monde entier qui découvre en direct Eichmann dans sa cage de verre blindé écoutant sans émotion aucune les innombrables et tragiques témoignages de survivants.

Depuis l’aube de l’humanité les hommes se penchent sur la question du destin et de la responsabilité. Depuis la mort d’Eichmann, il y a exactement un demi-siècle, on ne cesse de se poser la question du degré de culpabilité, tant des hommes que des institutions, dans la réalisation de la Shoah. Historiens, philosophes, sociologues et psychanalystes apportent chacun leur contribution pour tenter de comprendre l’inexplicable. Toutes ces théories sont précieuses qui permettent de mieux cerner l’impénétrable.

Anna Arendt, philosophe juive émigrée aux États-Unis, qui couvrit le procès Eichmann pour le New Yorker, développa le concept de «banalité du mal» pour tenter d’expliquer la participation d’Eichmann — et par extension celle de tous les criminels nazis — à l’entreprise planifiée de mort industrielle qu’est la Shoah. Selon elle, Eichmann n’avait rien d’un monstre assoiffé de sang. C’était un homme banal, petit fonctionnaire étriqué mais zélé qui ne faisait qu’appliquer les ordres pour grimper les échelons de sa carrière au sein de l’armée. Il en irait de même pour la plupart des criminels nazis indépendamment de leur rang dans la chaîne de commandement. Ainsi, l’explication d’Arendt refuse toute interprétation pathologique. Le crime de ces hommes reposerait sur leur incapacité à l’empathie et à la pensée : ils seraient ainsi incapables de se mettre à la place de l’autre, position qui leur permettrait «de ne pas infliger à autrui ce qu’ils n’aimeraient pas qu’on leur infligeât à eux-mêmes». À l’appui de cette thèse de la banalité du mal, on peut citer la passionnante expérience de Milgram qui, autour des mêmes années, tentait d’évaluer expérimentalement le degré d’obéissance d’un individu à une autorité estimée par lui légitime. Les résultats font froid dans le dos et nous apprennent sur la psyché humaine des éléments peu plaisants mais indispensables à la connaissance.

D’autres auteurs contestent cependant ce point de vue sur la banalité du mal, et insistent sur le fanatisme et la perversité d’Eichmann qui, à la toute fin de la guerre, insista pour que les juifs hongrois fussent tous exterminés. Il prononça cette phrase: «Je descendrai dans la tombe le sourire aux lèvres à la pensée que j’ai tué cinq millions de Juifs. Cela me procure une grande satisfaction et beaucoup de plaisir». En réalité, cette perversité fanatique n’est en rien contradictoire avec le portrait du petit fonctionnaire banal et zélé.

Je voudrais à présent insister sur un épisode particulièrement évocateur lors du procès. Un des juges pose une question à Eichmann qui, oubliant de se lever, répond dans son micro. Le juge, dévasté depuis longtemps par la succession des témoignages insoutenables des survivants, s’emporte et intime à Eichmann sur un ton excédé: «Levez-vous quand vous vous adressez à la cour!». Alors ce dignitaire nazi, qui fut parmi les promoteurs de la solution finale à la conférence de Wannsee et un des plus hauts responsables de l’extermination industrielle et systématique des Juifs, cet accusé de crimes contre l’humanité qui jusqu’à cet instant n’a montré aucune émotion à l’écoute des insupportables récits, n’a ressenti ni haine ni culpabilité face aux témoins qui se succèdent, n’a manifesté aucun regret et encore moins de remords au regard des faits pour lesquels il est jugé, cet homme se lève en rougissant et bafouille des excuses, visiblement très troublé par la prise de conscience du fait qu’il vient de commettre une faute très grave. Comment comprendre un tel paradoxe?

Nous possédons tous en nous une instance psychique qui juge en termes de morale nos pensées, conscientes ou inconscientes, et nos actes: on la nomme le surmoi. Le surmoi est le siège des mécanismes de renoncement à la satisfaction des pulsions, renoncement sans lequel toute vie en société serait impossible. Le surmoi, héritier du complexe d’Oedipe, nous permet d’assumer les interdits réclamés par la vie sociale. L’expérience nous oblige à reconnaître que nous ne sommes pas tous égaux face à notre surmoi. Certains se sentent en permanence accablés par lui et passent leur temps à se faire d’amers reproches pour les moindres vétilles. D’autre s’en affranchissent aisément pour se vautrer dans les délices des transgressions de tous ordres. Tous les intermédiaires sont bien sûr possibles en fonction de notre histoire personnelle et de nos identifications.

Cet épisode du procès d’Eichmann nous indique qu’il existe des surmois dotés de propriétés différentes. En deçà du surmoi élaboré décrit plus haut existe un surmoi archaïque qui ne fait pas appel au jugement moral mais à la peur du gendarme, à l’exclusion de toute donnée éthique. C’est ce surmoi archaïque qui fait s’excuser Eichmann dans la grande contrition d’avoir commis une faute épouvantable lorsqu’il a omis de se lever pour répondre à la cour.

La question reste de savoir ce qui, chez certains, bloque l’évolution psychique au stade de surmoi archaïque sans les faire accéder au surmoi élaboré permettant de distinguer le bien du mal. Une piste est donnée par les impasses du narcissisme: quand l’autre n’est pas reconnu comme un autre humain, donc un autre soi-même, mais comme une chose à utiliser pour sa propre satisfaction, toutes les manipulations, utilisations, déqualifications et déshumanisations sont possibles. C’est alors le règne de la perversité qui se nourrit de la confusion des valeurs.

C’est précisément ce qui eut lieu dans toute l’Europe de la Shoah, quand les nazis furent bien aidés par l’indifférence des nations, quel que soit le nombre de justes honorés à Yad Vashem.

C’est précisément ce qui se passe aujourd’hui dans l’ignoble délégitimation de l’État-nation d’Israël, dans sa dénonciation en tant qu’État soi-disant nazi pratiquant l’apartheid. Cette inversion perverse des valeurs, cette corruption du sens par ce nouvel avatar de la haine antijuive qu’est l’antisémitisme islamique, ses idéologues et ses idiots utiles, en est une illustration tragique.

Alors que, étudiants en médecine, nous discutions ensemble de ce procès et de ses implications, mon ami Christophe Dejours — qui a lui-même travaillé les stratégies de défenses dans la banalisation du mal — avait suggéré l’idée suivante: au lieu de prononcer une sentence de mort pour Eichmann, le Tribunal aurait dû le condamner à vivre — sous de draconiennes conditions de surveillance pour éviter un suicide ou un meurtre et dans un isolement affectif total — le restant de sa vie dans un kibboutz, dans la pleine renaissance du peuple qu’il avait souhaité anéantir.

Au sujet de l’extermination des Juifs de Hongrie voir:
Edmund Veesenmayer, chef d’Eichmann en Hongrie, responsable de la mort de 500.000 Juifs hongrois et slovaques
András Kún, prêtre et tueur de Juifs hongrois

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2 commentaires:

Gilles-Michel DEHARBE a dit…
Lacan, quand il évoque le comité des premiers psychanalystes (tous juifs), déclare avec un mépris non déguisé que pendant la guerre ils ont tous échappé aux camps (leur place, de droit, y était donc marquée ?). Qu’un tel mépris leur vînt d’un rescapé des camps, passe encore, mais d’un médecin bien français que la guerre avait épargné …

25 avril 2012 23:17
Gilles-Michel DEHARBE a dit…
À paraître en mai 2012, chez Gallimard :  » LE CAS EICHMANN  » de Claude Klein.

En 1960, le magazine américain – Life – avait publié les entretiens tenus en Argentine peu avant son arrestation entre Eichmann et un journaliste hollandais Wilhem Zassen, ancien collaborateur, au cours desquels l’ancien SS aurait déclaré :  » Je dois avouer, si nous avions réussi à tuer les dix millions de Juifs qui vivaient en Europe en 1933, j’aurais pu dire : excellent, nous avons détruit l’ennemi « .

25 avril 2012 23:26
http://philosemitismeblog.blogspot.fr/2012/04/la-confusion-des-valeurs-une-des-armes.html
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avril 19, 2012

YOM HASHOAH

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avril 18, 2012

La révolte du ghetto de Varsovie

 Chronologie

  21/01/1943

21/01/1943

A Varsovie, les allemands ouvrent le feu dans le ghetto. Les Juifs résistent, s’emparent d’armes et tuent 12 allemands.

  19/04/1943 au 16/05/1943

19/04/1943

Révolte du ghetto de Varsovie. Le 19 avril, 2 100 Allemands entrent dans le ghetto. Armés de 17 pistolets et de quelques centaines de grenades, les insurgés ouvrent le feu, contraignant les Allemands à la retraite. Le lendemain, le ghetto est bombardé avec des mortiers. Les Allemands tuent tous les malades de l’hôpital de Czyste. La révolte continue jour après jour, avec de moins en moins d’armes. Les insurgés, abandonnés de tous, sont dirigés par Mordéhaï Anielewicz, de l’Hashomer Hatsaïr. Il avait défini la lutte des insurgés comme un combat « non pas pour la vie, mais pour le prix de la vie ». Les Allemands avancent patiemment, passant chaque rue du ghetto par les flammes. Arrivés à bout de forces et de munitions, quand le combat semble sans issue, des insurgés essaient de s’enfuir en utilisant les égouts. Le 3 mai, 21 femmes qui tentaient de s’échapper sont reprises et exécutées. Le 7 mai, Pawel Burskin emmène un groupe de combattants dans le secteur aryen de la ville. Ils sont repris et tués. Le 8 mai, les Allemands ont vidé presque tout le ghetto et la résistance se concentre au quartier général des insurgés, au 18 de la rue Mila. 120 combattants sont bombardés et gazés dans le bunker, parmi eux Mordéhaï Anielewicz et Berl Broyde, les dirigeants de la révolte. En tout 7 000 Juifs sont morts en combattant, 600 ont été tués dans les bunkers, 30 000 ont été déportés. Jusqu’au 12 mai, des petits groupes essayeront de s’échapper du ghetto. Des 400 000 Juifs que comptait le Ghetto de Varsovie à ses débuts, seuls 500 environ ont survécu à la guerre.

  01/04/1943

Durant l’insurrection du ghetto de Varsovie, les insurgés juifs reçoivent de l’aide de l’extérieur. Cette aide vient principalement d’une branche de la résistance polonaise : la Commission d’Aide au Juifs – Zegota. A l’intérieur de l’organisation, le coordinateur de l’aide est Wladyslaw Bartoszewski, grand résistant polonais, qui sera ministre des affaires étrangères de Pologne en 1995 et 2000-2001. Yad Vashem lui décernera le titre de Juste parmi les Nations en 1966 pour son action au sein de la Zegota.

  03/06/1943

Destruction d’un des derniers bunkers du ghetto de Varsovie, avec 150 combattants dedans.

  19/07/1943

3 500 Juifs sont pris du camp de Birkenau au ghetto de Varsovie pour rechercher parmi les ruines des objets qui auraient pu être laissés par les Juifs.

  27/07/1943

27/07/1943

En fouillant les ruines pour récupérer des objets laissés par les Juifs, les allemands découvrent quelques Juifs cachés : 16 sont exécutés.

  10/08/1943

10/08/1943

27 Juifs sont trouvés dans le ghetto de Varsovie et exécutés.

http://www.histoiredesjuifs.com/articles.php?lng=fr&pg=927

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avril 18, 2012

Leader socialiste belge instrumentalise la Shoah pour défendre les Musulmans

Enfants à Auschwitz victimes
des expériences de Mengele

 

La récente étude de la Fondation allemande Friedrich Ebert Foundation‏ confirme que de nombreux Européens estiment que les Juifs tirent cyniquement profit de la Shoah pour obtenir des avantages (« take advantage of having been victims during the Nazi era »): 49% des Allemands, 22% des Britanniques, 32% des Français, 17% des Hollandais, 52% des Portugais (il y a environ un millier des Juifs au Portugal!), 72% de Polonais et 68% de Hongrois le pensent. Ils sont encore plus nombreux à être convaincus de la rapacité et de la cupidité des Juifs… Or ce qu’on souligne rarement c’est que des non-Juifs banalisent et instrumentalisent sans vergogne la Shoah (l’extermination de 6 millions Juifs européens – dont 1.5 million d’enfants, curieusement l’extermination des Tsiganes n’est jamais évoquée) pour insulter des adversaires et pour lutter contre l’extrême droite, quand ce n’est pour attaquer les Juifs eux-mêmes et critiquer Israël. C’est ce qui vient de se passer en Belgique francophone. Philippe Moureaux, historien (Université Libre de Bruxelles) et leader socialiste éminemment respecté et populaire, a accusé la RTBF qui, pour la première fois a diffusé un programme sur l’islam en Belgique assorti de quelques critiques, s’est empressé de déclarer que la RTBF avait « agi comme Goebbels l’a fait avec les Juifs ». En 2009, Moureaux accusait les Juifs belges en ces termes: « A 20 ans, quand j’étais marxiste, je n’étais pas un grand partisan du droit à la différence. J’ai évolué. Et ce qui m’a fait basculer, ce sont précisément les conversations que j’ai eues avec des représentants de la communauté juive. Cela m’attriste, aujourd’hui, de les voir refuser ce droit à la différence pour les musulmans. » [1]

La députée Viviane Teitelbaum (MR) a réagi aux propos de Philippe Moureaux. Un texte juste et sans concessions (Quand Philippe Moureaux se sert de l’Histoire, il humilie la démocratie).

« Puisqu’il ne peut s’agir d’ignorance, il s’agit donc bien d’outrance: Quand Philippe Moureaux se sert de l’Histoire, il humilie la démocratie.

Joseph Goebbels
Le contexte à l’origine des derniers dérapages? Une émission de la RTBF «Questions à la Une» sur «Faut-il craindre la montée de l’Islam?» La réaction du Bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux, au travail des journalistes: «ils ont agi comme Goebbels l’a fait avec les Juifs». Alain Destexhe qui est interviewé dans l’émission sera qualifié sur un faux-profil de Facebook de «docteur Mengele sans frontière». Ce qui est redoutable ici et qu’il faut dénoncer c’est la banalisation d’un discours de nazification qui devient respectable. Car à force d’expliquer l’inexplicable, on finit par justifier l’injustifiable et par banaliser les discours négationnistes.

Port de l’étoile jaune obligatoire
Mais ce n’est pas nouveau. Le 11 mai 2006, la Ministre de la Justice, Laurette Onkelinx comparait le recensement des Imams au port de l’étoile jaune pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le dimanche 16 octobre 2005, lors du journal télévisé de RTL-TVI, à l’occasion des 25 ans du parlement wallon, le président José Happart, n’hésite pas à comparer le climat politique qui prévalait en Wallonie à celui qui exista dans l’Allemagne de 1933. Le 17 novembre 2005, lors l’organisation de la Bus Academy par la STIB, un membre de la Direction de l’Infrastructure des Transports Publics (DITP) de l’AED-MRBC, illustre le manque d’espace dans les bus en disant: «c’est comme les trains Auschwitz».

Quand un journaliste dénonce ouvertement un Imam qui tient des propos antisémites et insultants pour les femmes, il agirait comme Goebbels? Pourquoi? Qui était Goebbels? L’historien Philippe Moureaux le sait fort bien, c’est d’autant plus grave évidemment! Ministre à l’Education du peuple et à la propagande sous le 3e Reich de 1933 à 1945, son nom reste indissolublement lié à l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie de propagande totalitaire. Joseph Goebbels était un proche d’Hitler, tout comme Goering, Himmler ou encore… Mengele. Son rôle est très important dans la mise en place de la dictature nazie et de la diffusion des mots d’ordre puisque c’est son ministère qui régente et censure toute la presse. Goebbels est constamment aux avant-postes dans la radicalisation du régime contre les Juifs qui mena aux camps de concentration, aux fours crématoires et à la mise à mort de 6 millions de Juifs sur le territoire Européen.

Mengele, quant à lui était un médecin nazi actif notamment au camp de concentration d’Auschwitz, où il a participé à la sélection des déportés voués aux chambres à gaz et s’est livré sur de nombreux prisonniers – surtout sur les jumeaux, mais aussi sur les transsexuels- à des expériences pseudo-scientifiques en leur injectant divers produits chimiques, par exemple. Il est connu sous le surnom d’«ange de la mort».

Il va de soi que notre situation politique n’a rien à voir avec celle de 1933, année où les nazis bâtirent des camps de concentration pour y enfermer les opposants politiques, les homosexuels, les handicapés, les Juifs et les tziganes. Les comparaisons abusives de José Happart cherchent à faire peur et nuisent au bon fonctionnement de nos institutions et aux sanctions prises à l’encontre de certains responsables politiques wallons qui se seraient alors rendus coupables de malversations. Elles dénigrent les hommes et les femmes qui sont engagés dans l’action politique ainsi que la presse qui fait son travail.

Quel rapport y –a-t-il entre les heures de pointe dans les transports en commun à Bruxelles en 2005 et les trains de la mort qui roulaient vers les camps d’exterminations ou de travail?

Quel rapport y a-t-il entre vouloir régulariser la situation des Imams en Belgique et le port de l’étoile jaune, rendu obligatoire pour les Juifs le 7 juin 1942? Cette brimade qui clôtura les mesures d’exception qui éliminèrent les Juifs de la vie économique et sociale rendait la persécution visible et déboucha le même mois sur la décision de commencer les déportations.

Fasciser un démocrate, un journaliste, en le comparant à un nazi, c’est faire insulte au débat démocratique, à la mémoire des victimes de la Shoah, à l’honneur des résistants à ce régime mais aussi à l’histoire de l’Europe.

Et cela débouche sur quoi? Par exemple, le dernier parmi beaucoup d’autres, hier un chirurgien orthopédiste bruxellois [au moins lui s’en est excusé] qui aurait tenu des propos antisémites, en pleine opération, envers l’un de ses stagiaires juifs. Il y est question de cri de ralliement nazi, d’allusion aux chambres à gaz.

Ces comparaisons sont inacceptables. On peut tout critiquer tant que l’on reste dans l’enceinte démocratique avec des mots justes pour qualifier des situations dans leur contexte actuel sans tomber avec excès et facilité dans des comparaisons regrettables qui débouchent inéluctablement sur la banalisation. Monsieur Moureaux, quand vous vous servez ainsi de l’Histoire, vous humiliez la Démocratie !

Viviane Teitelbaum
Députée, fille d’enfant caché »

[1] En 2009, l’actuel Premier Ministre socialiste Elio Di Ruppo déclarait à propos de l’opération Plomb Durci à Gaza: « Et cette attitude [de la population juive] de sang-froid, ne pas avoir de remords, voir des écoles être anéanties et tous ces morts, c’est inacceptable, c’est totalement inacceptable ». Et: « Il y a eu des milliers d’enfants, des milliers de femmes, des milliers d’innocents, des milliers de civils qui ont été tués. »

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avril 18, 2012

Un Cardinal prétend que les Allemands ont souffert plus que les Juifs pendant la Shoah

Le cardinal George Pell a également affirmé que « le petit peuple juif » était composé de bergers moralement et intellectuellement inférieurs aux Égyptiens de l’antiquité. Son éminence s’est empressée (ça fait partie du script) de présenter ses excuses et d’affirmer sa grande amitié pour le peuple juif. Il est vrai que l’abbé Pierre diffamait allègrement les Juifs et ne s’est jamais excusé. On aimerait savoir si le cardinal pensent que les Gitans (que les catholiques oublient toujours de mentionner) ont aussi moins souffert que les Allemands.

(JTA) — The head of Australia’s Catholic Church apologized for what Jewish leaders described as « deeply problematical » comments he made about Jews on a TV show.

Cardinal George Pell had said during an April 10 debate with the British atheist Richard Dawkins on « Q&A, » a highly regarded current affairs talk show on the Australian Broadcasting Corp., that Germans suffered more than Jews during the Holocaust.

Asked why God allowed the Holocaust to occur, Pell said, « He helped probably through secondary causes for the Jews to escape and continue. It is interesting through these secondary causes probably no people in history have been punished the way the Germans were. It is a terrible mystery. » When challenged by the moderator that the Jews had suffered more, Pell said, « Yes, that might be right. Certainly the suffering in both, I mean the Jews, there was no reason why they should suffer. » Pell said the Holocaust was « a crime unique in history for the death and suffering it caused and its diabolical attempt to wipe out an entire people. »

Earlier in the debate Pell said that « the little Jewish people » were shepherds who were morally and intellectually inferior to the ancient Egyptians.

In his clarifying statement, Pell said, « My commitment to friendship with the Jewish community and my esteem for the Jewish faith is a matter of public record, and the last thing I would want to do is give offense to either. »

Peter Wertheim, executive director of the Executive Council of Australian Jewry, said the council had expressed « serious concern » about some of Pell’s « deeply problematical » comments.

Wertheim added that « We welcome as a first step Cardinal Pell’s clarifying statement that he did not intend any offense, and his expression of continuing friendship with the Jewish community and esteem for the Jewish faith. »

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avril 17, 2012

La promesse – Yom Hashoah

La promesse – In memory of MS and others – Yom Hashoah – By myself – Tous droits réservés

par Hélène Venard-Mathieu, mardi 17 avril 2012, 16:43 ·

–     J’ai peur, ne m’abandonne pas !

 

–     Je suis là, je serai toujours là pour toi !

 

–     J’ai peur de souffrir…

 

–     Ne tremble pas, tiens ma main. Ne la lâche pas !

 

–     Je la sens glacée, ta main… C’est la mort qui arrive…

 

–     Non, elle est chaude car mon cœur palpite si fort pour toi !

 

–     Tu es si courageuse !

 

–     Mon courage est notre révolte, la rage de tous ces enfants, de tous ces gens qui vont mourir, avec nous.

 

–     C’est injuste. Il n’y a pas plus injuste !

 

–     Oui, le monde nous a abandonnés, comme des riens, des moins que rien !

 

–     Leurs petits corps, tu as vu, ils les sortent. Plus que des pantins sans vie. Comment peuvent-ils, dis, comment peuvent-ils…   

 

–     … Comment font-ils pour nous regarder en face, dans les yeux ? De quoi sont-ils faits pour mener des enfants à la mort ? … Faire du mal à un enfant ? Un enfant c’est l’innocence, la promesse…

 

–     Ils viennent nous chercher… Ne me quitte pas, ne lâche pas la main, jure, jure que quoi qu’il arrive tu ne me lâcheras pas la main !

 

–     Je te le jure !

 

–     Regarde-les toi, moi je ne peux pas…

 

–     Mets ta tête contre ma poitrine !

 

–     Raconte-moi comment tu les regardes…

 

–     Mes yeux leur disent : « Vous êtes lâches, vous êtes faibles, vous êtes obéissants, vous êtes sadiques, vous êtes des bourreaux ! »

 

–     Ils te regardent ?

 

–     Oui, mais  ils ne me voient pas.

 

–     Dis-moi encore comment tu les regardes…

 

–     J’ai les yeux du défi… Viens, avance avec moi !

 

–     Je ne veux pas… Je ne veux pas mourir… pas maintenant !

 

–     Moi non plus, je ne le veux pas… Ils vont nous séparer … regarde les files…

 

–     Tout ce qu’on s’est promis en haut de l’arbre, alors ça ne s’accomplira pas ?

 

–     Si !

 

–     Tu dis n’importe quoi ! On va mourir, je te dis qu’on va mourir ! Il faut que tu aies peur, parce que c’est fini, ce sera noir; je ne te verrai plus, tu ne me verras plus… Bientôt tu seras froide, et moi aussi…

 

–     Ton cœur, garde-le dans l’amour, tiens-le ouvert ! Ne laisse pas la peur l’envahir. Alors ils auraient gagné ! Ton cœur, sauve ton cœur ! Sauve ton cœur vers l’amour, et contre la vengeance !

 

–     Lila… Lila…

 

–     Chut…

 

–     Lila…

 

–     Tu vas fermer les yeux, et tu verras, on sera les plus forts. Ils ne nous auront pas, parce que notre amour est éternel. On reviendra, je te le jure, et ce monde juste, ce monde meilleur, toi et moi ensemble on le construira !

 

Des larmes coulent, d’un seul cri. On les a séparés. Mais ils toussent, s’étouffent à l’unisson, à l’asphyxie. Et puis plus rien; le néant, la nuit.

 

http://www.facebook.com/notes/h%C3%A9l%C3%A8ne-venard-mathieu/la-promesse-in-memory-of-ms-and-others-yom-hashoah-by-myself-tous-droits-r%C3%A9serv%C3%A9/10150747294532768

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avril 16, 2012

Benny Gantz à Yad Vashem: «Tsahal doit assurer la pérennité de l’État d’Israël comme refuge pour les Juifs du monde entier»

par Tsahal – Armée de Défense d’Israël
Yad VashemLe Chef d’État-major Benny Gantz s’est exprimé à l’occasion de la Conférence annuelle autour de la mémoire de la Shoah et a déclaré : «Nous devons défendre Israël et les Juifs du monde entier.»

Le Chef d’État-major, Benny Gantz, s’exprime lors d’une conférence sur la Shoah au Musée de Yad Vashem. Cette conférence, organisée par l’État-major, se tient annuellement quelques jours avant Yom Hashoah.

Yom Hashoah, la journée de commémoration de la Shoah dans le calendrier juif aura lieu ce jeudi. A cette occasion, Benny Gantz préside actuellement une conférence au Musée Yad Vashem en présence de l’ensemble de l’État-major israélien ce lundi 16 avril. Il s’agit d’une tradition au sein de Tsahal et tous les hauts responsables militaires israéliens y assistent.

«Nous devons défendre les frontières d’Israël et ses citoyens mais aussi regarder autour de nous et agir chaque fois qu’un Juif est en danger, simplement parce qu’il est juif.»

«Lorsqu’un Juif à Kiev est passé à tabac en sortant d’une synagogue, lorsqu’à Toulouse des enfants juifs sont assassinés de sang-froid, lorsqu’en Inde, en Thaïlande et en Géorgie, des groupes malfaisants projettent de s’attaquer à des cibles juives et israéliennes, le rôle de Tsahal est d’être aux côtés de ceux-ci.»

«Nous avons la capacité et le devoir de combattre avec détermination l’antisémitisme, également les nouvelles formes qu’il peut prendre. Nous devons assurer la pérennité de l’État d’Israël comme refuge pour les Juifs du monde entier, un refuge où tout notre peuple peut vivre sans crainte. Un foyer national sûr, défendu par son armée et capable de faire face à tous les conflits.»

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avril 2, 2012

« Mein Kampf, c’était écrit » et « Mein Kampf, histoire d’un livre »

par Antoine Vitkine

De son enquête sur l’histoire de Mein Kampf (Mon combat) d’Adolf Hitler, Antoine Vitkine a tiré un essai passionnant Mein Kampf, histoire d’un livre (2009) et un documentaire remarquable Mein Kampf, c’était écrit (2008) qui sera rediffusé le 3 avril 2012 à 23 h 40. Mein Kampf, un best-seller dès sa publication en 1925. Un livre antisémite où Hitler annonçait sa diplomatie belliqueuse – guerre contre la France et l’Union soviétique, annexion de l’Autriche – et la politique qu’il mènera (1933-1945) : régime totalitaire, eugénisme, lois raciales, destruction des Juifs.
C’est une enquête passionnante, et inédite pour sa partie postérieure à 1945, que nous livre Antoine Vitkine, journaliste et réalisateur de documentaires, notamment de « Ronald Reagan, l’enfance d’un chef ».

Un best-seller de la haine antisémite
L’auteur retrace la trajectoire méconnue du livre écrit en 1923-1924 par Hitler, « « le chef d’un parti ultranationaliste et raciste, adepte de la violence, tribun populiste », et une équipe hétéroclite dans la cellule de la prison de Landsberg après la tentative ratée de putsch de la Brasserie ou putsch de Munich (8 novembre 1923). Un livre publié par Eher-Verlag.
Exsudant l’obsession haineuse des Juifs, ce livre politique à l’idéologie radicale, « une conspiration en plein jour » (Alexandre Koyré), rend millionnaire Hitler et le consacre comme führer d’un parti nationaliste raciste.
Son succès – environ 300 000 exemplaires vendus dès avant 1933 année de l’avènement du nazisme en Allemagne – est lié aux difficultés politiques et économiques de l’Allemagne de Weimar.

Si des intellectuels manifestent une rare clairvoyance, des églises, partis politiques et syndicats privilégient des lectures ciblées, sans vue d’ensemble, s’en désintéressent, le sous-estiment ou se perdent en spéculations : Hitler fera-t-il ce qu’il a écrit ?
De 1925 à 1945, Mein Kampf est diffusé à 12,45 millions d’exemplaires en Allemagne, soit un foyer sur deux – remis aux jeunes mariés par les mairies, son achat conseillé aux bibliothèques publiques et aux fonctionnaires, cité dans les manuels scolaires, distribué par les usines Krupp aux bons ouvriers – et à des centaines de milliers dans une vingtaine de pays, dont ceux du monde musulman. Et traduit en 16 langues.
« Le film explique bien qu’il a été plus lu qu’on ne le pensait jusqu’à maintenant. Il permet de distinguer entre lire et comprendre d’une part, et entre comprendre et être capable de prévoir ce qu’il allait se passer d’autre part », déclare Antoine Vitkine en avril 2008.
Les passages sur la politique étrangère sont censurés par l’éditeur munichois négociant les traductions, dont celles en français (1934) et en arabe (1934).
Dès 1934, Fernand Sorlot, un éditeur farouchement anti-allemand et proche de l’extrême droite maurassienne, publie une première traduction sans en avoir les droits », par les Nouvelles éditions latines. Son but : « alerter l’opinion française sur les visées revanchardes du nouveau chancelier allemand (son antisémitisme virulent ne suscitant, lui, aucun émoi particulier). Aussitôt, Hitler attaque l’éditeur pour violation du droit d’auteur et gagne son procès. Derrière cette bataille juridique se cache une réalité politique et militaire : l’Allemagne n’est pas encore prête à faire la guerre et il ne faut pas dresser trop tôt les Français contre elle. L’entreprise de séduction se poursuivra avec la publication, à la fin des années 1930, d’un « faux » Mein Kampf prônant la paix et totalement expurgé des passages antifrançais. Lorsque les véritables intentions d’Hitler se révéleront, en 1939, il sera trop tard ». Après les accords de Munich (30 septembre 1938), à l’initiative des milieux nazis français, Fayard édite une version sans les passages hostile aux Français dans une version intitulée Ma doctrine. La LICA (Ligue internationale contre l’antisémitisme) diffuse 5 000 exemplaires de Mon Combat, donc dans sa version intégrale (700 pages), notamment auprès des parlementaires français. Un livre inscrit sur la première liste Otto des ouvrages interdits à la vente.
Parmi les lecteurs de la version intégrale en anglais commercialisée en 1939 : Roosevelt, Staline, Churchill, Charles de Gaulle, Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII, et David Ben Gourion.
Mein Kampf est évoqué dans la propagande des Alliés en faveur de l’effort de guerre, et présenté comme preuve à charge contre les Nazis par le tribunal de Nuremberg (1945-1946).
Des rééditions parfois légales
Le livre d’Antoine Vitkine est parcouru par deux questions : Mein Kampf aurait-il pu – dû – prévenir le monde de la menace qu’Hitler faisait courir à l’humanité ? Les idées du livre sont-elles encore vivantes ?
Mein Kampf, histoire d’un livre montre le rôle de cet ouvrage dans l’accès au pouvoir d’Hitler, pourquoi tout son programme annoncé n’a pas constitué l’avertissement empêchant toute l’horreur à venir, pourquoi Hitler a tenté de dissimuler son livre et fait publier un faux en France.
Antoine Vitkine en tire sept conclusions : ne pas « sous-estimer les projets politiques fanatiques et violents » ; ne pas voir la réalité contemporaine au travers du prisme des années 1930 ; l’inaction des autorités politiques ne tient pas à la méconnaissance du livre, mais au manque de volonté ; le nazisme a utilisé les failles et faiblesses de la démocratie ; ce livre est le « trait d’union entre Auschwitz et l’antisémitisme européen ». Mein Kampf nie la démocratie, les libertés et principes fondamentaux, et mieux vaut le décoder que l’interdire car il « contient en lui son antidote ».
L’enquête d’Antoine Vitkine mène du Paris d’avant-guerre aux librairies turques modernes, via les milieux néo-nazis.
Mein Kampf se vend dans le monde, notamment en France (jugement en 1979 imposant d’inclure un texte avertissant des crimes commis au nom du livre) et au Japon sous la forme d’un manga Waga Toso par East Press (2009), avec des résonances différentes (Inde), et est consultable sur Internet. En mars 2012, il a été publié pour la première fois en albanais par la maison d’édition Belina H, en « avertissement pour les générations futures, pour que de telles folies ne se répètent plus ».
Dédicacé par Hitler à Georg Maurer, un exemplaire d’une des premières éditions (1925) de Mein Kampf a été vendu, le 13 août 2009, à Ludlow, dans l’ouest de l’Angleterre, pour 21 000 livres (24 000 euros).
Le gouvernement de Bavière détient les droits d’auteur de Mein Kampf et interdit de nouvelles publications. Le 25 janvier 2012, un tribunal de Munich a interdit la publication d’extraits du livre, assortis de commentaires et d’analyses scientifiques, par revue Zeitungszeugen [Journaux témoins] éditée par l’éditeur britannique Peter McGee. Une interdiction confirmée en appel en mars 2012 au motif que le « projet servirait les écrits du dictateur ».

Les droits d’auteur tombant dans le domaine public en 2015, Mein Kampf pourra alors être librement réédité. En 2009, une édition critique était prévue en Allemagne, avec l’accord du Conseil central des Juifs allemands (CCJA) et du Land de Bavière. Une édition qui a suscité une polémique. « L’annonce d’une édition critique de l’unique livre publié par Hitler, à condition qu’elle soit établie par les meilleurs spécialistes internationaux de l’hitlérisme, doit être reçue comme une bonne nouvelle. Sur un épisode d’une telle importance dans l’histoire du XXe siècle, sur cette catastrophe sans précédent, on ne saurait plus longtemps considérer que l’ignorance est un argument, ni que le savoir approximatif est suffisant », a écrit l’historien Pierre-André Taguieff, en septembre 2009.
Mein Kampf et le monde musulman
Ce bréviaire nazi rallie en particulier les islamistes qui prisent son antisémitisme.
Dans son essai, Antoine Vitkine évoque l’accueil de Mein Kampf dans le monde musulman dans les années 1930 et 1940, mais peu l’attrait pour l’antisémitisme de Mein Kampf et sa diffusion après guerre par les Nazis abrités par les pays arabes.
Mein Kampf est un « bréviaire grand public » en Turquie.
« Il faut comprendre ce qui se joue derrière le succès de Mein Kampf dans le monde Arabe. Dans le monde Arabe, c’est ancien, puisque c’est le Grand Mufti Husseini qui dans les années 1930 publie la première traduction d’extraits de Mein Kampf. Il y a deux raisons principales qui expliquent la présence de Mein Kampf dans le monde arabe. D’abord c’est un contre-symbole adressé à l’Occident, c’est le symbole de ce que l’Occident rejette et c’est donc un moyen de rejeter l’Occident. La deuxième raison c’est que c’est le symbole de l’extermination des Juifs par les nazis, et que de la part d’opinions publiques foncièrement hostiles à Israël, c’est une manière, sans doute provocatrice, de se situer par rapport à Israël. Mais je dois dire que j’ai été très surpris quand même. Je ne le raconte pas dans le film, mais je suis allé en Turquie cet été, et je me suis rendu compte que ceux qui achetaient Mein Kampf ne le faisaient pas uniquement par provocation. Dans de nombreux cas le livre était vraiment lu, peut-être pas intégralement, mais il était compris, son message était entendu. Une autre raison qui fait que Mein Kampf a du succès en Turquie, c’est que c’est un symbole ultra-nationaliste : « tout pour sa patrie, sa race ». Le message ultra-nationaliste très agressif qui fait qu’on se définit contre le reste du monde, cela peut séduire. Le monde musulman est aujourd’hui traversé par cette tentation de repli identitaire, et évidemment dans ce contexte là, Mein Kampf et l’idéologie national-socialiste constituent un modèle. Voilà, cela ne veut pas dire forcément qu’on adhère à tout et qu’on veut exterminer les Juifs, mais le modèle ultra-nationaliste existe toujours. En Russie, la logique est la même. L’idéologie contenue dans Mein Kampf a une part intemporelle, et c’est pour ça que s’intéresser à Mein Kampf aujourd’hui, c’est s’intéresser au monde actuel », a déclaré Antoine Vitkine en avril 2008.

Antoine Vitkine, Mein Kampf, histoire d’un livre. Ed. Flammarion Lettres, coll. EnQête, 2009. 350 pages. 21 euros. ISBN : 978-2081210516
Mein Kampf, c’était écrit d’Antoine Vitkine

France, 2008, 56 minutes, Arte F
Diffusion le 3 avril 2012 à 23 h 40

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mars 13, 2012

Réponse d’un Israélien à un professeur juif de l’Université Libre de Bruxelles

« Vous vous rendez compte, Hitler ne nous avait pas prévenus, il a eu le culot de nous cacher qu’il allait nous exterminer!!! »

« Mais nous ferons ce que nous devons faire, si c’est absolument nécessaire, car moi à Jérusalem et mes enfants en uniforme de l’armée juive d’Israël à Auschwitz devant le Bloc 10 tristement célèbre de Mengele où ma grand-mère fut martyrisée, nous avons juré: PLUS JAMAIS. »
Suite à la publication d’un éditorial sur le site d’une agence de presse francophone basée en Israël, l’auteur fut contacté par un professeur juif de l’Université Libre de Bruxelles. Nous reproduisons ci-après la réponse de l’éditorialiste au professeur de l’ULB. Nous connaissons l’identité des deux épistoliers:
« Cher Monsieur […]

J’ai lu votre texte avec attention.

Vous avez l’honnêteté d’avouer que votre avis découle de ce que vous avez lu dans de prestigieux journaux américains ou israélien. Vous me permettrez d’être étonné que vous citiez en référence Counterpunch [1] qui est un brûlot de détestation d’Israël où c’est à qui sera le plus antisioniste et même antisémite, même si quelques-uns des auteurs sont juifs, n’utilisant leur qualité de juif que lorsqu’il s’agit d’inciter à la haine de mon pays, comme par exemple Israël Shamir et Uri Avnery. Mais il y a aussi Pierre Piccinin, [NDLR: Piccinin est un professeur de lycée qui dénonce la mafia sioniste et le lobby juif international. Quant à son rôle à l’ULB, il l’a précisé lors d’une interview: « J’ai eu une petite fonction scientifique tout à fait accessoire – pas grand chose – mais pendant huit ans quand même dans cette maison »] avec lequel vous cohabitez apparemment sans problème à l’ULB, dont les propos, s’ils les tenaient en France, feraient matière à poursuite pour antisémitisme, alors qu’en Belgique et, en particulier à l’ULB qui s’est fait une renommée mondiale de la haine contre Israël, il ne craint absolument rien.

J’ai bien peur aussi que vous réfléchissez, et c’est normal, comme un Occidental. Il se trouve que lorsque Khomeiny est rentré d’exil en Iran, avec l’accord du président Giscard d’Estaing, je travaillais chez El Al, et un de mes amis était le chef de station d’El Al à Téhéran. Sans rentrer dans les détails, parce que ce serait trop long, il est un véritable héros, car grâce à lui de nombreux Juifs iraniens ont pu s’échapper des griffes des ayatollahs. Je fréquente toujours un certain nombre de ces personnes qui ont encore quelques contacts avec de la famille et des proches en Iran qui n’ont pas eu la chance de pouvoir sortir d’Iran. Je ne vous souhaite pas d’échanger votre sort au leur…
Votre angélisme et surtout votre mémoire très courte me font également un peu frémir.

Ahmadinejad est un négationniste de la Shoah, il l’a déclaré à de nombreuses reprises, il accueille publiquement des négationnistes comme Faurisson, Dieudonné et d’autres salopards (il n’y a pas d’autres mots que je puisse utiliser).
Enfin, je ne peux m’empêcher d’aborder mon histoire familiale personnelle. En 1939, alors que vous naissiez au Rwanda, mes parents, adolescents à l’époque, vivaient à Bruxelles. Les Juifs souffraient en Allemagne, mais c’était loin et Hitler ne parlait pas de solution finale. Puis, le 10 mai 40, ce fut l’exode. Mais bon, après 3 semaines en France, ils retournèrent en Belgique, parce qu’ils n’avaient pas où aller et puis les Allemands n’allaient quand même pas s’attaquer aux Juifs. La suite, j’espère que vous vous en rappelez. Ma famille connut Malines et puis Auschwitz.

Vous vous rendez compte, Hitler ne nous avait pas prévenus, il a eu le culot de nous cacher qu’il allait nous exterminer!!!
Du coup, on est devenu un peu plus méfiant. Et moi, qui suis né à Uccle, j’ai finalement été plutôt visionnaire en venant m’installer en Israël, surtout quand je constate aujourd’hui, qu’il n’est plus très facile d’être juif dans mon pays de naissance.

Je me suis dit que les Juifs avaient droit à un pays et aujourd’hui, nous avons aussi le droit d’être maître de notre destin. Fini le temps du Juif qu’on peut molester, insulter et mener impunément à l’abattoir.

J’ai porté l’uniforme de Tsahal, je me suis battu pour la survie de mon peuple.
Je suis pour un Etat palestinien, pour 2 Etats pour 2 peuples. Je suis sioniste et je ne suis pas un fasciste, car le fascisme, je sais ce que c’est: c’est Léon Degrelle qui parade dans les rues de Bruxelles, ce sont mes parents avec l’étoile jaune. Ce sont aussi les fameux « check-points » de la rue Neuve et les manifestations antisémites sous couvert d’antisionisme à l’ULB.

Je n’ai même jamais voté pour Netanyahou ou, à fortiori Lieberman, mais je suis un Sioniste fier et un Juif qui s’assume.

Alors, libre à vous de croire Ahmadinejad sur parole. Mais moi je ne prendrai pas le risque d’avoir confiance en lui, même l’AIEA ne le croit pas.

Et puis; c’est un peu facile aussi de nous dire à nous, Israéliens, qui sommes dans le viseur, ce qui est vrai ou pas, ce qui est juste ou pas, ce qu’il faut croire ou pas, lorsqu’on est confortablement installé à Bruxelles.
Quoique, j’ai tort. Car lorsqu’il en auront la capacité, les ayatollahs (car Ahmadinejad n’est qu’un pantin) n’hésiteront pas à tourner leurs missiles, non seulement bien entendu sur Israël, mais aussi sur l’Europe. Rappelez-m’en la capitale? Mais je crois que vous ne l’avez pas encore compris, nous sommes embarqués sur le même bâteau.
Nous ferons le sale boulot si c’est nécessaire, malheureusement, car je ne m’en réjouis pas du tout, ayant des enfants à l’armée. Ayant, moi aussi fait la guerre, j’en connais toute l’abomination et le prix.
Mais s’il n’ y avait pas eu Munich en 1938, si la France et la Grande-Bretagne avaient fait preuve de courage, si elles avaient attaqué Hitler cette année-là, combien de millions de morts aurions-nous pu épargner? Et mes grand-parents, que les Allemands sont venus chercher Boulevard du Jardin Botanique un certain 10 janvier 1943, n’auraient pas connu Auschwitz.
Nous n’avons absolument rien contre le peuple iranien qui souffre de l’oppression et de la tyrannie, quoique vous puissiez en penser.

Mais nous ferons ce que nous devons faire, si c’est absolument nécessaire, car moi à Jérusalem et mes enfants en uniforme de l’armée juive d’Israël à Auschwitz devant le Bloc 10 tristement célèbre de Mengele où ma grand-mère fut martyrisée, nous avons juré: PLUS JAMAIS.
Très cordialement »

[1] Steven Plaut: « Aujourd’hui, l’antisémitisme est le dénominateur commun qui unit la gauche radicale avec la droite néo-nazie aux Etats-Unis et en Europe. Les Juifs antisémites fleurissent dans les zones d’ombre aux franges du paysage politique. Dans l’ultra-gauche américaine, beaucoup sont des journalistes du magazine extrémiste du web “Counterpunch”, publié par des ex-britanniques, Alexander et Andrew Cockburn, les dignes fils de leur père stalinien, Claud Cockburn, ennemi juré de George Orwell. Counterpunch estouvertement antisémite, appelant à l’élimination d’Israël. Il soutient les théories de conspiration, comme la théorie imbécile des « Juifs derrière les attentats du 11/9 » et publie de plus en plus des articles de négateurs de l’Holocauste. Certains de ses journalistes sont de mèche avec des organisations et des sites internet néo-nazis. Tout Juif lettré antisémite écrit dans ce site web…. (en note 7, la suite des cas notoires américains d’antisémitisme juif). La psychose de cet antisémitisme juif ne trouve nulle part son pendant dans aucune nation, faisant de ce cas, un cas unique de thérapeute. Cette pathologie non seulement montre l’absence de normalité dans le judaïsme du 21ème siècle, mais elle met en danger la survie de l’état d’Israël et des Communautés juives à travers le monde. C’est une activité en fort développement et elle imprime un sceau pervers d’approbation pour tout projet génocidaire de tout groupe terroriste, recherchant la gloire et l’aura de ceux qui assassinent des Juifs. »

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mars 4, 2012

BDS ET NAZIS…..QUELLE DIFFERENCE ?

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