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mai 11, 2012

‘Incidents’ antisémites en Hongrie

Le blogueur américain Elder of Ziyon (en Europe c’est devenu banal) signale deux incidents antisémites intervenus en Hongrie.

Premier incident: L’acteur József Székhelyi avait été invité à un événement culturel à Eger, mais le conseil municipal a décidé (les affiches et les programmes avaient déjà été imprimés) de le désinviter parce que, comme l’a dit une conseillère, est un « Juif puant et progressiste ».

Second incident: un poster, dont des milliers d’exemplaires sont affiché en Hongrie.  Il qui montre un beau jeune homme de type aryen qui secoue un Juif dégueulasse, accapareur et affameur pour faire tomber l’argent de ses poches:

Photo prise en mars 2002
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avril 19, 2012

Edmund Veesenmayer, chef d’Eichmann en Hongrie, responsable de la mort de 500.000 Juifs hongrois et slovaques

Le cas, peu connu, d’un des plus grands criminels nazis, Edmund Veesenmayer, le patron d’Adolf Eichmann en Hongrie, illustre parfaitement le fait que, contrairement à ce que prétendent Günter Grass et ceux qui pensent comme lui, la dénazification de l’Allemagne relève pour une grande part du mythe, tout comme le supposé sentiment de culpabilité pour la Shoah – l’extermination de six millions de Juifs européens dont un million et demi d’enfants – qui écraserait la population allemande. Il est navrant qu’un homme qui, comme l’a dit le procureur de Nuremberg, a « causé l’élimination de cinq cent mille juifs de Hongrie et de Slovaquie, l’accusé n’est pas parvenu à assassiner les survivants, qui ont été libérés par les armées alliées », ait pu vivre jusqu’à sa mort tranquillement en Allemagne. Sans avoir été inquiété par la justice ni que ses 500.000 victimes viennent troubler par sa conscience.


Edmund Veesenmayer, plénipotentiaire (Gauleiter) de Hitler en Hongrie, dont la tâche principale avait été de détruire la communauté juive de Hongrie et de Slovaquie, « comparut en 1948 devant les juges du Tribunal militaire international de Nuremberg, il proclama très haut son innocence, comme tous les nazis gémissants qui avaient eu la malchance d’être pris. Avait-il d’autre choix qu’obéir aux ordres de von Ribbentrop? se lamenta-t-il. Il était la victime innocente des machinations hongroises. […] Les déportations étaient regrettables, oui, mais elles n’étaient absolument pas son affaire et il n’en savait rien. Malin, Veesenmayer ajouta qu’il avait toujours été un anticommuniste convaincu, dont le seul but était de défendre la civilisation de l’Europe occidentale contre les hordes rouges qui déferlaient d’Asie. […] L’ancien plénipotentiaire de Hitler, dont la tâche principale avait été de détruire la communauté juive de Hongrie, n’avait pas le courage de regarder son crime en face. Le procureur de Nuremberg rétablit la vérité: « Après avoir causé l’élimination de cinq cent mille juifs de Hongrie et de Slovaquie, l’accusé n’est pas parvenu à assassiner les survivants, qui ont été libérés par les armées alliées ».

« A Nuremberg, Veesenmayer réussit à exploiter le nouvel état d’esprit [la lutte contre le fléau du communisme qui menaçait d’engloutir l’Europe] pour réduire l’énormité de ses crimes. Dans un soupir de soulagement, il apprit le 2 avril 1949 que le Tribunal militaire international ne lui infligeait que vingt ans de prison, mois quatre de préventive. Il échappait à la condamnation à mort. L’ancien proconsul d’Hitler fut écroué à Landsberg, en Bavière. Il n’eut même pas besoin d’aller au bout de sa modeste peine. » Veesenmayer est libéré en 1954.

« Adolf Eichmann, qui avait été le subordonné de Veesenmayer en Hongrie, n’eut pas le même privilège quand un tribunal de Jérusalem le condamna à mort en 1961, pas plus que Sztójay, Jaross, Vajna, Szálasi, Kemény et d’autres, tous anciens laquais de Veesenmayer, qui furent condamnés à mort en 1946 par un tribunal populaire de Budapest. Veesenmayer, chef et presque seul survivant de cette bande de fripouilles, retourna à ses affaires de parfumerie en gros et devin un citoyen riche et respecté de Cologne. C’est en vain que Simon Wiesenthal, le « chasseur de nazis », essaya de faire rouvrir le dossier. Parmi les juges allemands, un grand nombre avait servi quelques années auparavant sous le Führer. Comment auraient-il pu traiter sévèrement un coupable qui était un des leurs? Veesenmayer mourut en 1977 sans avoir été inquiété par la justice ni troublé par sa conscience. »

Voulant obtenir l’autorisation de laisser partir 8.000 enfants et adolescents juifs détenteurs d’un certificat de Palestine, le vice-consul suisse Carl Lutz rencontre Edmund Veesenmayer en 1944 et celui-ci lui dit: « En ce qui concerne les Allemands, ils préfèrent de beaucoup que les juifs hongrois soient concentrés, pour éviter toute possibilité qu’ils n’attaquent les troupes combattantes par derrière ». En 1943, Veesenmayer avait parcouru la Hongrie incognito à la demande personnelle du Führer et lui avait remis un rapport hautement confidentiel. « Il y signalait que les autorités hongroises sabotaient systématiquement la politique allemande et qu’entre autres, le gouvernement hongrois, Horty en tête, ignorait toutes les injonctions allemandes à « résoudre » le problème juif. Cette « désobéissance » n’était pas seulement un affront pour le Führer, insistait Veesenmayer, les juifs constituaient vraimnt un risque militaire aigu. Chacun des 1,1 million de juifs hongrois (il exagérait, car ils n’étaient « que » 750.000) était un espion ou un saboteur potentiel, avide de poignarder dans le dos les braves soldats allemands qui défendaient l’Europe contre ses ennemis. Le soulèvement du ghetto de Varsovie n’avait-il pas montré en 1943 de quoi était capable une bande de juifs désespérés, mais résolus? »

A la fin de l’entretien « le gros nazi », suggéra « à M. le consul d’aller voir un certain lieutenant-colonel Eichmann, Adolf Eichmann, qui était à la tête d’un unité spéciale, arrivée à Budapest « ces derniers jours » pour conseiller ses collègues hongrois à propos des questions juives d’ordre technique, telles que transports, horaires, etc. S’il y avait un spécialiste de ces questions, c’était bien le colonel Eichmann. […] Tournant les talons, il se dirigea vers une armoire et en tira un petit flacon de parfum Chanel, à ce que déchiffra Lutz. L’envoyé allemand sourit. Il priait M. le consul de présenter ses hommages à Madame en lui offrant ce petit cadeau. Il espérait la rencontrer en personne un de ces jours. Il poursuivit en racontant que, dans les années 1930, il s’était lancé dans le commerce en gros de parfumerie, entre autres activités. Puis la guerre avait imposé d’autres activités [comme, par exemple, l’extermination des Juifs et des Tsiganes]. Il espérait cependant reprendre ces affaires dès que les « troubles » seraient passés – comme si ses activités du moment n’étaient qu’une digression par rapport à sa véritable vocation. »

Source: Diplomatie dangereuse, Carl Lutz, l’homme qui a sauvé les juifs de Budapest, par Theo Tschuy

Photo: Yad Vashem

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avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (3/3)

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« Lorsqu’elle est devenue un pays libre et prétendument démocratique, la Hongrie m’a enfermé dans la case « judéité ». […] Cela m’a rendu incapable de développer le moindre sentiment de solidarité nationale. C’est triste, parce que cela corrobore le vieux préjugé qui veut que le « juif » ne s’intéresse pas au « Hongrois » ».

C’est ainsi que s’exprimait l’écrivain hongrois prix Nobel de littérature Imre Kertész, dans un récent entretien au « Monde ». En retour, l’écrivain suscite en Hongrie le mélange de fierté et de mépris réservé à ceux qui on quitté le pays, pour réussir qui plus est, et sans se montrer fier de ses racines hongroise, par-dessus le marché.

« Je me sens blessé par cette Constitution »

Ne pas se sentir partie intégrante de la société hongroise, ce n’est absolument pas le cas de Dávid Szél, un jeune psychologue. « Bien sûr que je me sens concerné par l’avenir de ce pays, c’est le mien !« . Ce doctorant en psychologie spécialiste des identités juives ne parle pas hébreu, ne prie pas, mais il se sent juif. Il se dit « blessé » par la nouvelle Constitution car elle occulte toute une partie de l’histoire, la période de l’occupation allemande. « C’est une façon de dire « l’Holocauste, c’est le problème des Juifs, pas des Hongrois, nous n’y sommes pour rien »« . Il insiste sur l’Holocauste comme élément fondamental constitutif de l’identité juive actuelle en Hongrie et pointe du doigt le manque d’engagement de l’Etat hongrois : « Tant que la Hongrie ne reconnaîtra pas sa responsabilité dans l’Holocauste, l’identité juive personnelle restera conflictuelle« . Dávid raconte aussi, non sans quelques pointes d’humour, comment l’inconscience de son grand-père l’a conduit jusqu’à Auschwitz d’où il est miraculeusement revenu, un gardien du camp avec qui il avait en quelque sorte sympathisé lui ayant fait éviter la « mauvaise file ».

« Je n’ai pas peur sur un plan personnel, mais quand Jobbik brûle le drapeau européen, alors oui, j’ai peur, en tant que Hongrois et que père de famille, car je ne veux pas vivre dans un pays où il y aurait moins de culture, d’universités, de richesse, de bonheur. Si Jobbik gagnait les élections, je quitterais immédiatement le pays, mais pas seulement parce que je suis juif« , affirme Dávid Szél.

A-t-il déjà été victime de racisme ? Non, jamais. A bien y réfléchir, si, cela lui est arrivé trois fois dans sa vie, mais de l’antisémitisme « soft« , comme il tient à le préciser. « Les gens détestent les Juifs car ils voudraient être comme eux, ou ce qu’ils pensent être, c’est-à-dire avoir de l’argent. Mais ce sont les Tsiganes qui ont un problème beaucoup plus sérieux avec l’extrême-droite ». Il raconte comment il a remis à sa place une fleuriste qui avait partagé avec lui une blague raciste. « Pour elle, cela allait de soi que je n’aimais pas les Tsiganes« . Un racisme ordinaire qui est beaucoup plus acceptable en Hongrie que celui dirigé contre les Juifs.

Son ami János n’a lui jamais trop prêté attention aux gesticulations de Jobbik, en tout cas jusqu’à la grande manifestation anti-gouvernementale au début de l’année, lorsque des contre-manifestants d’extrême-droite se sont invités sur les ordres du leader du parti Gabor Vona : « Ils veulent nous prendre la rue, ne les laissez pas faire, la rue est à nous ». « Cela, ça me fait peur, mais pour le reste, qu’ils brulent le drapeau européen ou qu’ils disent ce qu’ils veulent, dans la rue ils ne me font pas peur. On ne voit pas sur ma tête que je suis juif, mais j’ai vu des Chinois ou des Tsiganes se faire attaquer dans la rue, et les gens se contentaient de regarder ailleurs… »

Le gouvernement contre-attaque

La Hongrie est-elle un pays antisémite ? La question provoque des remous dans la classe politique hongroise. L’eurodéputée du parti de Viktor Orbán, Ágnes Hankiss, s’est insurgée dans une lettre ouverte à ses collègues du parlement européen : « Il n’est pas vrai que les Juifs ont peur aujourd’hui en Hongrie. C’est un mensonge flagrant et très toxique. La tragédie historique des Juifs ne devrait pas être manipulée à des fins politiques ». Selon elle, des députés du parti socialiste ont utilisé sans vergogne cette arme pour discréditer le gouvernement hongrois au plus fort des critiques internationales contre la nouvelle Constitution.

Le gouvernement peut aussi compter avec le soutien de Slomo Köves, un jeune rabbin orthodoxe très influent, pour déminer le terrain. Des journalistes français ? Au siège de la communauté ultra-orthodoxe EMIH[i] qu’il dirige, la réceptionniste israélienne – arrivée quelques années plus tôt en Hongrie pour suivre son mari hongrois – est sceptique et même légèrement irritée et défiante :

« Pourquoi vous intéressez-vous à la Hongrie ? Après huit années passées à Budapest, je n’ai jamais eu aucun problème et mes enfants non plus. Ce sont les Tsiganes que les gens détestent ici car ils font beaucoup trop d’enfants. D’ailleurs, j’ai entendu dire que la France sera bientôt un pays musulman« .

L’entretien n’aura pas lieu, qu’importe, l’homme s’est déjà exprimé dans la presse israélienne à ce sujet : « J’ai connu plus d’antisémitisme verbal et physique en deux ans en France qu’en vingt ans en Hongrie« , a-t-il récemment affirmé dans le « Jerusalem Post ». Slomo Köves a une sérieuse dette auprès du gouvernement, il lui doit la récente reconnaissance officielle par l’Etat hongrois de sa communauté religieuse… et toutes les subventions qui vont avec.

 


[i] Affiliée au mouvement ultra-orthodoxe Habad Loubavitch

avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (2/3)

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Une amnésie qu’avait très brutalement dénoncé l’écrivain Akos Kertész dans le Népszava américain et qui lui vaut aujourd’hui d’être un renégat [lire la première partie]. Comme la Hongrie « n’a pas demandé pardon, elle ne recevra pas l’absolution », avait-il écrit.

La Hongrie frappée d’amnésie partielle

Après les quatre décennies de « blackout » mémoriel imposées par le régime communiste post-seconde guerre mondiale, la Hongrie revient peu à peu à elle-même, mais très lentement. L’Holocauste a été « la tragédie de la nation hongroise toute entière« , a récemment déclaré le ministre des Affaires étrangères de la Hongrie, János Martonyi, à la cérémonie d’ouverture de l’année qui marque le centenaire de la naissance du « Juste parmi les nations » Raoul Wallenberg [viii].

« L’Etat hongrois a été incapable de défendre ses citoyens et, alors qu’il était sous occupation [par l’Allemagne nazie], il a assisté leur mort ». Les mots sont forts et contrastent avec le peu de contrition dont fait preuve la grande majorité de la population pour le rôle de la Hongrie dans l’Holocauste, dont elle ne se sent en rien responsable.

Car si le suédois Wallenberg mérite le statut de héros pour avoir sauvé de la déportation des milliers de Juifs de Hongrie, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est encore à ce jour un héros très méconnu. Wallenberg, est-ce le meilleur atout du gouvernement pour balayer toute accusation d’antisémitisme ? « Je n’ai pas besoin de prouver que la Hongrie n’est pas un pays antisémite. C’est une insulte. Nous avons un parti d‘extrême-droite qui utilise une rhétorique antisémite. […] Mais ce n’est pas la Hongrie, ce n’est pas l’opinion publique hongroise, et encore moins celle du gouvernement hongrois« , s’est insurgé le ministre des Affaires étrangères dans « The Jerusalem Post », à l’ouverture de l’exposition.

« Partout dans le monde, l’holocauste doit faire partie de l’enseignement public », a aussi déclaré M. Martonyi. Mais la Hongrie est loin de donner l’exemple dans ce domaine. La faiblesse de l‘enseignement de l’Holocauste, c’est même le principal problème pointé par Péter Feldmayer, le président de la fédération des communautés juives de Hongrie. Il est tout à fait stupéfiant de pouvoir rencontrer des jeunes lycéens et même des étudiants qui ne savent rien ou presque de la tragédie qui s’est joué d’octobre 44 à mars 45, pendant ces quelques mois où l’Allemagne – fatiguée des atermoiements et de la mollesse du régent Horthy sur la « question juive » – n’envahisse le pays et ne réalise la déportation de plusieurs centaines de milliers de personnes, avec l’aide de ses suppôts hongrois, les Croix Fléchées. Une véritable politique de la chair brûlée alors que l’Armée rouge était aux portes de la ville.

Cela s’explique. Selon la politique très libérale qui a prévalu ces dernières années, chaque établissement scolaire a le choix parmi un grand nombre de manuels scolaires d’Histoire. Si certains octroient une place à l’Holocauste, d’autres se contentent d’effleurer le sujet, en quelques paragraphes. Le 1er gouvernement Orbán (1998-2002) avait pourtant établi le « Jour du Souvenir de l’Holocauste hongrois » qui consiste chaque 16 avril en des programmes éducatifs spéciaux dans les écoles. Il existe aussi des séminaires pour former les enseignants ainsi qu’une méthode très performante d’enseignement de l’Holocauste mise au point en Hongrie, mais ils ne sont qu’une minorité à en profiter et les enseignants préfèrent éviter les sujets sensibles de l’histoire hongroise, tout simplement car ils ne savent pas quelle est la « ligne officielle ».

« Nous n’avons aucun consensus sur rien »

« Nous n’avons aucun consensus sur rien depuis Trianon, ni sur Horthy lui-même, ni sur notre rôle dans la seconde guerre mondiale, ni sur la révolution de 1956″, déplore János, un jeune de Budapest qui n’a découvert sa judéité qu’à l’âge de 18 ans. Il rappelle l’antagonisme très profond entre une Hongrie de la terre et une Hongrie des villes : deux mouvements littéraires qui se sont affrontés dans l’entre-deux guerres pour ressurgir au début des années 1990 dans le débat politique et dont les porte-voix étaient souvent antisémites. « Il se trouve même des gens pour affirmer que le poète hongrois et juif Miklós Radnóti n’a pas été assassiné par les Nazis mais que, bien au contraire, ce sont les bombes soviétiques qui ont empêché les soldats allemands de le conduire à l’hôpital pour y être soigné ! Comment débattre, comment discuter ?« , s’interroge-t-il.

Au lendemain du discours de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen, lui aussi pestait contre les exagérations du député européen, sans rejeter ses accusations en bloc et s’interrogeait : « les Juifs ont peur du chemin emprunté par la Hongrie, de ce qu’elle pourrait devenir, c’est peut-être ce qu’il a voulu dire…« . Il a appris à l’âge de 18 ans que la famille de sa grand-mère polonaise avait été décimée pendant la seconde guerre mondiale pour son origine juive, ce qui faisait de lui aussi un Juif. « Cela a enthousiasmé le groupe de personnes que je fréquentais à l’époque, Juifs aussi, et j’ai été choqué d’être présenté suite à cela aux parents comme « l’ami juif », car je ne me considère pas comme juif, puisque je ne suis pas religieux et que personne de ma famille ne l’est ».

En cela, János est très représentatif de l’immense majorité des 100.000 Juifs, totalement assimilés, qui portent des noms hongrois, ne parlent pas hébreu et ne sont pas religieux. « Il est devenu « fashion » d’être juif aujourd’hui en quelque sorte. Il existe une petite communauté de jeunes qui réussit très bien, dans les études et au travail et qui essaient d’être de bons juifs – même si cela ne va pas au-delà de la tradition de Yom Kippour et surtout qui essaient de le montrer », ironise-t-il. Mais allons plutôt rencontrer son ami Dávid, propose János, c’est un jeune psychologue qui – selon ses propres mots ponctués de guillemets – est beaucoup plus juif que lui.

[viii] Cet homme d’affaires suédois a sauvé de la déportation plusieurs dizaines de milliers de Juifs hongrois. Arrêté en 1945 par l’Armée rouge, on ne sait toujours pas à ce jour ce qu’il est advenu de lui.