Il n’y a pas de civilisation hébraïque sans l’acceptation du divin !

par Arnold Lagémi

 

 

 

Plusieurs correspondants commentant mes articles me disent, certains avec dépit, d’autres avec regret et quelques uns, à la limite de l’agacement : « Mais je suis athée ! » Si curieux ou extraordinaire que cela soit, le peuple juif ignore l’athéisme. Le Judaïsme n’a pas suscité cette négation de la transcendance, comme d’autres cultures l’ont réalisée. Pourquoi ?

Parce que, il n’y a pas d’autre source de l’histoire juive que la Bible et, selon cette connaissance, le Juif est Juif parce que son identité lui a été révélée, non dans un cercle d’initiés, mais devant le peuple d’Israël, réuni au pied du mont Sinaï, par la S.ource de toute chose. On pourra se révolter contre cette évidence, mais la rébellion ne changera pas la réalité !

L’athéisme est une donnée d’importation, elle est inconnue de la culture juive. Le seul Livre qui semblerait prendre des distances serait l’Ecclésiaste, pour qui « TOUT est vanité. » Toutefois, la fin du livre se veut injonction : « garde les commandements. » La référence juive ignore la négation divine. Comme le soutient Elie Wiesel, « le Juif peut être contre D.ieu, avec D.ieu mais jamais sans D.ieu ! »

Tous les grands penseurs s’exprimant de l’intériorité d’Israël ont ignoré l’athéisme. Si l’on objecte, en citant Spinoza, celui-ci est bien plus représentant d’une tentative de syncrétisme entre différentes écoles que l’expression de l’authenticité juive.

Qu’est ce à dire ? Que le Judaïsme ignorerait la liberté de penser ? A cette question lourde d’apports en aval et en amont, il convient d’affirmer sans crainte d’être accusé de liberticide qu’une certaine conception occidentale de la liberté est, au regard de la pensée d’Israël, une des formes les plus subtiles de la servitude et de l’esclavage.

Comprenons bien de quoi il s’agit. Il n’est pas question de soutenir que l’identité hébraïque est proportionnelle au nombre de mitsvots accomplies. Il s’agit d’abord d’affirmer que le monde est « créé » Ne pas admettre, reconnaître ce principe, c’est affirmer que l’homme se débat dans un monde absurde, privé de signification. En ce sens, il est licite de se protéger contre les dérives d’une

pensée qui mène à une impasse

.

Connaissez-vous une civilisation agnostique, née il y a plus de mille ans qui vive encore ? Une civilisation fondée sur l’absurde reste, par définition provisoire et précaire. Affirmer que « l’homme est un animal religieux » c’est fixer des bornes à la réflexion, ce n’est pas prêcher pour telle ou telle chapelle. L’Occident sous l’influence de la Grèce et de la philosophie est allé trop loin en soutenant que « le C.iel était vide » Il y a donc, une limite à la liberté de penser et cette frontière c’est la reconnaissance que le monde a un C.réateur.

Sorti de cette évidence, la liberté de penser deviendra le droit à revendiquer la liberté de divaguer !

L’athéisme est une pathologie de l’âme que le peuple juif ignore. Et si certains en souffrent, c’est par assimilation à des courants étrangers. Bien entendu, un thème de cette importance exige débat. J’y suis prêt.

Chabat Chalom !

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