Pourquoi les prophètes d’Israël sont plus grands que les philosophes Grecs ? Denis DIDEROT 1713-1784

Nous ne connaissons pas de nation plus ancienne que la juive. Outre son antiquité,elle a sur les autres une seconde prérogative qui n’est pas moins importante ; c’est de n’avoir point passé par le polythéisme et la suite des superstitions naturelles et générale pour arriver à l’unité de D.ieu. la Révélation et la Prophétie ont été les deux premières sources de laconnaissance de ses sages. D.ieu se plus à s’entretenir avec Noé, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, et ses successeurs.

La longue vie qui fut accordée à la plupart d’entre eux ajouta beaucoup à leur expérience. Le loisir de l’état de pâtres qu’ils avaient embrassé était très favorable  à la méditation et à l’observation de la nature. Chefs de familles nombreuses, ils étaient très versés dans tout ce qui tient à l’économie rustique et domestique et au gouvernement paternel.

A l’extinction du patriarcat, on voit paraître parmi eux  un Moïse, un David, un Salomon, un Daniel, hommes d’une intelligence peu commune et à qui l’on ne refusera pas le titre de grands législateurs. Qu’ont su les philosophes de la Grèce, les hiérophantes del’Egypte et les gymnosophistes de l’Inde qui les élève au-dessus  des prophètes ?

DenisDiderot- Œuvres complètes, tome XV p 318. Paris-Garnier/frères 1876

Denis Diderot explique que le parcours d’Israël n’apas connu l’épuration culturelle, incontournable dans d’autres Traditions de laconnaissance qui oblige à passer par l’erreur pour atteindre la vérité. Lecélèbre encyclopédiste nous fait part de sa surprise de voir les Hébreuxdécouvrir l’ineffable par génération spontanée.

En ce sens, Diderot considère que la perceptionprophétique induit une dimension personnelle plus accentuée chez les prophètesd’Israël qui les place, si tant est qu’on puisse établir une échelle, bien audessus des philosophes Grecs.

Lesimplications sont nombreuses. Il existe donc un tréfonds idolâtre chez lesGrecs qui est de nature à ressurgir et à polluer l’approche de la vérité. Cerisque  semble échapper aux prophètes,puisque, c’est à leur seule initiative que la morale a progressé. Il ne leur a pas été imposé de passer par uncreuset. En ce sens, la confrontation avec un texte prophétique renvoie, faitrare  et exceptionnel, à une consciencequi n’a pas connu la nuit pour distinguer le jour.  Une conscience qui ne saurait rien destâtonnements de la vérité ! Le rêve de la philosophie !

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