« Les Juifs excitent l’envie et la jalousie de la foule. » Otto Von BISMARK 1815-1898.

 

On s’attendrait que le chancelier Bismark , héritier du vieil antisémitisme prussien  se livrât plus à un réquisitoire qu’ à ce qu’il faut bien appeler un plaidoyer en faveur des Juifs. Cette position présente un intérêt historique incontestable. Même en Allemagne, Prusse, plus précisément,   l’antisémitisme n’était  pas une donnée implicite au  nationalisme.

La  naissance du nazisme ne traduit donc pas la manifestation  d’un élément constant et habituel. Le nazisme est né parce qu’un « homme » a été capable de faire ressortir, d’extraire de la conscience nationale prussienne  les démons que chaque peuple porte en lui à l’état latent.

La leçon que nous donne Bismark est d’une portée exceptionnelle : l’absence d’hostilité, voire les gages d’intérêt ou d’amitié  pour les Juifs ne sauraient signifier, quel que soit le pays d’accueil, que les Juifs ont l’assurance d’une protection sans faille.

Que Bismark, pur représentant de l’aristocratie prussienne, héritier de la vieille droite germanique qui choisit,  pour l’anecdote,  de se faire enterrer debout sur son cheval,   ait pu tenir le discours que vous allez lire,  ne pouvait pas  laisser imaginer que l’enfer  nazi  naîtrait, quelques décennies plus tard, précisément du pays dont  le Chef emblématique, « âme vivante » de la Prusse  éternelle, défendît les Juifs avec tant de passion.

Arnold Lagémi

Le Chancelier Otto Von Bismark parle :

« Je réprouve très nettement la campagne contre les Juifs, qu’elle soit d’ordre confessionnel ou basée sur la différence d’origine. Que les Juifs s’adonnent de préférence aux affaires commerciales, c’est là une question de goût. La cause en est probablement dans le fait qu’au temps passé, ils ont été exclus des autres professions. Je trouve les discours à leur encontre condamnables car ils excitent l’envie et la jalousie de la foule .

Je n’accepterai jamais que soient restreints de quelque matière que ce soit les droits qui appartiennent aux Juifs en vertu de la Constitution. »

 

Otto Von BISMARK, heinrich von Poschinger : Fürst Bismark, Neue Tischgespräche und Interwiews, tome I P 113 Stuttgart ,Deutsche Verlags Anstalt, 1895.

 

 http://www.arnoldlagemi.com/?p=2253

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