Emile Zola (1840 – 1902) » La jeunesse ne peut être antisémite ! »

Pour Emile Zola, « La jeunesse ne peut être antisémite, sauf à être déséquilibrée ! »

 

Dans cet extrait de « La vérité en marche », l’auteur de « J’accuse » avoue ne pas se faire à l’idée que la jeunesse puisse être antisémite. Si tôt pervertie par cet « imbécile poison », « si la jeunesse en était vraiment là, ce serait à sangloter, à nier tout espoir et tout bonheur… »

Et bien non, Emile Zola se trompe. La jeunesse antisémite existe, voire la jeunesse qui dénie aux Juifs la possibilité du renouveau national et que la haine conduit à l’antisionisme

Emile Zola semble croire que la jeunesse correspondant à une période d’apprentissage, de formation et de préparation, ne pourrait adhérer à une idéologie qui suppose un pourrissement de la conscience, une expérience de la haine et du ressentiment qui ne pourraient appartenir qu’aux adultes.

Enfin Zola rappelle l’histoire. Thérapie infaillible pour quiconque conserve une conscience. Il insiste sur la jouissance de la liberté présente et réelle, parce que des générations ont combattu l’arbitraire et ses attributs maudits.

« Des jeunes gens antisémites, ça existe donc cela ? Il y a donc des cerveaux neufs, des âmes neuves, que cet imbécile poison a déjà déséquilibrés ? Quelle tristesse, quelle inquiétude pour le vingtième siècle qui va s’ouvrir. Cent ans après la Déclaration des Droits de l’homme, cent ans après l’acte suprême de tolérance et d’émancipation, on en revient aux guerres de religion, au plus odieux et au plus sot des fanatismes.

 

Ils sont les ouvriers attendus et voilà déjà qu’ils se déclarent antisémites. Une belle entrée en jouissance, pour la Cité de nos rêves, la Cité d’égalité et de fraternité. Jeunesse, jeunesse !souviens toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Si tu te sens indépendant, si tu peux aller et venir à ton gré, dire dans la presse ce que tu penses, avoir une opinion et l’exprimer publiquement, c’est que tes pères ont donné de leur intelligence et de leur sang.

 

Remercie tes pères et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. La dictature est au bout.


 

N’avons-nous pas dépassé les craintes de Zola ? Essayons de voir d’un regard non pollué certaines attitudes lors de manifestations ou entendons les propos menaçants. Ne serions-nous pas en train de dégringoler vers une sorte d’ancien régime, du moins pour ce qui concerne l’expression et les limites de la liberté. Dégringolade devenue comme une revanche sur l’ordre des choses ?

La vérité en marche. Lettre à la Jeunesse p 48 Paris, E. Fasquelle, 1901

 

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