Le général Mustapha Ahmed Al-Cheikh appelle à une « intervention militaire chirurgicale » contre le régime syrien (Vidéo)

Parallèlement à la réunion des Amis du peuple syrien à Paris

Le dossier syrien pourrait revenir au Conseil de sécurité,

sous le chapitre VII. La Syrie riposte déjà au Qatar.

jeudi 19 avril 2012 – 21h37, par Dario S. (Rome)

 

Alors que se tenait à Paris, ce 19 avril, la troisième réunion des Amis du peuple syrien, le général Mustapha Ahmed Al-Cheikh, chef du Haut Conseil Militaire qui chapeaute l’Armée Syrienne Libre, a appelé les pays amis de la Syrie à former une coalition en dehors du Conseil de sécurité, et à mener des opérations militaires chirurgicales contre des cibles du régime, afin de mettre un terme au génocide en cours.

Dans son message vidéo, et dans un communiqué transmis à « Mediarabe.info », le général Al-Cheikh affirme que « l’Armée Syrienne Libre a respecté le cessez-le-feu depuis de 10 avril, dans l’espoir de faciliter la mission de Kofi Annan, de parvenir à une solution et de soulager le peuple syrien. Mais le régime de Bachar Al-Assad, décidé à écraser le peuple et ses aspirations pour les quarante années à venir, après que son père Hafez Al-Assad ait fait de même durant les quarante dernières années, œuvre à mettre en échec la mission onusienne ».

Al-Cheïkh appelle de ce fait les pays amis du peuple syrien à « former une coalition en dehors du Conseil de sécurité afin de mener des frappes chirurgicales contre le dispositif répressif du régime » ; les invite à « armer l’Armée Syrienne Libre » ; à « fournir des aides humanitaires au peuple opprimé » ; et à « créer des zones protégées aux frontières nord, sud et ouest ». En contrepartie, « l’Armée Syrienne Libre s’engage à assurer la sécurité dans les régions qu’elle contrôle et à empêcher tout chaos et d’éloigner le risque d’une guerre civile ».

IMG/flv/mustpha-ahmed-cheikh.flv

Cependant, les Etats-Unis continuent de souffler le chaud et le froid dans le dossier syrien. Dans son audition devant la Commission de Défense au Congrès, Leon Panetta, le secrétaire d’Etat à la Défense, a souligné ce jeudi que « le président Assad continue à bénéficier du soutien d’une large partie de l’armée syrienne, et que l’Armée Syrienne Libre ne constitue pas à ce stade une relève au régime, et que l’opposition demeure divisée », laissant ainsi entendre que les conditions d’une intervention étrangère ne sont pas réunies, privilégiant de facto la poursuite de la répression et le pourrissement de la situation. Pour les opposants syriens, « les Etats-Unis soutiennent indirectement Assad en lui octroyant des délais à rallonge pour écraser le soulèvement ». Les opposants syriens estiment que « la politique américaine en Syrie est dictée par Israël ». Mais le correspondant de la télévision « Al Arabiya » à Paris, Hussein Fayyad, couvrant la réunion des amis du peuple syrien, a cité ce soir des sources diplomatiques occidentaux selon lesquelles « Hillary Clinton a invité les pays européens et arabes à transférer le dossier syrien au Conseil de sécurité en vue de voter une résolution sous le chapitre VII » autorisant le recours à la force. Mais selon Fayyad, « il convient de prendre ces informations avec précaution, d’abord parce qu’aucune autre source n’a confirmé les propos de la secrétaire d’Etat, ensuite, parce que la Russie et la Chine bloqueront toute résolution contraignante au Conseil de sécurité ».

Pendant ce temps, le premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, Hamad Ben Jassem, a réitéré la disposition de son pays, ainsi que d’autres pays arabes, à « fournir des armes et des équipements à l’Armée Syrienne Libre afin de défendre le peuple meurtri contre le dictateur ». Le conflit semble ainsi prendre de nouvelles dimensions. La Syrie risque de ce fait de riposter dans le Golfe soit en déstabilisant les monarchies à travers les minorités chiites, soit en commanditant des attentats à travers les cellules dormantes dont elle dispose dans ces pays.

D’ores et déjà, les médias syriens liés au régime accentuent leur campagne de désinformation contre le Qatar, évoquant un coup d’Etat en cours, des enlèvements et des assassinats. Le site « Dampress » frôle le ridicule en donnant, mercredi, « les noms des martyrs de la révolution qatarienne ». Ce jeudi, le même site récidive en affirmant que « deux responsables qatariens, le général Abdallah Ben Hamad Al-Jabr Al-Nouaïmi (numéro 2 des services de la Sûreté de l’Etat du Qatar), et Ali Abdelhadi (homme d’affaires), avaient été éliminés en décembre 2011 dans l’explosion de leur avion à Berlin ! Leur appareil a été piégé dans la capitale allemande pour effacer les traces d’un contrat d’armements signé par Doha et Tel-Aviv pour le compte de l’opposition syrienne… » [Lire ici notre analyse du 18 avril 2012, La tension entre Sunnites et Chiites est à son comble. L’offensive iranienne dans le Golfe a-t-elle commencé ?].

Dario S.

http://www.mediarabe.info/spip.php?article2169

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