Je me pose sans arrêt la question: quel est l’avenir des Juifs de Diaspora?

« On peut donc s’attendre que l’Europe soit une terre d’élection pour l’antijudaïsme. »

Le premier devoir des Juifs, ce n’est pas, comme l’imaginait Herzl, de délivrer l’Europe des Juifs. Le premier devoir des Juifs, c’est de se délivrer de l’Europe. Non pas en l’ignorant […], mais en la connaissant complètement, telle qu’elle a été – criminelle par commission – et telle qu’elle est devenue: criminelle par omission sans limites. » (Jean-Claude Milner)

« Heureusement que nombreux sont ceux qui, parmi notre jeunesse, ont décidé qu’ils voulaient être respectés tels qu’ils sont, sans se compromettre. Ils ont compris que leur avenir est ailleurs, en Israël. Oui, en Israël! Point n’est besoin de nous reprocher notre franchise. Il n’y a personne, ici, à ménager dans l’espoir de recevoir quelque chose en retour, de se faire «bien voir». »

Editorial signé Betty Dan Faynsztein, présidente de l’Organisation sioniste de Belgique, paru dans le Fax de Jérusalem spécial Pessah Yom Haatzmaout:

«En vérité, je vous le dis…»

– 42 ans de vie communautaire, commencée en 1970 avec l’organisation de voyages en Belgique pour les grands blessés de Tsahal de la guerre d’usure!
– 42 ans de lutte contre l’antisémitisme et l’antisionisme, deux pseudo-idéologies qui se confondent et que certains, dans leur désir d’être «politiquement corrects», s’échinent à rendre distinctes!
– 42 ans de tentatives de faire respecter Israël et les Juifs de Diaspora !

Pour en arriver où ? Quelques exemples ?
– Nos enfants et petits-enfants ne peuvent plus se promener, kippa sur la tête.
– Nos enfants et petits-enfants se sont vu interdire de prendre leur moyen de transport dans certaines stations.
– Nos véhicules ne peuvent plus afficher des autocollants vantant, soit le soleil d’Israël, soit les « signes extérieurs» de fêtes juives.
– Les Haverim des mouvements de jeunesse juifs ne peuvent plus jouer dans les parcs publics.
– Des débats sereins ne peuvent plus se tenir dans le temple du Librex [Cercle du Libre Examen (Librex) de l’Université Libre de Bruxelles].

Mais, me direz-vous, tout cela n’est pas interdit.

Bien évidemment qu’aucune loi ne l’interdit! Mais nous connaissons tous les risques encourus, en cas de négligence! La terrible tragédie survenue à Toulouse nous a ramenés à une triste réalité que nous avons maintes fois connue. Souvenons-nous: rue Copernic (octobre 1980), Anvers (octobre 81), l’assassinat barbare d’Ilan Halimi (2006)… En 2004, les actes racistes et antisémites avaient atteint des niveaux « exceptionnels et inquiétants », selon le rapport annuel de la Commission nationale française consultative des droits de l’Homme (CNCDH). Puis, lorsque «cela se calme», on se dit que, ma foi, la situation n’est pas aussi grave que certains veulent le penser.

Mais moi, je me pose sans arrêt la question: quel est l’avenir des Juifs de Diaspora?

Il sera serein, à condition qu’ils deviennent dociles, s’abstiennent de faire des vagues, de rappeler le passé («on en a marre que vous reveniez sans cesse sur la Shoah!»). Qu’ils s’abstiennent d’afficher leur attachement à Israël. Israël qui se manifeste chaque fois que les Juifs de Diaspora sont attaqués. S’ils sont bien sages, il n’y aura pas de problème.

Je sais que ces propos peuvent choquer mais il est temps que nous disions les choses telles qu’elles sont ! Et la situation est inquiétante.

Les générations qui nous ont précédés n’imaginaient pas qu’en 2012 rien n’aurait changé sous le soleil. Effectivement, rien n’a changé et tout a changé dans le mauvais sens. Plus le temps passe, plus on s’éloigne du sentiment de «malaise», je dirais même de «culpabilité» de certains par rapport à la tragédie de la Shoah, plus la parole est libérée. Plus «on» différencie antisionisme d’antisémitisme, même dans notre Communauté!

Aujourd’hui, tout est permis: les blagues antisémites, les articles incendiaires, les sketches effroyables. Et, parmi nous, les «politiquement corrects», les «dociles» choisissent, soit de rire (un peu jaune), soit de brandir la fameuse «liberté d’expression».

Ils ne savent pas à quel point ils se trompent. Ils ne savent pas à quel point ils se bercent d’illusions, lorsqu’ils se précipitent pour «être sur la photo» avec des «personnalités» qui, en fait, se servent d’eux.

En ce qui nous concerne, il n’y aura aucune concession dans notre lutte contre le racisme, l’antisémitisme, la désinformation et le négationnisme qui a repris récemment du poil de la bête.

Heureusement que nombreux sont ceux qui, parmi notre jeunesse, ont décidé qu’ils voulaient être respectés tels qu’ils sont, sans se compromettre. Ils ont compris que leur avenir est ailleurs, en Israël. Oui, en Israël! Point n’est besoin de nous reprocher notre franchise. Il n’y a personne, ici, à ménager dans l’espoir de recevoir quelque chose en retour, de se faire «bien voir». Ce magazine ne doit rien à personne, rien à des partis politiques, rien à des puissants, rien à des média.

Et, je vous le dis, notre Communauté, à force de vouloir se montrer exemplaire, est en danger, peut-être pas en danger physique, croyais-je, avant l’insoutenable attentat de Toulouse qui a coûté la vie à un professeur et trois jeunes enfants.

Notre Communauté est en danger de perdre son âme!

Betty Dan Faynsztein

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