MEFIEZ VOUS DES IDEES RECUES !

par Nina » Avril

Sous-titre : « UNE AUTRE HISTOIRE D’ISRAËL« .Image

Un ami m’a rapporté une histoire très banale concernant sa rencontre avec un homme brillant à Jérusalem.

Cet homme, avocat de formation et de culture française, lui avoua que son engagement au fil des années avait quelque peu changé.

Il s’employait à défendre son nouveau pays et enrageait comme beaucoup d’entre nous devant le parti-pris des médias, les historiens post-sionistes et les accommodements avec l’histoire d’Israël.

Une phrase de cet avocat retint son attention ainsi que la mienne à propos de Jabotinsky. Presque à mi-voix, il se disait partisan des thèses de Jabotinsky ».

Cet homme brillant dont nous savions peu sinon qu’il fut un sioniste hors pair fut décrit injustement durant de longues décennies comme un « fasciste ».

Si les travaillistes israéliens et les intellectuels de gauche le disaient, à moins d’être un peu plus affranchis, alors c’est que c’était vrai.

Nous n’étions pas coupables. Le folklore, les guerres, le manque de livres traitant du sujet, tout ceci nous portait à croire qu’effectivement Jabotinsky n’était pas recommandable. Au premier abord…

Le livre de Pierre Lurçat « Histoire de ma vie » (édition Les Provinciales), remet enfin les pendules à l’heure. Jabotinsky est loin voire très loin de l’image qu’on nous en a donnée.

Je ne m’exposerai pas en donnant une description de ce livre, d’autres l’ont fait avant moi. Il faut le lire, c’est tout.

Je m’intéresserai toutefois aux langues qui se délient, aux historiens, journalistes israéliens qui connaissent cette période houleuse que furent les début de l’histoire d’Israël et la période cruciale qui précéda la reconnaissance de l’état juif.

Que savons nous ? Je parle de « nous » en tant que juifs, communs des mortels, sionistes ou pas, de gauche ou de droite.

Il était de bon ton de s’en remettre jusque dans les années 1980 entièrement aux israéliens médiatiquement connus. Shimon Peres par exemple : quel homme de paix !!!

Rabbin ? Immense général, signataire des accords d’Oslo.

Sharon ? Grand soldat, infatigable défenseur de l’état d’Israël.

Moshé Dayan et Golda Meïr : héros de toujours.

Tout cela est vrai bien sûr. Mais notre folklore a commencé à être plus nuancé au fur et à mesure qu’Israël devenait impopulaire.

Non seulement nous perdions la guerre des images mais des juifs de gauche israéliens s’ingéniaient à vouloir donner les bâtons pour nous faire battre.

Une série d’historiens israéliens, de professeurs d’Universités prestigieuses, d’intellectuels de tous horizons, d’écrivains, d’artistes ont commencé la guerre des juifs.

C’est avec effarement, inquiétude et souvent désespoir que nous, petits juifs de diaspora, assistions à cet éreintement quasi-quotidien du pays de notre âme.

Notre peine était à son comble lorsque certains étaient en plus invités sur les plateaux télé en France, reçus comme de « bons juifs », hurlant avec les loups et encore aujourd’hui, ne se rendant pas compte qu’ils donnaient des gages aux futurs « Merah » que leurs actions seraient justifiables.

Les bons juifs de gauche israéliens contre les mauvais juifs de droite israéliens ou de diaspora, la guerre des juifs ne peut que réjouir nos ennemis antisémites.

Le mieux est que je laisse parler un spécialiste Assaf Sagiv :

Dans les années 30, en Palestine mandataire, deux grands courants se faisaient la guerre.

Le premier dirigé par David Ben Gourion dont se réclamaient l’HAPOEL.

Le second, dirigé par Zeev Jabotinsky et le Docteur Benyamin Zeev (Wolfgang) Von Weisl et leurs bras : le BEITAR.

Or, si d’aucuns pensent que le second était plus violent, ils se trompent.

C’est bien le HAPOEL conduit par Ben Gourion qui cherchait querelle et initiait des rixes contre les membres du BEITAR.

Le principal grief entre ces deux factions se situait autour de la personne de Haim Arlozoroff qui fut assassiné en 1933 sur une plage de Tel Aviv.

La droite reprochait à Arlozoroff ses pourparlers avec les nazis pour le transfert de juifs en Palestine contre tous leurs biens ou presque.

La droite ne voulant absolument pas frayer avec les nazis.

Après l’assassinat d’Arlozoroff, deux membres du Beitar furent accusés mais relaxés par le Tribunal.

Le mystère de la mort d’Arlozoroff reste entier même si certains éclairages récents semblent imputer ce crime aux nazis présents en Palestine et selon Tobie Nathan à Magda Goebbels qui fut la maîtresse de Haim Arlozoroff dans sa prime jeunesse.

Peu importe. En 1936, en pleine révolte arabe, Ben Gourion demanda à ce qu’une guerre soit entreprise contre le Beitar, le mouvement révisionniste de Jabotinsky.

Voici une démonstration de force vécue et racontée par un témoin Anita Shapira, éminente historienne israélienne.

Les faits prennent place à Haïfa durant une conférence donnée par Benyamin Zeev Von Weisl.

« Des perturbations dans la salle commencèrent alors que Von Weisl venait à peine de commencer à parler. La porte céda sous les coups des membres du HAPOEL. Très vite, tout sembla hors de contrôle et les émeutiers commencèrent à nous caillasser à l’intérieur de la salle.

Nous déplorâmes plus de 20 blessés dont Von Weisl lui-même.

La police est intervenue mais elle aussi reçut beaucoup de pierres.

Lorsque le fracas s’arrêta enfin, les blessés furent évacués sur des civières.

Peu après, les membres de l’HAPOEL, défilaient dans Haïfa en chantant : « en avant Hapoel ! ».

Ces violents affrontements ne furent que la pointe émergée de l’iceberg.

Le mouvement ouvrier a imposé un boycott généralisé des partisans de Jabotinsky. Ce qui eut pour conséquence que ces derniers ne purent trouver du travail ou bien encore recevoir des services dans les Yishouv.

Certains d’entre eux ont même été empêchés de faire leur alya.

En 1937, un jeune Polonais juif du nom de Simcha Ploshnitski s’est suicidé après que la division aliya de l’Agence Juive ait refusé de lui accorder les papiers nécessaires en raison de son appartenance à Beitar.

En réponse, Jabotinsky composa un poème décrivant l’immense colère dans laquelle ses partisans avaient été plongés par leurs frères: « Oh, nous allons vous rembourser, Caïn! Nous allons vous rembourser! « A-t-il promis.

Le schisme entre les factions sionistes est monté en puissance d’année en année mais heureusement n’a jamais conduit à un bain de sang. Ce résultat a été évité en partie grâce à Menahem Begin, commandant du groupe paramilitaire Irgoun et figure de proue du sionisme révisionniste après la mort de Jabotinsky en 1940.

Begin possédait déjà un sens de la responsabilité nationale bien que sa patience fut pourtant mise à rude épreuve.

Au cours de la soi-disant « saison de la chasse » qui a duré de Décembre 1944 à Février 1945, les hommes de Begin ont été poursuivis par la Hagana, capturés, torturés, et extradés vers les autorités britanniques. Et peut-être dans le plus célèbre des incidents fratricides pré-étatique, le 22 Juin 1948, Ben Gourion a ordonné à la toute nouvelle FDI (Israel Defense Force) d’ouvrir le feu sur le navire l’Altalena -un événement qui a causé la mort de 16 combattants de l’Irgoun et trois soldats du FDI.

En dépit de ces provocations, Begin a refusé d’exercer des représailles, insistant sur le fait que nous devions «éviter une guerre civile sanglante à tout prix. » « Le choix était entre une catastrophe pour nous seuls (l’Irgourn) et un désastre pour la nation toute entière». « La guerre civile a un début, mais pas de fin claire. »

Vous voyez ? Rien n’est clair, rien n’est tranché.

Les bons sujets de « peace love » qu’on pourrait facilement ranger dans le panier Jcall ou shalom archav disons…HAPOEL sont-ils réellement plus fréquentables que les tenants de la « raison garder » et la LDJ ?

Rien n’est moins sûr…

On verra dans un prochain chapitre.

Nina
http://zakhor-online.com/forum/viewtopic.php?f=3&t=227&sid=dee4aefe0b02b19f9f18499027a278f9#p492
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