Briser les carcans antisémites

 

La doctrine qui a mis en mouvement le monstre sanguinaire de Toulouse et qui peut sembler évidente après le bon en avant des investigations, a toutefois laissé dans le flou une machine de formatage des cerveaux bien huilée, grippée par des spéculations variées qui l’ont fait cahoter en tous sens, tel un moteur dont la commande du changement de vitesses se serait désolidarisée du système, le conducteur ayant hésité trop longtemps avant de choisir la bonne. Voici près de 32 ans, un attentat semblable avait profondément choqué la France, et un vif débat public s’en était suivi. Là aussi, un motocycliste avait été pris pour un ressortissant d’une certaine tendance, avant qu’un mois plus tard, une première véritable piste n’indiquât la direction du Liban. C’était à la rue Copernic. Mais avant que les effets de cette brève incertitude, avec ce qu’elle a révélé des méthodes d’échafaudages de contextes, ne retombent dans l’oubli, nous verrons comment un mal qui passe pour sain en temps « normal » a dévoilé ses rouage

Sur Israël 7, à un moment où toute interprétation des motifs du massacre restait plausible, Shraga a relevé une déclaration très symptomatique d’un mal spirituel qui touche la pensée et la civilisation occidentale depuis plusieurs décennies, et qui ne semble pas devoir guérir. Il ne s’agit pas ici de critiquer ni de juger la personne qui a fait part d’une réflexion difficilement rattrapable, surtout s’il parlait en direct sur une radio. Le massacre d’innocents, dont des enfants poursuivis par un suppôt de la mort, produit toujours un effet déconcertant, même si on peut a priori s’y attendre dans un climat hostile et incertain, pour les Juifs, alimenté par un contexte de propagande et d’incitation à la haine attisé par les milieux politiques et médiatiques. La pensée est encore plus déstabilisée et troublée quand l’obédience du boucher est encore inconnue. Des idées extrinsèques s’imposent alors à l’intellect, au détriment de la personnalité. Elles sont préfabriquées et imposées par le conditionnement du cerveau qui échappe un instant à son maître, interdit par le choc des ravages de la haine, toujours présente. Un homme normalement constitué peut donc se trouver comme possédé et se mettre à remuer les lèvres pour débiter des propos qui ne sont pas les siens, sous l’effet de l’annihilation momentanée de son entendement. La bouche articule, mais l’esprit n’y est pas. Prodige malencontreux de l’encrassage progressif et répétitif des cerveaux.

En bref, quand l’avenir ne nous avait pas encore instruits, l’idée symptomatique (et non causale, nous le verrons tout à l’heure) qui peut attaquer jusqu’au système immunitaire moral d’un individu sensé dans un instant de faiblesse, s’énonce à peu près comme suit: Deux pistes sont retenues, celle de l’intégrisme musulman, et celle du nazisme, ou, sous son appellation réactualisée, néonazisme. Si la seconde s’avère réelle, le coupable a aussi tué des soldats français parce qu’ils étaient d’origine arabe ou africaine ; mais s’il faut retenir la piste d’une doctrine qui s’est insinuée dans le paysage français trop récemment pour être appréhendée et analysée par la pensée, l’auteur aura voulu venger les victimes supposées de «Palestine» (sic). Si ces deux pistes sont réalistes et présentent de nombreuses similitudes, quand la vérité ne s’est pas encore faite, la teneur qui leur est arbitrairement imposée est différente sur le plan de la responsabilité et de la culpabilité. Si c’est un nazi, il sera montré du doigt par tous les courants de la société et du pouvoir ; si c’est un islamiste, alors Israël est coupable pour beaucoup de gens au cerveau conditionné.

La culpabilité d’Israël passe malheureusement pour tellement évidente pour la conscience collective que même des Juifs finissent par se laisser prendre. Le martelage des cerveaux est pour beaucoup de gens si intense à la longue que l’abjection la plus monstrueuse changera de couleur en fonction des résultats des investigations. Si c’est un néonazi, les démons du passé se réveillent ; si c’est un « combattant », c’est Israël le démon. C’est tellement fort que même un employeur non-juif qui ne peut être soupçonné d’antisémitisme se demandera pourquoi il faudrait tuer les coiffeurs dans la fameuse question test populaire ; ou encore, lorsqu’un politicien qui n’aura pas forcément été piégé par un lapsus révélateur aura fait état de deux « Français innocents » lors de l’immonde massacre de la rue Copernic. C’est normal! Ça fait deux mille ans qu’on y travaille. Cette idée maladive déteint même sur des Juifs, puisque toute la politique dite des « colombes » en Israël stipule que la haine des pays environnants contra l’Etat juif est imputables aux Juifs, et qu’il suffirait que les Juifs se montrent plus conciliants, ouvert, compréhensifs, pour que leurs ennemis deviennent d’un seul coup des amis. Aujourd’hui encore, certains s’imaginent que des concessions territoriales israéliennes apporteront une paix globale (voir le redéploiement, la paix contre les territoires etc.) comme si la haine contre les Juifs avaient commencé avec la libération de Jérusalem, de Bet-El et de Hébron.

Mais l’incertitude qui a prévalu entre la tuerie et les premières véritables pistes permet à la classe politique en ballotage au futur proche de s’unir et de réagir contre l’antisémitisme. La piste de l’extrême droite étant sérieuse, on peut en espérer l’affaiblissement politique. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un moment où on ne sait encore rien, hormis l’information qui veut que le tueur en cavale des soldats français est celui des enfants juifs. Mais on sait aussi qu’aucune mesure d’urgence n’est prise avant la rentrée des classes de ce lundi matin devant l’école juive, malgré un regard haineux qu’un mauvais œil porte sur la planète, et en particulier sur l’Europe. A Copernic aussi, la piste de radicaux européens avait été médiatiquement et politiquement privilégiée, avant que l’axe Olp-Fatah dont la filière remontait au Liban occupé par les terroristes de 75 à 82 ne soit révélé.

Les méthodes des nazis et des fanatiques musulmans se ressemblent à s’y méprendre. Elles affectionnent tout particulièrement de massacrer des victimes désarmées, à l’aube de la vie, jeunes enfants heureux et insouciants. Si les massacreurs ont le temps, et qu’ils ne sont pas dérangés, ils tueront des centaines ou des dizaines d’innocents, selon ce qui leur tombe sous la dent, comme à Oradour ou à Maaloth, ou plus récemment en Norvège. S’ils sont pressés, alors ils massacreront un petit nombre avant de prendre « courageusement » la fuite ou de se faire intercepter, comme à la rue des Rosiers, à l’école Mercaz Harav ou au domicile de la famille Vogel à Itamar.

Mais alors, si les nazis et les islamistes se ressemblent tant, pourquoi est-ce tellement important de connaître la doctrine avec laquelle s’identifie le forcené?

Nous pouvons trouver deux explications, électorale et éthique. La première s’explique du fait que s’il est question d’un militaire français non musulman de préférence, par exemple, ou d’un individu de souche européenne, on pourra tout de suite jeter pêlemêle l’extrême droite politique qui fait des efforts colossaux pour dédiaboliser son image (voir: Sommes-nous les gars de la Marine?) et le forcené dans le même panier, et inverser la tendance des intentions de votes de nombreux électeurs – n’oublions pas que la France est en période électorale – d’une part, et récupérer d’une pierre deux coups les voix des électeurs français musulmans, menacés eux aussi par la tendance représentée par un forcené qui les menace aussi (voir La théorie des ensembles). A contrario, s’il s’agit d’un extrémiste musulman, c’est la droite de la droite qui pourra brandir le fanion du péril islamique et des nombreuses zones de non-droit décrites par des études américaines, qui servent de terreau à une culture totalitaire qui sape les fondements de la liberté durement gagnée au prix de terribles révolutions.

Pourtant, la pierre d’achoppement de cette différence ne se situe pas sur le plan du résultat ou du danger humanitaire que véhiculent le nazi ou l’islamiste, mais de la motivation de base qui prélude à leurs agissements criminels. Il suffit de prendre un peu de recul pour se mettre à l’évidence qu’à l’apogée du nazisme, le Juif n’était pas moins responsable de son malheur et des persécutions somme toute « compréhensibles » qu’il subissait en sa chair qu’il ne l’est aujourd’hui dans les consciences manipulées des persécutions subies par les organisations terroristes arabo-musulmanes. La haine des nazis contre les Juifs avait pour responsables les Juifs. Seulement, aujourd’hui, l’antisémitisme européen ne peut plus tirer profit de cette culpabilité inhérente au Juif qui fait de celui qui l’assassine un justicier ou un désespéré. Certes, la force d’inertie de la conscience collective européenne admettra toujours que l’on persécute les Juifs et non les coiffeurs, ou que le Juif n’est pas un « français innocent », mais le processus qui a fait s’appuyer la haine en Europe tour à tour sur la religion « victime » de déicisme, sur les croisades exterminatrices perpétrées par des « libérateurs », pour aboutir sur sa forme moderne, le nazisme et la collaboration, ne peut plus servir de fond ni de repère à une société responsable et honteuse de son passé obscure et meurtrier.

L’horreur indicible de la haine contre les Juifs a fini par éveiller les consciences. Des projets éducatifs amorcés après la guerre ont fini par porter leurs fruits. Pourtant, l’aboutissement à une situation idéale ne s’est pas réalisé, et une réalité dans laquelle il eût été indécent d’haïr les Juifs, « point final, on ferme le livre », d’une manière absolue, n’a été que relative – il ne faut pas haïr le Juif en l’accusant d’être déicide, d’empoisonner les puits, de répandre la misère, etc. – avant d’être franchement relativisé – mais on peut le haïr pour son sionisme etc. – et pour laquelle on échafaude sans répit un vaste contexte où il redevient permis de le détester « pour la bonne cause », à savoir la pseudo « cause palestinienne ».

Comme nous l’avons vu dans Abrégé de l’historique contemporain de la guerre d’un Gog démagogue, la haine ne se fonde plus sur la tentative de déposséder Israël de son héritage spirituel, quand on lui enjoint d’abandonner son vieux Livre « désuet » et substitué par un autre qui appartient à un nouvel « élu », mais sur la tentative de déposséder Israël de sa Palestine qu’on lui enjoint d’abandonner au profit d’un autre nouvel « élu », fabriqué de toutes pièces pour se substituer à lui. On ne hait plus Israël parce qu’il ne veut pas se déposséder de son Livre, mais parce qu’il refuse de se déposséder de sa terre.

Et ce vaste contexte, on y travaille sans relâche, on l’actualise sans cesse. On « invite » des jeunes « néopalestiniens » à l’Onu, on organise des rencontres « culturelles » au sommet, etc. Ce n’est plus l’Eglise qui prend la place de la Synagogue, mais le « Palestinien » qui prend la place de l’Israélien. Bien sûr, cette méthode et ce travail acharnés présentent des risques. La haine antisémite peut être brusquement révélée, mise à nu, et fâchera jusqu’au ministre Barak contre la déléguée Ashton. Cette haine peut se retrouver brusquement retirée et désolidarisée de son « contexte » trompeur, reconnue pour ce qu’elle est, abjecte, immonde et inhumaine. Elle sera alors débarrassée du papier cadeau qui la masquait, papier cadeau au motif du « pauvre palestinien ». Et les chefs de cette propagande auront l’audace de protester que l’on n’accepte plus leur « contexte », ce contexte, dévoilé, qui ne se réclame plus de la justice contre les crimes rituels chrétiens mais pseudo-palestiniens.

Ce contexte n’est pas seulement entretenu par une certaine représentante de l’UE, mais au quotidien par des médias qui lavent d’une eau empoisonnée les cerveaux de millions de téléspectateurs ou auditeurs, au point que même un Juif stupéfié par l’horreur puisse dans un moment d’absence servir de caisse de résonnance à leur infecte litanie. Insidieusement, inexorablement, le grand public se fait inculquer au plus profond de son intellect la nécessité d’en finir avec les Juifs, sur de nouveaux chefs d’accusation. Les médias y travaillent d’arrachepied. On fait feu de tout bois, on diffuse un faux reportage diffamatoire éveillant la haine contre Israël et les Juifs de la diaspora, et on monte la garde pour intimider l’éventuel homme honnête qui s’inscrira en faux contre leurs méthodes, et tairont soigneusement les deux victoires devant les tribunaux, ne retenant que celle qui prouverait le prétendu bienfondé des allégations médiatiques. Et pendant ce temps, l’autre désinformation diffusera des films avec tous les stéréotypes répréhensibles attribués aux Juifs.

Le pouvoir n’intervient pas, n’oblige pas les méga médias à ne pas diffuser de reportages ou d’émissions instillant un mauvais œil sur Israël et sur les Juifs dans le cœur d’une population alourdie par la réprobation et la haine. Il n’obligera pas non plus ces mêmes méga médias à donner la parole à un autre son de cloche. En revanche, la Quai d’Orsay condamnera la présence juive en Judée, la trouvant aussi inadmissible que la présence juive en Europe pour les anciens motifs. Un esprit critique et analytique respectueux de la position officielle du pouvoir peut se dire logiquement que si la présence juive est inadmissible en Judée, alors que le Juif en est originaire, elle est à plus forte raison inadmissible sur une terre d’exil.

Le malaise s’étend, la tension monte. Le terrain devient instable. Les Juifs sont agressés dans la rue, insultés, pris à partie. Les premiers « volontaires » à se faire justice contre eux proviennent bien sûr d’un public qui s’identifie par ses coutumes et sa religion aux victimes modernes des Juifs. Mais que prétendent hypocritement les propagandistes des grands médias? «Nous faisons notre travail étique d’information de la vérité. Ce que nous disons sur Israël est vrai, et nous ne sommes pas responsables de l’amalgame que certains font entre Israël et les Juifs de France.» Au passage, il leur arrive de ne pas hésiter à faire porter aux Juifs de France la responsabilité de cet « amalgame », par leur prise de position pour Israël. Là encore, l’apostasie qui innocentera le Juif ne doit plus se faire sur la base de son reniement de son Livre mais de sa Terre.

La vérité est qu’il n’y a pas ici d’amalgame. Bien sûr, cette famille soudée qui unit les Juifs de l’étranger et Israël ne doit pas être perçue dans le sens om il faudrait donner raison à des gens qui s’attaquent à des Juifs dans la rue pour se « venger » d’Israël, mais dans le sens où les médias doivent mettre fin à leurs attaques haineuses d’Israël parce que cette propagande va nécessairement faire des Juifs où qu’ils se trouvent les victimes des masses manipulées, soit qu’elles s’attaquent physiquement aux Juifs, soit qu’elles approuvent ces attaques. A titre d’illustration, une vaste propagande antifrançaise mettrait en danger les Français de l’étranger au même niveau que les Français de la France métropolitaine.

Il convient bien sûr de féliciter les autorités françaises pour l’arrestation du forcené, mais le pouvoir central doit encore mettre un terme à la dangereuse propagande des mass-médias, et de s’en servir pour promouvoir la paix et révéler la vérité à commencer par l’affaire du faux reportage de la route de Netzarim. Car toute incitation à la haine contre Israël est directement dirigée contre tous les Juifs, car c’est une seule et même grande famille, comme nous l’avons vu ce matin au Har HaMenouhoth, à Jérusalem. Que ce soit un effet de Sa volonté que le peuple d’Israël se réunisse dans la joie de la rédemption, et de l’avènement du Bet HaMikdash. Que l’âme des victimes reposent dans l’enceinte des Justes.

 

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