LA FIN DES EMPIRES COLONIAUX

Introduction
– De 1945 à 1975 et au delà, de façon rapide et quasiment universelle, le Empires coloniaux, dont la fondation remonte quelques fois à plusieurs siècles, s’effondrent.
– Profitant des conditions nouvelles, issues de la seconde guerre mondiale, les mouvements nationalistes obtiennent l’indépendance par la force ou la négociation.
– Des peuples nouveaux apparaissent à côté de ce monde à 2 têtes mis en place par les super grands, leurs voix vont modifier le concert des Nations au sein de l’ONU.
 I/ Les causes de la décolonisation
Né de la prise de conscience de la sujétion représentée par le fait colonial, le Nationalisme indigène est renforcé dans sa volonté d’émancipation par la seconde guerre mondiale.
Si les grandes puissances coloniales restent hostiles à toute idée d’indépendance, le rôle des 2 grandes puissances, l’existence de l’ONU et l’évolution des mentalités vont favoriser la décolonisation.
A/ Des origines lointaines
– La remise en cause de la domination coloniale a commencé bien avant la seconde guerre mondiale à travers des mouvements nationalistes indigènes ( Intelligencia indigene )
Elle prend sa source dans le système colonial:
* Exploitation économique
* Destruction des cadres traditionnels
* Inégalité sociale et juridique entre colons et indigènes.
* Déculturation….
– Des mouvements nationalistes indigènes apparaissent, comme le Parti du Congrès de l’Inde qui remonte à 1885.
Mais la plupart des organisations naissent ou se développent dans l’entre deux guerres:
* Le Parti national Vietnamien ( 1927 )
* Le Parti national indonésien ( 1927 )
* Le Néo Destour tunisien et l’action marocaine ( 1934 )
* Le Parti populaire algérien ( 1937 )…
– L’intransigeance des puissances coloniales radicalisent les mouvements nationalistes.
– Souvent dirigés par une élite occidentalisée ( les Indiens Gandhi, Nehru et Jinnah sont avocats comme le Tunisien Bourguibah, l’Indonésien Soekarno est ingénieur, l’Algérien Fehrat Abbas est pharmacien… )
– Ces mouvements nationalistes ne souhaitent pas, au départ , l’indépendance totale et leurs premières revendications apparaissent aujourd’hui très modérées:
* Egalité civique
o autonomie interne ( Droit de s’administrer, mais sans souveraineté ) avec des gouvernements responsables dans un cadre fédéral …
o – Mais les grandes puissances coloniales, soucieuses avant tout du maintien de leur autorité, restent le plus souvent sourdes à ces revendications, préférant répondre par le répression ( La plupart des leaders nationalistes sont emprisonnés )
B/ L’impact de la seconde guerre mondiale
– Le second conflit mondial porte un sérieux coup au presige des puissances coloniales.
– Défaite de la France, de la Belgique et des Pays Bas
– Difficultés de la Grande Bretagne .
– En Asie, les Japonais n’hésitent pas à se poser en champions de l’anticolonialisme contre les Blancs, s’appuyant sur les mouvements nationalistes indigènes auxquels ils accordent même l’indépendance au moment de l’effondrement de l’empire japonais.
– Face à Hitler, les Alliés se présentent comme les défenseurs de la liberté, de la Démocratie et du  » Droit de tous les peuples à choisir le forme de gouvernement sous laquelle ils veulent vivre « , ( Selon les termes de la Charte de l’Atlantique )
– Les colonies participent également à l’effort de guerre pour délivrer leur colonisateur du joug du Nazisme, et elles en attendent quelques reconnaissances…
* Aussi la guerre a-t-elle renforcé la volonté d ’émancipation des Nationalistes indigènes
– Dés 1942, le Parti du Congrès de l’ Inde somme les Anglais de  » Quitter l’Inde « .
– Quelques mois après le débarquement américain en Afrique du Nord, le Sultan du Maroc réclame à Roosevelt la fin du protectorat Français et l’Indépendance de son pays ( Janvier 1943 )
– Ferhat Abbas lance un  » Manifeste du peuple Algérien  » ( Février 1943 ) exigeant une Constitution propre à l’Algérie.
– En 1945, à Manchester, une conférence panafricaine réunissant les principaux Leaders nationalistes anglais réclame  »  L’autonomie et l’indépendance de l’Afrique Noire « ..
Mais les puissance coloniales, convaincues que la perte de leur Empire serait le signe de leur déclin, restent dans l’ ensemble hostiles à toute idée d’émancipation.
– Si elles envisagent bien quelques réformes libérales, elles ne sont pas disposées à renoncer à leur domination politique.
* Lorsque, le 8 mai 1945, le jour même de l’armistice en Europe, des troubles provoqués par les Nationalistes algériens éclatent dans le Constantinois, la France ne trouve d’autre réponse qu’une rigoureuse répression.
C/ Un nouveau contexte favorable
Aprés 1945, le Monde est dominé par deux super puissances hostiles au fait colonial.
– Alors que les puissances coloniales sortent affaiblies du conflit, l’URSS et les Etats Unis, pour des raisons idéologiques, mais aussi par intérêt économique ou politique, sont hostiles au maintien des grandes puissances coloniales.
* Au nom de la doctrine Marxiste, l’URSS appuie le désir d’émancipation des peuples colonisés, d’autant plus qu’un certain nombre de mouvements nationalistes (surtout en Asie ) sont d’inspiration communistes.
* Ancienne colonie anglaise, les Etats Unis se déclarent par principe favorables au mouvement de décolonisation.
– Ils donnent l’exemple en accordant l’indépendance aux Philippines en 1946 et n’hésitent pas au besoin, à faire pression sur leurs Alliés européens réticents.
– Mais, en raison de la guerre froide, ils adoptent dés 1949, une attitude plus prudente par crainte de voir les territoires émancipés passer dans le camp soviétique.
– L’ONU devient dés le début des années 50 la tribune de l’anticolonialisme
– Sous l’impulsion des pays de la Ligue arabe, fondée en 1945, et des premiers pays asiatiques décolonisés – en particulier l’Inde .
– La solidarité des pays déjà émancipés, de plus en plus nombreux au sein de l’ONU, envers ceux qui désirent le devenir, va conduire l’ONU à adopter des résolutions mettant souvent les puissances coloniales en position d’accusés.
– Au sein même des Pays colonisateurs, les mentalités se transforment.
– Concernant la question coloniale, l’opinion publique des métropoles européennes et les églises chrétiennes ont beaucoup évolué après la seconde guerre mondiale.
– Empreintes de  » bonne conscience coloniale  » par tradition historique, par soucis d’éducation et d’évangélisation, elles vont se convertir plus ou moins rapidement à l’idée d’émancipation non sans quelques déchirements, en France notamment…

  II/  Les indépendances au Proche Orient
 A/ Liquidation des mandats français au Levant
* La France est la première puissance coloniale à essuyer les revers de la décolonisation dans les mandats que la SDN lui avait confiés en Syrie et au Liban.
– Dans ces territoires, la débâcle de Juin 1940, puis les combats qui y ont opposé les armées françaises restées fidèles à Vichy et celles de la France Libre ont porté une atteinte décisive à son autorité et à son prestige.
* En outre, les Britanniques, espérant garder après la guerre leur contrôle sur cette région, qu’ils considèrent comme vitale, encouragent les Nationalistes Arabes.
– Churchill déclare ainsi aux Communes le 9 Septembre 1941:  » Il n’est pas question que la France garde au Levant la situation qui était la sienne avant la guerre « .
* En Mai 1945, des troubles très violents éclatent contre les  » oppresseurs  » français qui ripostent en faisant donner l’aviation et l’artillerie.
– On relève 400 morts parmi la population civile.
* Tandis que la Grande Bretagne réclame le cessez le feu, la Syrie ET LE Liban en appellent à l’ONU.
* Le 31 Décembre 1946, le dernier soldat français quitte Beyrouth dans des conditions humiliantes pour la France qui n’a pas su envisager une indépendance pleine et entière.  »  Pour avoir trop voulu ralentir, déclare alors le Général Citroux, représentant la France libre dans ces territoires, elle avait tout perdu  « .
2/ La naissance de l’Etat d’Israël
* Contrairement en fait à ce qu’avaient espéré les Britanniques, la crise syro-libanaise marque aussi la fin de leur rôle de  » Gendarme  » au Proche Orient.
– Créée le 22 mars 1945, avec la bénédiction de Londres qui pensait l’utiliser comme pivot de son influence dans cette région, la Ligue Arabe, qui réunit 7 Etats
* Egypte
*Irak
* Syrie
* Liban
* Transjordanie
*Arabie Saoudite
*Yémen
, entend bien obtenir l’Indépendance de la Palestine  »  Partie importante du monde Arabe  »
* En 1945, ce Pays sous mandat britannique compte 1 200 000 Arabes et 560 000 Juifs, arrivés pour la plupart entre les deux guerres mais dont la Grande Bretagne freine l’immigration pour sauvegarder ses liens privilégiés avec les Etats Arabes.
– La découverte horrifiée des camps de concentration bouleverse les données en rendant de larges fractions de l’opinion mondiale, notamment en Amérique du Nord, favorables au projet de créer un Etat Juif en Palestine.
– En revanche, la Ligue Arabe, favorable à une Palestine arabe au sein de laquelle les Juifs trouveraient leur place, annonce clairement que la création d’un Etat Juif déclencherait la guerre.
* C’est dans ce contexte qu’en Octobre 1945, BEN GOURION, président de l’Agence juive, appelle à la lutte contre l’occupation britannique, une lutte que mènent une armée secrète et organisée, la  »  HAGANAH    » et des groupes terroristes comme l’Irgoun.
– Le 22 Juillet 1946, une explosion détruit à Jérusalem le  » King David Hotel   » , siège du quartier général britannique,; faisant plus de 200 victimes.
* Après avoir proposé en vain deux plans; Londres s’en remet alors à l’ONU qui, le 29 Novembre 1947, décide de diviser la Palestine en deux Etats:
– Un Etat Juif et un Etat arabe.
La ville de Jérusalem est internationalisée et placée sous contrôle des Nation Unies.
3/ Le problème palestinien
* Devant l’ampleur des coups que leur portent les organisations sionistes et les groupes arabes, les Anglais annoncent leur départ de Palestine pour le 15 mai 1948.
– Le 14 Mai 1948, Ben Gourion fait proclamer la naissance de l’Etat d’Israël, immédiatement reconnu par les Etats Unis et l’Union Soviétique
Le 15 Mai, les armées arabes pénètrent en Palestine.
* A la suite de cette première guerre ( Mai 48 / janvier 49 )favorable aux Israéliens, grâce au matériel fourni notamment par les Pays socialistes, des accords de cessez le feu définissent un Etat israélien dont la surface est de 40 % supérieur au partage défini en 1947.
– Mais ils ne règlent pas le problème des Palestiniens qui quittent en grand nombre la Palestine pour les pays arabes avoisinant où ils sont cantonnés dans des camps administrés par l’ UNRWA ( Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les Etats Palestiniens )
* Surtout, cette défaite arabe crée une onde de choc chez les jeunes générations qui ne pardonnent pas aux régimes mis en place en Egypte, en Syrie ou en Irak de leur avoir fait subir cette humiliation.
– Dés cette époque, se trouvent ainsi réunies les conditions du  » Problème Palestinien  »
  III / Les indépendances en ASIE
A/ La partition de l’Inde britannique
– A la campagne de désobéissance civile en 1942, mouvement de  » non coopération non violente « , les Britanniques avaient répliqué par la répression et l’arrestation des guides Gandhi et Nehru.
* L’impopularité de l’administration anglaise est portée à son comble par la famine de 1934 / 1944 , qui fait prés de 3 millions de victimes dans le Nord est et dans le Sud Est du Pays.
– Entre les 2 mouvements nationalistes, le Congrès de Gandhi et Nehru et la ligue musulmane de Jinnah, les préférences britanniques iraient plutôt à la seconde qui demande la création d’un  » Pakistan  » indépendant des Hindous.
– Le Congrès, lui, réclame l’indépendance totale, au delà du statut de Dominion qu’il refuse.
– Nehru admet la création d’un Etat musulman, mais celui ci devrait être lié à l’Inde par des liens fédéraux.
– Il est hostile à la partition.
* C’est cependant cette solution qui prévaut après que Lord Mounbatten, dernier Vice Roi des Indes, a assuré la passation des pouvoirs en 1947.
– Les Musulmans du Nord Ouest de l’Inde et ceux de l’actuel Bangladesh sont répartis dans un Etat double, le Pakistan, qui durera un peu plus de 20 ans avant de se scinder à son tour.
– La République Indienne et le Pakistan entrent dans le Commonwealth.
– L’Union Indienne, rassemblant les territoires à majorité Hindouistes
– Le Pakistan, constitué de deux tronçons, distants de 1700 Km, regroupant à l’Ouest et à l’Est les zones à majorité musulmanes.
* Comme en Palestine, à la même époque, mais à une toute autre échelle, le départ des Britanniques amène l’affrontement des deux communautés religieuses, accompagné de gigantesques migrations politiques et de massacres.
– Le prestigieux Gandhi est assassiné par un fanatique, en Janvier 1948.
B/ Ceylan, la Birmanie, la Malaisie
* En Décembre 1947, Ceylan accède à l’indépendance et entre dans le Commonwealth, cadre que refusera la Birmanie reconquise par les Anglais à la faveur de la défaite japonaise et redevenue totalement indépendante en Janvier 1948.
* Les choses se passent beaucoup moins bien en Malaisie.
– Jouant les divisions ethniques d’une population composée de Malais, de Chinois et d’Indiens, le Royaume Uni tente de garder la mainmise sur des richesses en étain et en caoutchouc du Pays. et sur la situation stratégique de Singapour.
– Contre la révolte des Nationalistes malais (communistes et d’ethnie chinoise) qui éclate en Mai 1948, le Royaume Uni consent un important effort militaire et financier jusqu’en 1954.
– Mais finalement, la Malaisie en 1957 , et Singapour l’année suivante, accédent à l’indépendance et se réunissent en une fédération de Grande Malaisie.
C/ L’accession à l’indépendance des  » Indes Néerlandaises « 
* Une éphémère politique d’association.
– Pendant la seconde guerre mondiale, les Japonais avaient libéré le chef nationaliste Soekarno et fait accéder les Indonésiens à des postes de responsabilité.
– L’armée de volontaires levée par Soekarno pour combattre aux côtés des Japonais avait été dissoute par les Japonais qui s’en méfiaient.
– Le 17 Août, l’indépendance de l’Indonésie est proclamée.
* Mais les Pays Bas sont décidés à rétablir leur souveraineté.
Ils mettent rapidement fin à l’initiative du Gouverneur Hollandais en place qui avait misé sur une sorte de Commonwealth regroupant les Pays Bas et des Etats Unis d’Indonésie.
– En Juillet 1947, les troupes néerlandaises réoccupent l’Indonésie, à l’exception d’un territoire concédé à l’armée nationaliste, transformé en  » République  » associée aux Pays Bas.
* La reconquête militaire et son échec
– Après la victoire de la droite aux élections qui ont eu lieu en Hollande durant l’été 1948, les Pays Bas réoccupent cette  » République « ; ils déportent Soekarno et les autres nationalistes.
– Mais les troupes néerlandaises, acculées à la guérilla, sont vite contraintes à la défensive.
– Les Pays asiatiques sont solidaires contre les Pays Bas.
– Les Anglo saxons désapprouvent l’ « opération police « .
– L’ONU demande la cessation des hostilités et la libération des chefs nationalistes
– La pression conjuguée des Nations Unies et des Etats Unis contraint finalement les Pays Bas à un transfert de souveraineté en faveur de ses anciennes colonies à la fin de 1949.
D/ L’Indochine Française
* La 1° guerre d’Indochine éclate en Novembre 1946.
– En mars 1946,les accords Sainteny-Ho Chi Minh avaient reconnu l’indépendance de la République du VietNam au sein de l’Union Française.
– Après avoir aidé à la formation d’une armée vietnamienne, la France devait évacuer le Pays dans les 5 ans.
* Mais l’Amiral D’Argenlieu, Haut Commissaire à Saigon, s’efforce de maintenir l’Indochine sous l’influence Française.
– Il mise sur la partition du Sud et crée en Janvier 1946 une République de Cochinchine.
* En Indochine comme en Indonésie, c’est finalement une politique de force qui prévaut.
– Le MRP adopte la politique de l’Amiral d’Argenlieu et renonce à la politique Sainteny-Leclerc.
en Novembre 1946, le bombardement d’Haiphong, le port d’Hanoi ouvre ainsi le conflit qui allait durer plus de 30 ans.
– La reconquête militaire est ici assortie d’une réforme politique: L’indépendance du Vietnam dans le cadre de l’Union Française est à nouveau accordée en 1948, mais sous l’autorité de l’Empereur Bao Dai, pro-occidental, et non plus sous celle du Communiste Ho Chi Minh.
– L’Union Soviétique et la Chine soutiennent le Viet Minh, tandis que les Etats Unis surmontent leurs prétentions anti colonialistes pour soutenir faiblement la France, avant de la relayer dans la lutte anti communiste.
* En 1951, la France tente d’abord de faire la différence sur le terrain;
– L’ offensive du Général de Lattre remporte bien quelques succés, mais le Viet Minh, refusant la bataille rangée, se réfugie dans la Guérilla, impossible à éliminer.
* En 1953, Georges Bidault se résigne à négocier, non pas directement avec l’adversaire, mais dans le cadre d’une conférence internationale, le Conférence de Genève qui s’ouvre le 8 Mai 1954.
– La veille, le camp retranché de Dien Bien Phu, tombe
– Georges Bidault aborde la Conférence alors que, selon son expression; il a perdu toutes ses cartes et qu’il ne lui reste plus en main que les   »  2 de Trèfle et le 3 de carreau  »
* Les 4 grands,( la France, Royaume Uni, Etats Unis, Union Soviétique ), les 3 Etats associés ( VietNam, Cambodge, Laos ), la Chine populaire et le Viet Minh participent à la conférence où Bidault est remplacé par Mendes France, devenu président du Conseil enn Cours de négociations.
– Signé le 21 Juillet 1954, l’accord de Genève entérine le partage du VietNam en 2 zones séparées par le 17° Parallèle.
– Des élections libres sont prévues en vue d’une réunification dans un délai de 2 ans.
– Les troupes étrangères et les troupes étrangères se retireront des 2 Vietnam et les troupes du Viet Minh évacueront le Los et le Cambodge.
IV/ Les indépendances en Afrique Noire
En Afrique noire au moins, sinon en Afrique du Nord, la politique Française se rapproche de la politique Britannique.
– Par le biais de la Ligue Arabe, l’influence de la décolonisation asiatique se fait sentir en Afrique.
– En 1955, la Conférence de Bandoung (En Indonésie ) réunit une trentaine de Pays ayant acquis leur indépendance; ce sont surtout des Etats Asiatiques, mais aussi l’Egypte, l’Ethiopie, le Ghana, le Liberia, la Lybie et le Soudan.
– Les participants à la Conférence sont pro-occidentaux, pro-Soviétiques ou Neutralistes, mais ont tous un point commun: l’Anticolonialisme.
o Cette Conférence de Bandoung a un grand retentissement en Afrique. Léopold Senghor parle du  » Coup de tonnerre de Bandoung  »
* En 1958, deux conférences ont lieu sur le Continent africain,
– Accra ( Ghana ) elles réunissent 8 Etats africains:
Maroc
Libye
Soudan
Tunisie
Ethiopie
Egypte
Ghana
Nigeria
Et des délégués de mouvements indépendantistes, dont le Congolais Patrice Lumumba
A/ L’ Afrique Britannique
* En Afrique britannique, la décolonisation, à l’image de ce qui s’est passé en Asie, s’effectue généralement par un accord tacite entre Londres et les Chefs Nationalistes.
1/ L’Afrique Occidentale
* En Afrique occidentale, le riche Nigeria accède à l’indépendance dés 1950.
– Le Chef Nationaliste Azikiwe en est le premier gouverneur.
– La diversité ethnique, linguistique et religieuse du Pays amène dans les années 60, le drame de la sécession avortée du Biafra.
*L’un des plus populaires parmi les chefs nationalistes africains est le Ghanéen N’Krumah.
– Elève des missions catholiques, instituteur, étudiant aux Etats Unis puis à Londres, il est Docteur en Philosophie.
– Après avoir abandonné la religion catholique, il devient journaliste.
– Arrêté en 1950, il devient premier Ministre de la  » Gold Coast  » en 1952. En Mars 1957, celle-ci accède à l’indépendance au sein du Commonwealth sous le nom de Ghana
2/ L’Afrique Orientale
* En Afrique Orientale, l’émancipation du Tanganyka, ancienne colonie allemande, devenue sous mandat britannique en 1919, précède de peu l’indépendance de l’Ouganda ( 1962 ), du Nyassaland et de la Rhodésie du Nord , rebaptisés Malawi et Zambie en 1964.
– Le cas de la Rhodésie du Sud est différent puisque sa sortie du Commonwealth en 1965 se fait unilatéralement et sur l’initiative des colons blancs, désireux de maintenir leurs privilèges.
– Mais ce bastion de l’Afrique du Sud finit par tomber en 1980, date à laquelle la Rhodésie de Ian Smith fait place au Zimbabwe du Marxiste noir Mugabe.
* C’est au Kenya que la décolonisation britannique en Afrique s’avére plus difficile.
– Dans ce pays au climat  » presque anglais « , au moins pour sa partie la plus utilisable, quelques dizaines de milliers de colons britanniques s’étaient réservés les terres les plus fertiles.
– En 1952, éclate la révolte des Mau-Mau.
– Ceux-ci prônent la restauration des anciennes coutumes, l’abolition du Christianisme et la reprise des terres aux colons. Il s’ensuit des massacres de Blancs auxquels répond la répression britannique. Cette tuerie cesse lorsque Jomo Kenyatta, chef des Mau-Mau accepte de négocier. Néanmoins, les opérations reprennent, sans les massacres cette fois-ci.
– La guérilla dure plusieurs années. Après une dure répression, les Britanniques finissent par concéder l’indépendance au Kenya, en 1963.
B/ Le Congo Belge
1/ Le colonialisme Belge .
Au Congo, la colonisation belge, qui , depuis 1908, avait succédé à la possession personnelle du Roi Léopold 2, reposait sur un certain nombre de principes:
La centralisation était absolue , depuis Bruxelles
Le monopole de l’enseignement secondaire était accordé aux missions religieuses
Les compagnies minières avaient développé un paternalisme efficace, mais intéressé envers leurs ouvriers.
La discrimination régnait dans les écoles, les habitations, les magasins, les lieux de distractions…
Les Noirs devaient bénéficier d’un autorisation administrative pour se déplacer d’une région à une autre.
2/ L’évolution sociale amenée par l’essor économique.
Après la seconde guerre mondiale, l’essor économique avaient amené des bouleversements sociaux,.
L’apparition d’une classe moyenne indigène, plus aisée, et parfois plus instruite.
Kasavubu, par exemple, avait abandonné le séminaire pour devenir instituteur, puis fonctionnaire du Trésor.
Pour cette nouvelle classe, la discrimination était devenue intolérable.
3/ Le conservatisme des colons belges
Face à cette évolution des mentalités, les Belges n’avaient que très peu modifié le système colonial.
En 1950, les écoles réservées aux blancs s’étaient entrouvertes aux noirs, mais en 1953, les écoles secondaires ne comptaient que 21 élèves africains.
Durant les années suivantes, le gouvernement socialiste Belge cherche à développer les écoles publiques, mais il recule devant l’hostilité des missionnaires.
Des indigènes jugés  » éduqués » reçoivent une « immatriculation » qui leur donne le même statut juridique que les Européens, mais sans les assimiler socialement ni économiquement.
En 1955, au cours d’un voyage, le Roi Baudoin parle d’association »; cependant, les colons sont hostiles à l’abandon de la discrimination.
3/ Une évolution rapide à partir de 1958.
Le réveil n’en est que plus dur. En 1958, la crise éclate.
Stimulés par la décolonisation du Ghana et de la Guinée, des Partis nationalistes comme le parti Abako de Kasavubu et le mouvement national congolais de Lumumba réclament l’indépendance.
En Janvier 1959, après les émeutes fomentées par l’Abako dans la ville de Léopoldville et qui font une centaine de morts, le Souverain Belge promet l’Indépendance, qu’il vient proclamer sur place le 30 Juin 1960.
On peut ici parler d’un véritable effondrement de la colonisation Belge, avec tout u cortège d’émeutes, de luttes tribales qui ne cessent pas, bien au contraire, avec la venue au pouvoir de Kasavubu comme chef d’Etat, et de Lumumba comme chef du Gouvernement.
L’histoire du Congo, devenu Zaïre, s’inscrit désormais dans le cadre des rivalités des grandes puissances en Afrique centrale.
C/ L’Afrique noire Française: une décolonisation paisible.
A l’exception de Madagascar, la décolonisation s’est faite sans crise. Ceci en raison de l’acceptation de l’évolution par l’opinion publique française, de la politique du Général De Gaulle qui consent à la décolonisation, mais aussi à cause de la modération des nationalistes d’Afrique Francophone.
1/ Madagascar: de la révolte de 1947, à l’indépendance en 1961.
La révolte de Madagascar fait exception.
Après la conquête tardive d’un Etat unifié, la France avait déjà eu à faire à des troubles en 1929.
La guerre avait accru l’oppression économique, le mouvement démocratique de rénovation malgache réclame en 1946, l’indépendance au sein de l’Union Française..
Il obtient l’abolition du travail forcé, ce qui suscite la protestation des colons.
La France cherche à s’appuyer sur les populations « déshéritées » des régions côtières contre les Hovas des hauts plateaux.
Devant ces atermoiements , les nationalistes se révoltent à la fin de Mars 1947. Une répression brutale et aveugle fait une centaine de morts. Cette répression n’empêche pas Madagascar d’accéder en 1961 à l’indépendance.
2/ Afrique occidentale et Afrique équatoriale: une « communauté éphémère »
* Le mouvement de décolonisation prend ailleurs une autre tournure . Les élus africains des divers partis de la 4° république se réunissent en congrès à Bamako Mali ) .
En 1946, ils créent un rassemblement démocratique africain présidé par l’Ivoirien Houphouet Boigny .
Ce mouvement s’appuie sur le Parti communiste français, ce qui amène une tension puis des incidents avec la Métropole. En conséquences, Boigny rompt avec les communistes et affiche son désir d’agir dans la légalité, en collaboration avec la France.
Un deuxième chef africain francophone se distingue, le Sénégalais Léopold Senghor, qui n’avait d’ailleurs pas adhéré au Rassemblement démocratique africain.
Connu pour exalter la « négritude » et l’originalité de la culture africaine, Senghor réclame le fédéralisme. Comme Boigny, il désire maintenir des liens politiques et économiques avec la France.
* En 1956, le ministre Gaston DEFERRE élabore une loi-cadre qui établit le suffrage universel et le collège électoral unique dans les territoires d’outre mer, développe la décentralisation administrative, établit des embryons d’exécutifs locaux et facilite l’accès des autochtones à la fonction publique .
Après la venue au pouvoir du Général De Gaulle, en 1958, la situation évolue rapidement.
De Gaulle, acquis à la décolonisation, ou plutôt convaincu de son caractère inéluctable, est capable de plus d’initiatives que les chefs de gouvernement de la 4°République.
La Constitution de 1958 offre aux colonies l’entrée dans un Etat fédéral,, une « Communauté ».
Si elles refusent la nouvelle constitution, les colonies accéderont immédiatement à l’indépendance.
Précédé d’une grande tournée de propagande du Général en Afrique durant l’été 1958, le vote est partout positif, sauf la Guinée conduite par Sekou Touré qui vote non à 95 %et devient indépendante.
Elle est immédiatement coupée de tous ses liens économiques par la volonté du Général.
11 Etats d’Afrique noire et Madagascar adhèrent à la Communauté présidée par le Président de la République Française.
Mais l’exemple de la Guinée qui réussit plutôt bien à survivre seule et à trouver de l’aide à l’extérieur influence les Etats à souhaiter leur indépendance.
La Communauté disparaîtra sans éclat, ce qui n’empêche pas la France de garder des liens privilégies avec ses anciennes colonies .
V/ LA DECOLONISATION DE L’AFRIQUE DU NORD.
L’accession à l’indépendance des deux protectorats de Tunisie et du Maroc se réalise plus facilement que celle de l’Algérie.
A/ L’indépendance de la Tunisie.
Bourguibah réfugié au Caire, son parti, le Neo Destour, continue d’agir en Tunisie et le Bey essaie de l’utiliser pour fléchir le gouvernement français.
L’opposition conjuguée des colons, de l’armée et de la droite empêche les Socialistes d’accorder l’indépendance.
En Décembre 1952, la France est condamnée par l’ONU. Après une flambée de terrorisme et de contre- terrorisme, c’est Pierre Mendes France qui débloque la situation en promettant le transfert de souveraineté en Juillet 1954.
L’indépendance devient effective en 1956, mais les rapports franco-Tunisiens restent tendus durant la guerre d’Algérie: bombardements de Sakiet en 1958, et crise de Bizerte en 1961.
B/ Le Maroc.
Au Maroc , contre le parti Istiqlal et le Sultan Mohamed Ben Youssef , partisan de l’indépendance, le Général Juin, résident Français, s’appuie sur les féodaux, caïds, pachas, et sur les paysans hostiles au pouvoir central.
Après la répression de Casablanca en décembre 1952, l’ONU, appuyée par les Etats Unis, demande à la France d’accorder l’indépendance au Maroc.
Le gouvernement français tente alors une dernière manœuvre: En Août 1953, il exile le sultan MOHAMED Ben Youssef , et le remplace par un souverain à sa dévotion: le sultan Ben Arafa, appuyé par le Glaoui, pacha de Marrakech.
Cette autre tentative d’utiliser les divisions pour régner se solde, encore une fois, par un échec. Le Gouvernement Pinay doit tirer Ben Youssef de son exil en Novembre 1955 et le mettre sur son trône.
Le Maroc accède à l’indépendance en 1956.
C/ En Algérie l’indépendance viendra à l’issue d’une longue guerre.

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