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juin 30, 2012

Nationalisme radical et extrême droite, des dangers pour la République!


Certains ont pris l’habitude d’estimer le nationalisme français ainsi que l’extrême droite à l’aune de nos rêves et de nos chimères. Ces mouvements radicaux et extrémistes de la pensée politique française se sont souvent manifestés, lorsqu’ils étaient ou participaient au pouvoir par un antisémitisme sans nuance.

De Maurras à Drumont pour les structures de l’idéologie à Drieu La Rochelle, Paul Morand, Céline etc…pour ce qui est de la littérature, nous sommes confrontés à un radicalisme antisémite qui trouva son Maître avec Philippe

Pétain et la Révolution Nationale.

Il s’agissait à l’époque de s’allier au nazisme qui luttait contre l’ennemi viscéral de l’extrême droite, le communisme. En même temps, on n’hésita pas à manifester son hostilité aux Juifs. qui proclamaient haut et fort leur patriotisme en exhibant des décorations reçues souvent au champ d’honneur dont, personne, bien entendu, ne tint compte.

Aujourd’hui, pour cette idéologie de l’extrême, le communisme est remplacé par l’islamisme, mais les Juifs sont toujours là !

Si d’aventure, le nationalisme extrême retrouvait la confiance d’une partie du peuple français et participait au pouvoir politique, quelles garanties auraient les Juifs que les ultra ne retrouveraient pas les vieilles pulsions antisémites ? Quelles assurances que la République ne serait pas abolie ?

Depuis Pétain la France n’a pu qu’imaginer l’extrême droite au pouvoir, elle ne l’a ni connue, ni expérimentée. De Gaulle, dans sa jeunesse avait de la sympathie pour Maurras qu’il a très vite abandonnée. Ce fut un militaire qui ne signa aucune bataille et qui fonda sa légende sur une France, fille aînée de l’Eglise certes, mais qui était tout aussi éloignée de la gauche que de la droite.

La France et l’extrême droite se séparèrent à la Libération, mais ce divorce fut une façade. Les courants nationalistes n’ont renoncé ni au pouvoir, ni à l’idéal qui l’anime.

Et parmi les forces déterminantes qui guident la route des extrêmes, l’antisémitisme fait partie des balises et des points de repère que certains militants ont, parfois, eu l’audace de nier, pour des motifs qui restent à éclaircir, sans pour autant confirmer la trahison de Philippe Pétain, et le caractère foncièrement anti républicain de la Révolution Nationale, idéologie dominante en France de 1940 à 1945 qui érigea en principe de gouvernement, la collaboration d’Etat avec l’Allemagne nazie

http://www.arnoldlagemi.com/?p=2765

avril 16, 2012

Benny Gantz à Yad Vashem: «Tsahal doit assurer la pérennité de l’État d’Israël comme refuge pour les Juifs du monde entier»

par Tsahal – Armée de Défense d’Israël
Yad VashemLe Chef d’État-major Benny Gantz s’est exprimé à l’occasion de la Conférence annuelle autour de la mémoire de la Shoah et a déclaré : «Nous devons défendre Israël et les Juifs du monde entier.»

Le Chef d’État-major, Benny Gantz, s’exprime lors d’une conférence sur la Shoah au Musée de Yad Vashem. Cette conférence, organisée par l’État-major, se tient annuellement quelques jours avant Yom Hashoah.

Yom Hashoah, la journée de commémoration de la Shoah dans le calendrier juif aura lieu ce jeudi. A cette occasion, Benny Gantz préside actuellement une conférence au Musée Yad Vashem en présence de l’ensemble de l’État-major israélien ce lundi 16 avril. Il s’agit d’une tradition au sein de Tsahal et tous les hauts responsables militaires israéliens y assistent.

«Nous devons défendre les frontières d’Israël et ses citoyens mais aussi regarder autour de nous et agir chaque fois qu’un Juif est en danger, simplement parce qu’il est juif.»

«Lorsqu’un Juif à Kiev est passé à tabac en sortant d’une synagogue, lorsqu’à Toulouse des enfants juifs sont assassinés de sang-froid, lorsqu’en Inde, en Thaïlande et en Géorgie, des groupes malfaisants projettent de s’attaquer à des cibles juives et israéliennes, le rôle de Tsahal est d’être aux côtés de ceux-ci.»

«Nous avons la capacité et le devoir de combattre avec détermination l’antisémitisme, également les nouvelles formes qu’il peut prendre. Nous devons assurer la pérennité de l’État d’Israël comme refuge pour les Juifs du monde entier, un refuge où tout notre peuple peut vivre sans crainte. Un foyer national sûr, défendu par son armée et capable de faire face à tous les conflits.»

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avril 15, 2012

Ces Juifs dont l’Amérique ne voulait pas (1945-1950) 1/2

by Olivier YPSILANTIS


On évoque souvent la non-assistance américaine au peuple juif au cours de la Deuxième Guerre mondiale, une question où l’animosité et le parti-pris supplantent trop souvent, me semble-t-il, la connaissance historique. L’ouvrage de Françoise Ouzan est le vecteur du présent article (en deux parties) qui en reprend le titre. J’ai décidé de présenter son livre car elle remet en quelque sorte les pendules à l’heure.

 

Françoise Ouzan est une historienne de la classe d’André Kaspi. C’est d’ailleurs ce dernier qui a préfacé cette belle étude. Je me permets à ce propos de citer des extraits de cette préface qui définit parfaitement le cadre et la tonalité du travail de cette historienne : ‟La guerre n’a pas pris fin en Europe le 8 mai 1945. La tragédie des années noires fait encore des victimes bien après que les armes se sont tues. Et ces victimes ont pour nom les personnes déplacées. L’expression reflète la pudeur, peut-être même la dissimulation (…) Les DP juifs, suivant le sigle anglophone (Displaced Persons) qu’on utilise alors, ont tout particulièrement souffert. Ils constituent l’infime poignée d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont survécu à ‟la solution finale” (…) Ils n’ont aucune raison contraignante de retourner en Pologne, en Roumanie, en Hongrie ou en Union soviétique. S’ils y sont nés, s’ils y ont vécu, ils ont là-bas traversé de dures épreuves et subi l’antisémitisme quotidien, incessant, violent (…) Alors, les DP songent tout naturellement à une terre d’accueil. La Palestine sera sans doute la Terre Promise, mais les Britanniques n’ouvrent pas les portes. Tout au contraire. Pour éviter les conséquences d’une forte immigration juive, ils préfèrent arraisonner les navires qui transportent vers Haïfa les survivants de la Shoah. Ce qu’ils avaient décidé en 1939, avant que les nazis ne réalisent leurs plans d’extermination, ils continuent de l’appliquer, six ou sept ans plus tard, alors que l’on sait tout ou presque des horreurs d’Auschwitz, de Treblinka ou de Maïdanek. Reste l’Amérique. Un pays puissant, riche, mythique, mais inaccessible. Car, depuis 1924, la loi des Quotas restreint l’immigration. L’admission se fait au compte-gouttes. Les États-Unis ont peur des pauvres de l’Europe, des esprits subversifs, des espions. Leur politique n’a pas été élaborée pour écarter les Juifs. Elle visait en même temps les catholiques, les Méditerranéens, les Européens de l’Est et du Centre, les immigrants jugés inassimilables, donc indésirables. Elle ne contribue pas moins à aggraver la condition des persécutés. Au cours des années trente, malgré la nazification de l’Allemagne, de l’Autriche et d’une partie de l’Europe centrale, la loi ne change pas. Pendant le conflit mondial non plus, et, aurait-elle subi des inflexions, qui pouvait sortir de l’enfer après 1941 et combien auraient eu les moyens d’en tirer parti ? En revanche, la paix revenue, l’Amérique cessera, croit-on, de rejeter les malheureux de l’Ancien Monde.”

 

Bergen Belsen, avant d’émigrer en Palestine, mars 1947.

 

André Kaspi termine sa préface en signalant que chemin faisant le lecteur découvre que les DP ont été ‟la bête noire” de l’état-major allié, qu’ils ont suscité une formidable controverse au sein de l’armée et de la nation, qu’en attendant d’être fixés sur leur sort, ils ont été parqués, pis encore, internés dans des camps, comme si la guerre n’était pas achevée, qu’ils ont dû passer devant des ‟missions de sélection”, eux qui avaient échappé de peu aux ‟sélections” des centres de mise à mort ; et ce n’est qu’après toutes ces épreuves que l’Amérique a décidé d’entrouvrir ses portes.

 

Françoise Ouzan appartient comme André Kaspi à la famille de ces historiens qui allient non seulement rigueur et clarté mais aussi des qualités humaines et une émotion contenue, à mille lieues de l’émotion tonitruante qui sert généralement de paravent à l’incompétence, lorsqu’elle n’est pas tout bonnement au service de présupposés ou d’une propagande.

 

Première partie. Un internement prolongé en Europe, 1945-1948.

 

La Libération et la mise en accusation des militaires.

 

Après la fin de la guerre, Les DP sont de seize à dix-huit millions en Europe et ils constituent un groupe fort hétérogène. La présente étude se limite aux ‟non rapatriables”, ceux qui posent problème aux armées alliées, soit un million de personnes. Parmi eux, 20 % de Juifs. Des rescapés juifs des KZ cherchent à regagner la Pologne mais les pogroms de 1946 (dont celui de Kielce) vont contraindre 200 000 d’entre eux à rejoindre les camps de DP dans la zone américaine, en Allemagne. Les Juifs allemands et autrichiens réfugiés à Shanghai dans les années 1930 vont quant à eux se retrouver menacés par la guerre civile chinoise. Eux aussi bénéficieront du statut de Displaced Persons.

 

L’hétérogénéité des DP conduira à des interprétations diverses de ce statut : la Directive Truman du 22 décembre 1945, la loi de 1948 et sa version amendée en 1950, une législation qui accorde le statut de DP aux réfugiés anticommunistes. Sous la pression de l’UNRRA, une organisation internationale d’assistance, la question des DP préoccupe toujours plus. Le président Truman demande à Earl G. Harrison une enquête sur les conditions de vie des DP en Europe. Le 24 août 1945, ce rapport lui est remis ainsi qu’au général Eisenhower qui se rendra en Europe pour visiter des camps de DP afin de rédiger son propre rapport au président, un rapport qui répondra point par point à celui d’Earl G. Harrison.

 

Le rapport d’Earl G. Harrison publié le 10 juin 1945 produit à Washington l’effet d’une bombe. Il décrit des conditions de vie révoltante et l’absence de tout effort pour regrouper les familles. Earl G. Harrison écrit : ‟Bien qu’ils sachent qu’ils n’ont plus à redouter les chambres à gaz, la torture et d’autres formes de mort violente, ils (les DP juifs) ne constatent que peu de changements.” Et l’auteur de ce rapport insiste sur la nécessité de reconnaître la spécificité du sort des Juifs. A cet effet, il préconise leur regroupement et, pour leur plus grand bien, leur émigration vers la ‟Terre promise”. Il recommande une modification du Livre Blanc de 1939 afin d’augmenter l’émigration juive vers la Palestine, et il cite le Dr Hugh Dalton.

 

Le général Eisenhower est alerté par un courrier du 4 août 1945 émanant du ministère de la Guerre et prend un certains nombre de mesures destinées à améliorer le statut et les conditions de vie des DP. Il crée un bureau chargé de rechercher les survivants et d’aider à réunir les familles. Il promet d’inspecter les camps de DP juifs. A l’automne 1945, ses directives commencent à montrer leurs effets. Des camps séparés sont aménagés, des Juifs sont logés dans des appartements et parfois des hôtels. Eisenhower envoie un rapport au président Truman en signalant les immenses difficultés auxquelles l’armée des États-Unis a dû faire face et le ‟travail admirable et presque incroyable accompli.” Il laisse entendre que le rapport de Earl G. Harrison est bien sévère et qu’il n’a pas pris en considération ces difficultés. Eisenhower ne se satisfait pas pour autant de la situation et s’efforce de l’améliorer.

 

Les subalternes d’Eisenhower ne vont pas tous faire preuve de zèle ; ainsi le général Patton, un antisémite qui, à en croire son biographe Martin Blumenson, était un fervent lecteur des ‟Protocoles des Sages de Sion”. Le colonel John Cunningham estime quant à lui que les DP juifs n’ont pas à bénéficier d’un traitement de faveur ou à vouloir émigrer en Palestine.

 

Truman a utilisé le rapport Harrison pour faire pression dans plusieurs directions, en particulier pour inciter les Anglais à autoriser l’émigration juive en Palestine, selon la promesse de la Déclaration Balfour. La question des DP finit par passionner journalistes, chercheurs de l’UNESCO, psychiatres.

 

La tragédie des personnes déplacées.

 

Les camps présentent des caractéristiques communes : surpeuplement, promiscuité, mauvaises conditions sanitaires. L’un des témoignages les plus documentés sur les camps de DP en Allemagne et en Autriche est celui d’Earl G. Harrison rédigé en décembre 1945 pour le ‟Survey Graphic” : dans le camp de Bergen-Belsen s’entassent 14 000 DP dont la moitié sont juifs.

 

Eisenhower fait une nette distinction entre ‟personnes déplacées ordinaires” et ‟persécutés religieux et politiques” mais de nombreux chefs de centres ne s’embarrassent pas de ce genre de distinction. Le comportement de l’armée américaine diffère d’une zone à une autre. Il est particulièrement mauvais dans la zone sud occupée par la Troisième Armée du général Patton. Par ailleurs, de nombreux ex-collaborateurs des nazis sont signalés parmi les DP. Dudley Ward, de l’UNRRA, demande un screening (criblage) mais l’armée, déjà fort occupée, ne répond pas à cette demande qui est renouvelée par Herbert Lehman, directeur de l’UNRRA. Parmi les DP soupçonnés d’avoir collaboré, les Baltes et les Ukrainiens. La question de la collaboration est particulièrement complexe ; il n’en reste pas moins que les nazis ont trouvé parmi ces derniers de nombreux volontaires pour les aider dans leur entreprise d’extermination.

 

Le camp modèle juif de Zeilsheim (près de Frankfurt am Main) mériterait un long article. Ci-joint, un riche lien où des photographies de ce camp peuvent être consultées :

http://history1900s.about.com/library/holocaust/blpdpzeilsheim.htm

 

Dans le Bergen-Belsen DP camp (le plus vaste camp de DP d’Allemagne) s’ébauchent les structures communautaires de l’État d’Israël. Ci-joint, un lien sur ce camp mis en ligne par The United States Holocaust Memorial Museum, Washington, D.C. :

http://www.ushmm.org/wlc/en/article.php?ModuleId=10007066

 

Parmi les DP, des enfants : les rescapés des KZ, les membres de groupes de partisans, ceux qui ont été cachés sous une fausse identité, les déportés pour le travail forcé, ceux qui ont fui les pogroms de 1945 et 1946 en Pologne. Nombre de ces enfants sont juifs. Les chiffres sont effrayants. Je n’en retiendrai que deux : à la fin de la guerre, en Pologne, plus de 400 000 enfants sont orphelins de père et de mère et, selon la Croix Rouge internationale, à cette même époque, pas moins de 13 000 000 d’enfants ont perdu leurs protecteurs naturels.

 

Pas de Libération sans émigration.

 

Dans son témoignage, le général Lucius D. Clay insiste sur la monotonie de la vie dans les camps de DP, sur le caractère sordide de certains de ces camps, sur l’angoisse qui s’installe alors que la permission d’émigrer tarde à venir. Par ailleurs, il prend note des capacités d’adaptation des DP juifs. Le Dr. Murphy estime que la structure paternaliste du camp est nécessaire jusqu’à un certain point au-delà duquel elle devient un obstacle. Le camp ne favorise pas le sens des responsabilités, à moins que ne s’y développe une structure comparable à celle du kibboutz, comme dans le camp de DP de Bergen-Belsen. Le psychologue Edward Bakis note que la promesse d’émigration agit comme un remède. Chercher à émigrer reste la principale préoccupation des DP. Le témoignage de Simon Wiesenthal dans ‟Les assassins sont parmi nous” (coauteur Joseph Weschberg) corrobore les enquêtes menées dans les camps de DP.

 

Des émissaires juifs venus de Palestine organisent l’émigration depuis les camps de DP ; mais les Britanniques désireux de ménager les Arabes limitent l’immigration jusqu’en mai 1948 en appliquant la politique définie par le White Paper (1939). Conseillé par Henry Morgenthau Junior, le président Truman envoie une lettre au Premier ministre britannique, Clement Attlee. Il demande que 100 000 visas supplémentaires soient accordés aux Juifs désireux d’émigrer en Palestine. Clement Attlee tergiverse, embarrassé. Il finit par suggérer que deux camps en Afrique du Nord (Philippeville et Felada) servent à en accueillir une partie. Harry S. Truman est outré par les mesures de sélection auxquelles sont soumis les DP Juifs candidats à l’émigration. Au cours de ces sélections, les ‟non-productifs” sont systématiquement rejetés, parmi eux : les couples âgés, les parents à charge et les filles-mères.

 

Dès la venue d’Hitler au pouvoir en 1933, des Juifs avaient tenté de se réfugier en Palestine. Mais les Britanniques veillaient impitoyablement et peu arrivaient à destination. Des centaines périrent noyés. Sous la direction de la Haganah, une organisation du nom de ‟Beriha” (la fuite) guidait les DP des camps vers des points d’embarquement. Le Mossad prit le relai pour assurer les traversées ; il reçut l’appui de Grecs désireux de faire la nique aux Britanniques et qui mirent à sa disposition de nombreuses embarcations. Grâce à Yehuda Arazi, agent du Mossad, l’épisode du ‟Fede” connaîtra une fin heureuse, contrairement à l’‟Exodus”, un drame qui incitera de nombreux Juifs modérés de Palestine à soutenir l’Irgoun. En novembre 1947, lorsque la partition de la Palestine est adoptée par les Nations-Unies, les Britanniques annoncent qu’ils renonceront à leur mandat en mai 1948. Fin 1947, les Britanniques ont déjà arrêté et interné 51 000 Juifs dans les camps d’Atlith (au sud de Haïfa) et de Chypre. De 1945 à la création de l’État d’Israël, la Haganah et ses agents du Mossad ont affrété soixante-cinq bateaux dont la plupart ont été interceptés. Malgré tout, cent quinze mille immigrants ont pu débarquer en Palestine.

 

Un petit DP pris en charge par l’UNRRA (United Nation Relief and Rehabilitation Administration)

(à suivre)

http://zakhor-online.com/?p=3328

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avril 10, 2012

« Juifs et Arabes de France : dépasser la question israélo-palestinienne »

Le 28 mars 2012, des étudiants de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po) membres du Forum pour la Paix ont organisé la conférence éponyme réunissant journalistes, chercheur et commissaire à la diversité et à l’égalité des chances auprès du Premier ministre dans ce prestigieux établissement privé d’enseignement supérieur. Une soirée animée au cours de laquelle, malgré des hors-sujets significatifs, des amalgames choquants et des tabous liés à l’islam, ont pu être évoquées la désinformation, la terminologie erronée et biaisée de chaines publiques, la responsabilité et la déontologie des médias, notamment dans l’affaire al-Dura. Compte-rendu, florilège et rétablissement de vérités historiques et juridiques.
Voilà un titre problématique : d’une part, il met en parallèle deux catégories dénaturalisées – les Juifs de France, sont sauf exceptions, Français – et distinctes – « Juifs » (peuple et fidèles du judaïsme)/« Arabes » (groupe composé de musulmans, chrétiens), et d’autre part, il cèle les Berbères.
S’agit-il vraiment d’une question « israélo-palestinienne » ?
Les Juifs français, oubliés ou fantasmés
Curieusement, la plupart des orateurs ont usé de termes vagues pour désigner l’attentat antisémite, islamiste, contre l’école Ozar Hatorah de Toulouse le 19 mars 2012 – quatre morts franco-israéliens Juifs dont trois enfants.Sur cette attaque, quels vocables ont été utilisés par Kader Abderrahim, modérateur, chercheur à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques) dirigé par Pascal Boniface, et « membre du Global Finder expert des Nations Unies qui vise à faire des recommandations au secrétaire général de l’ONU sur le dialogue des civilisations » ? Il a évoqué une « tragédie » et s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles un « individu commet des actes aussi odieux ».
Charles Enderlin, correspondant de France 2 à Jérusalem, a loué « Samuel Sandler… un grand monsieur » qui, à son retour à Versailles, veut « parler avec l’imam de la mosquée ». Il a enchainé sur la couverture médiatique de « l’affaire de Toulouse… On ne couvre plus ce conflit [israélo-palestinien] pour un certain nombre de raisons : ça casse les pieds de la rédaction car il n’y a rien de neuf, il y a également des campagnes – cela a été le cas pour Un œilsur la planète… Les images du conflit existent uniquement sur les chaines satellitaires arabes… La situation a changé… Vous n’êtes pas informés », a déploré Charles Enderlin. D’autant que « la crise iranienne pointe à l’horizon ».
« Ce qui s’est passé à Toulouse est un acte terroriste. Le terrorisme se résume à l’effet de surprise, la déloyauté et la force… Des innocents inoffensifs touchés avec haine et lâcheté », a affirmé l’écrivain Yann Moix. Et d’enchainer, perplexe : « Je voudrais comprendre pourquoi, souvent, quand un acte à caractère antisémite a lieu, on essaie d’effacer le caractère antisémite de cet acte en mettant en avant une réalité qui serait qu’idéologiquement il serait en rapport avec le conflit israélo-palestinien. Dans une société qui adore les « ismes », on adore voir l’antisémitisme partout, mais quand l’acte antisémite est là, on ne veut plus le voir ».
La journaliste Audrey Pulvar rencontre « souvent, en banlieues ou au cœur des villes, des jeunes qui se sentent abandonnés, sans pour autant que tous deviennent des terroristes ». Elle a insisté sur le « problème de l’éducation » de ces « jeunes Français, pro-palestiniens sans connaître la réalité du conflit ». A listé les stéréotypes antisémites véhiculés par ces jeunes : « Le 11 septembre, c’est un complot juif », « Le lobby juif », « Un complot mondial juif contre les Palestiniens, contre les musulmans », « Israël tue les petits enfants avec une bombe. On est là, et on ne fait rien ! » A dénoncé la « ghettoïsation des esprits et géographique » de ces jeunes. A entendu une vingtaine d’individus entonner des chants antisémites à son égard et constaté que « 95% des réactions parmi les gens rencontrés et sur les réseaux sociaux lui ont dit « Mais tu n’es pas juive ! Alors quel est le problème ? » A conclu : « Il faut parler des problèmes réels, concrets des Français, des problèmes d’éducation, du vivre ensemble ». Quant à Mohamed Merah, il « est né en France. Il est français… Je ne suis pas dans la tête de ce terroriste ».
Trois passeports : français, israélien, palestinien. Ces trois identités, Ofer Bronchtein, directeur du Forum pour la Paix [1], les a assumées avec fierté, sans y voir « la moindre contradiction ». Il a été « choqué par un acte terroriste inadmissible, antisémite et raciste. Il a regretté « que la plupart des Juifs de France… interprètent très souvent la critique au gouvernement israélien comme étant des critiques anti-israéliennes, antisionistes et parfois d’être antisémites » et que « beaucoup de Français d’origine musulmane d’origine arabe, sympathisants de la cause palestinienne, souvent critiquent tous les Israéliens, tous les Juifs [qui] contrôlent le monde, à la source de tous les maux sur Terre, et débordent sur l’antisémitisme ». Cet « optimiste pathologique » a espéré en une « dynamique de rapprochement, de dialogue serein » entre Israéliens et Palestiniens, entre communautés en France.
une « dynamique de rapprochement, de dialogue serein » entre Israéliens et Palestiniens, entre communautés en France.
Quant à Samy Cohen, professeur à Sciences Po et chercheur au CERI (Centre d’études et de recherches internationales), il a évoqué le « côté fantasmatique de la vision du conflit israélo-palestinien vu de France et d’Europe », « les préjugés forts », « l’insuffisance de l’information sur ce qui se passe en Israël et en Palestine » par les médias ou les livres, l’association Other voice, qui regroupe des Israéliens vivant « près de la bande de Gaza, harcelés par les menaces des roquettes, des missiles et des mortiers » et ayant écrit « une lettre publique », en 2011, au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour exprimer leur refus d’une « deuxième opération Plomb durci car la solution est le dialogue » avec les Gazaouis, les messages d’amour via Internet d’Israéliens vers les Iraniens qui « ont répondu massivement » à l’identique, une « manifestation à Tel-Aviv le 24 mars au soir avec des centaines de manifestants » hostiles à un bombardement « en Iran. Les héros de l’avenir, ce sont ces gens-là ». Le « terrorisme déstabilise les démocraties » qui « doivent raison garder, ne pas riposter par les mêmes moyens ». Les solutions ? « Les moyens de défense, de solidarité, de mobilisation forte ».
« Ce qui s’est passé la semaine dernière, euh, il y a eu d’autres drames sociaux, euh, il y a forcément des racines sociales comme les [jeunes] fauchées sur l’autoroute. Il y a cet enfant qui a été assassiné par son père et qui avait deux ans.
C’est le signe de l’échec d’actions de prévention », a considéré Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chancesauprès du Premier ministre. Et d’enchainer sur la communauté « israélite [qui a une] vision fantasmée des quartiers, comme foyers extrêmement puissants d’antisémitisme. La réalité est plus complexe…[Il faut] examiner dans le détail la trajectoire de l’assassin des sept personnes qui ont trouvé la mort la semaine dernière, sa trajectoire sociale, ses motivations. Dire que cela résulte d’une islamisation rampante de la société française me parait une analyse un peu courte. Je crois que c’est plus grave hélas ». Et d’évoquer « l’islamophobie efficace », la manière dont on se sert des « origines de ce Français » pour « stigmatiser l’ensemble de la communauté musulmane de ce pays… On doit se poser la question de l’égalité de traitement, des discriminations ».
Yazid Sabeg est « frappé dans les quartiers par l’acuité dont le conflit israélo-palestinien est vécu, surtout la condition faite aux enfants. C’est vécu comme une injustice profonde… véhiculée au quotidien, de façon permanente, biaisée souvent sur les chaines arabes qu’écoutent de plus en plus les jeunes des quartiers même s’ils ne parlent pas l’arabe… La communauté israélite [a une] vision fantasmée des quartiers, comme foyers extrêmement puissants d’antisémitisme ».
Privilégiant le facteur social, ces discours ont évacué toute interrogation sur les motifs religieux de Mohamed Merah qui avait motivé ses actes notamment en raison de la loi sur le foulard islamique. Ont aussi évité toute allusion à l’antisémitisme islamique, au rapport entre pratique religieuse islamique et antisémitisme [2], au lien entre l’islam et l’islamisme. Substitué souvent les musulmans aux victimes Juives de Toulouse, et plus généralement aux Juifs français. Omis d’évoquer la recrudescence d’agressions antisémites en France du 19 au 28 mars 2012 : 28 en 10 jours, soit environ trois agressions antijuives par jour dont un attentat ayant fait quatre morts. Inquiétant. Certains orateurs ont semblé en prendre conscience.
Yann Moix a alors refusé de « remplacer immédiatement l’antisémitisme, qui a muté, par l’islamophobie ». Le « terme « israélite » date du XIXe siècle », a raillé cet écrivain qui s’est interrogé sur l’enterrement des « victimes françaises » hors de France : « On ne peut pas redevenir Algérien et Israélien quand ça vous arrange ». Et de relever : un « sujet n’a pas été abordé ce soir : s’il n’y a pas en germe dans les textes sacrés de l’islam des propos qui pourraient paraître à certains absolument antisémites… Je me demande si l’islamisme n’a pas comme point de départ l’islam ».
Réponse de Kader Abderrahim : inviter à lire le Coran.
Pour Charles Enderlin, « l’extrémisme religieux trouvera toujours dans ses textes sacrés la confirmation, le prétexte de ses actes qu’ils soient juifs, musulmans ou autres. On ne censurera pas les textes religieux ». Le terrorisme ? C’est « un acte individuel pour terroriser une population civile ». Ce journaliste cite une recherche du Shin Beth et les Renseignements militaires selon laquelle les motivations de la majorité des « bombes humaines » palestiniennes, n’auraient pas eu de motifs religieux : « C’était individuel, parfois psychologique, liée à une volonté de vengeance, un problème familial ».
« Il ne s’agit pas de déresponsabiliser Mohamed Merah… Ces jeunes dans les quartiers sensibles se sentent abandonnés… Cela ne veut pas dire qu’ils se considèrent comme des victimes [ou qu’]ils vont devenir des terroristes… des fous furieux comme Mohamed Merah », a précisé Audrey Pulvar. Ces jeunes « ont l’impression de ne pas intéresser ceux qui pourraient régler leurs problèmes. Une maman dans une manifestation à Toulouse, à la mémoire des victimes de Mohamed Merah, [le 24 mars, a dit] : « Qui leur parle ? Les intégristes ! ». Audrey Pulvar s’est interrogée sur ces « gamins qui ont refusé de se lever pour la minute de silence à la mémoire des victimes de Mohamed Merah en disant : « Je ne vais pas me lever pour les Juifs parce qu’ils ne se lèvent pas pour les Palestiniens ».
« Pourquoi ceci s’est passé ? », a questionné Yazid Sabeg qui est « un grand républicain… Je suis français et je ne me sens pas tout à fait français… non pas parce que j’ai des racines en Algérie… On ne peut pas être fier d’un pays qui ne vous aime pas… Vous ne pouvez pas demander à ces jeunes d’être fiers d’un pays qui ne les célèbre pas, qui les marginalise, qui les traite d’une façon inégalitaire ». Et de regretter qu’on n’enseigne pas « la diversité du peuplement de la France, notamment depuis un demi-siècle… J’ai appris, parce que je suis un enfant de l’école républicaine, que mes ancêtres étaient des Gaulois. C’est vrai… J’ai d’autres ancêtres… Il faut que la république se réinvente et qu’elle traite de ces sujets objectivement ».
« Faux-tos » et affaire al-Dura
Première question d’un spectateur : « Mohamed Merah a déclaré : « J’ai voulu venger les enfants palestiniens, victimes d’Israël donc. Est-ce que c’est une réalité ou un fantasme ? Est-ce que les Israéliens assassinent délibérément des enfants palestiniens pour le plaisir, par sadisme pur ? Il y a là la responsabilité de la presse. Y a-t-il une propagande malveillante qui oblige les jeunes à se remplir de haine ? » Et de citer la photo d’une petite Gazaouie tweetée le 10 mars 2012 par Khulood Badawi, employée à l’OCHA (Bureau onusien pour la coordination des questions humanitaires), puis le 11 mars 2012 par la journaliste Diana Alzeer : toutes deux ont présenté cette enfant ensanglantée comme ayant été tuée par la frappe israélienne aérienne lors de la nuit précédente. Or, cette photo, qui remonte à 2006, concerne une Gazaouie victime d’un accident de balançoire [3] ! (Applaudissements).
J’ai alors pris la parole, ma voix étant souvent couverte par le brouhaha des réactions du public divisé : « France 2 et France 3 sont des chaines du service public. Le service public est astreint au devoir de neutralité. Es-ce qu’il vous serait possible en tant que journalistes, et je suis journaliste, d’utiliser des mots neutres et des mots adéquats pour décrire la réalité en Israël ? Je prends deux exemples. Vous avez parlé de « colonisation », des territoires que vous appelez Cisjordanie. Or, ces territoires sont appelés Judée et Samarie ». (huées, rires, « On en a marre »). « Le traité de San Remo en 1920 a dit que ces territoires font parties de l’Etat d’Israël, de l’Etat Juif. Donc il ne s’agit pas de « territoires occupés » mais de « territoires disputés ». (Applaudissements).
J’ai ensuite interpelé sur l’affaire al-Dura : « Le 30 septembre 2000, la chaine publique France 2 a diffusé un reportage de son correspondant Charles Enderlin sur des images de son cameraman palestinien ». (Huées. « Ce n’est pas normal ». « C’est une honte »). « Charles Enderlin a indiqué que les tirs provenaient de la position israélienne. Son cameraman a dit la même chose, puis il a dit : « Je n’ai jamais dit cela ». Ensuite, Arlette Chabot, alors directrice de l’information de France 2, a dit » (huées, sifflets) : « On ne saura jamais quelle est l’origine des tirs. Venaient-ils de la positon israélienne ou palestinienne ? » (Huées. « On n’est pas là pour ça, Madame ». Brouhaha. « Provocation à la haine »). J’ai demandé « à chaque orateur de prendre position dans l’affaire al-Dura et à Audrey Pulvar pour quelles raisons elle avait signé la pétition Pour Charles Enderlin en 2008 ».
J’ai aussi ajouté que des Palestiniens désignaient les Israéliens comme des « Yaoud » (Juifs en arabe), donc les téléspectateurs arabophones en France assimilent les Juifs qu’ils rencontrent aux Israéliens, et certains les agressent. « Votre comportement est indigne », m’a chuchoté un spectateur.
« Respectez ceux qui veulent poser des questions », a asséné Ofer Bronchtein pour ramener le calme.
« Je sais que c’est un sujet sensible, mais on n’est pas là pour faire le procès de Charles Enderlin », a affirmé Kader Abderrahim.
« Vous êtes là pour noyer le poisson », lui a rétorqué un spectateur.
Puis un autre spectateur s’est enquis : « Yann Moix a dit que l’antisémitisme avait évolué » en parlant d’un « antisémitisme géopolitique. Considérez-vous qu’être contre ce qui s’est passé entre Israéliens et Palestiniens, est-ce que c’est être contre le peuple israélien ? Est-ce que cela a des répercussions sur le peuple aujourd’hui en France ? »
Pour Yann Moix, « on n’a pas vocation à être pro-israélien ou pro-palestinien… Au sein de l’antisionisme, il y a de l’antisémitisme. [Je refuse de] renvoyer un camp contre l’autre et de choisir un camp ».
« On choisit la vérité », a protesté une spectatrice.
Kader Abderrahim a invité Charles Enderlin et Audrey Pulvar à me répondre. J’ai insisté pour que tous les orateurs répondent. Les autres ont gardé le silence.
Parole à Charles Enderlin : « Le gouvernement israélien a décidé de manière totalement unilatérale que, au contraire de l’usage fait par les Nations unies et euh la, les chancelleries européennes, la Cisjordanie s’appelle la Cisjordanie. Lorsque dans un reportage, quelqu’un dit la Judée-Samarie, je passe ses paroles et j’explique qu’il s’agit de la Cisjordanie. Que vous ayez décidé que ce sont des territoires disputés comme le voudrait le gouvernement israélien, je veux bien, mais euh aussi bien les Nations unies, euh les Etats-Unis, l’Amérique que l’Europe considèrent que ce sont des territoires occupés. Et ce n’est pas en essayant de faire pression sur le service public que vous nous obligerez à changer de langage ». (Applaudissements).
Et de proclamer sur un ton particulièrement ferme : « Je vous garantis d’une chose : si les services de sécurité israéliens avaient le moindre indication qu’il y avait mise en scène ou autre, croyez-bien qu’ils l’auraient sortie. Je vais vous dire également la chose suivante : Talal Abu Rahma, le cameraman de France 2 à Gaza, est autorisé régulièrement à sortir pour se rendre en territoire israélien. Point. Que cette campagne ait lieu en France, cela a lieu en France. M. Karsenty qui en est à l’origine, est aujourd’hui sur le coup d’une condamnation pour diffamation. On verra ce que le nouveau jugement en Cour d’appel dira. Pour le moment, je n’ai aucune intention d’en reparler. J’ai écrit un livre là-dessus. Je vous conseille de le lire. Effectivement, tous les arguments y sont. Et je ne discuterai pas encore une fois… »
« Talal Abu Rahma n’a plus sa carte de presse de journaliste. Il n’est plus accrédité », lui ai-je répliqué sous les applaudissements.
« Ça, c’est vraiment déplacé », a protesté un spectateur. Brouhaha.
Sur un ton calme, Audrey Pulvar a admis : « Effectivement, je fais partie des signataires de la pétition de soutien à Charles Enderlin parce que je considère que le procès en sorcellerie qui lui est fait est un procès indigne. Je considère que, sa modestie dut-elle en souffrir, Charles Enderlin est un exemple pour les journalistes en France et d’autres parties du monde, que c’est quelqu’un qui œuvre à son niveau à la paix entre Israël et les Palestiniens. Et par ailleurs, puisque vous avez noté que j’étais parmi les signataires de la pétition de soutien à Charles Enderlin, vous auriez pu noter aussi les nombreux éditos que j’ai pu faire, puisque j’en fais tous les matins sur France Inter, les prises de position que j’ai pu avoir pour condamner avec la plus grande énergie, avec le plus grand dégoût pour les faits qui avaient été commis, pour condamner l’agression, la torture et la mort d’Ilan Halimi. Vous auriez pu aussi noter à quel point, par exemple, quand j’ai reçu Morgan Sportès pour son livre Tout, tout de suite, j’ai dénoncé l’atrocité des actes commis, dénoncé la propagation de l’antisémitisme dans ces quartiers… »
« Tout journaliste peut se tromper. Moi la première, Charles Enderlin aussi et vous aussi », ai-je dit en l’interrompant. Brouhaha.
« J’ai personnellement, de façon discrète et sans ameuter qui que ce soit, participé à la marche qui avait été organisée après la mort d’Ilan Halimi. J’ai plusieurs fois pris position… au moment de l’agression de la flottille de la paix, j’ai… »
« Mais répondez à ma question, madame. Sur quels éléments, vous… (bruits) Vous avez pris position en faveur de…
« Mais je vous ai répondu… »
« Non, non. C’est hors sujet, madame. Sur quels éléments… »
« C’est hors sujet !? » Rires.
« Je vous ai posé une question : sur quels éléments vous vous êtes fondée pour soutenir Charles Enderlin ? Même France 2, même Arlette Chabot ne soutient pas la position de Charles Enderlin ! », ai-je relancé. Brouhaha.
« Au moment de l’attaque de la fameuse flottille de la paix qui a généré des commentaires encore une fois hyper-caricaturaux en France, je pense que j’ai été la seule journaliste ayant interviewé l’ambassadeur d’Israël en France à l’époque, à donner une parole large dans la petite émission de deux heures que j’animais quotidiennement sur I Télé à l’époque, à donner une version un peu plus raisonnée des évènements. Voilà. C’est tout ce que je voulais dire », a conclu Audrey Pulvar. Applaudissements.
« Répondez à ma question : sur quels éléments vous vous êtes fondée pour soutenir Charles Enderlin ? », ai-je répété. En vain.
Un panorama inquiétant
Lors de cette conférence, les Juifs français apparaissaient fantasmés dans des clichés antisémites de « jeunes de banlieues », parfois dans leur perception des « banlieues » présentée par Yazid Sabeg, rarement dans leur relation au conflit, leurs liens avec l’Etat d’Israël ou leurs inquiétudes face à l’antisionisme, la « politique arabe » de la France ou la propagande palestinienne comme carburant de l’antisémitisme, et jamais comme des êtres humains multidimensionnels : leurs appréhensions de devenir des boucs-émissaires, leur dialogue ardu avec des « Arabes » sur ce conflit car l’Etat d’Israël clive tout comme l’image « al-Dura ».
Paradoxe : Audrey Pulvar a évoqué le cas d’un antisémitisme en France visant des non-Juifs.
Les discours de cette conférence ont donc accordé une place majoritaire, voire quasi-essentielle, aux « jeunes des banlieues », voire à « la manière dont la république doit permettre l’émergence d’un islam en France » (Kader Abderrahim) !
Curieusement, aucun Français Juif rompant le « palestiniennement correct » n’y était invité comme orateur.
Le terrorisme islamiste ainsi que le refus de l’Etat Juif par le monde musulman, obstacles à toute paix, demeurent généralement tabous, surtout par les orateurs musulmans.
Avec assurance, ces orateurs s’en sont généralement tenus à des faits connus, des platitudes – hormis Yann Moix citant Le Léviathan d’Hobbes -, parfois naïves, en les parsemant de rares analyses et d’inexactitudes factuelles et terminologiques, et ont semblé ignorer la recrudescence d’actes antisémites en France depuis le 19 mars 2012.
« Fou » ou « terroriste » selon Audrey Pulvar, Mohamed Merah s’était réislamisé en prison. Quel étonnant silence de ces orateurs sur le lien entre pratique de l’islam et antisémitisme. Pourtant, une étude de Sylvain Brouard et Vincent Tiberj, chercheurs du CEVIPOF (Centre de recherches politiques de Sciences Po, associé au CNRS depuis 1968), et intitulée « Français comme les autres ? Enquête sur les citoyens d’origine maghrébine, africaine et turque » (2005) a porté sur 1 003 personnes de plus de 18 ans de l’échantillon représentatif. Elle a révélé une corrélation inquiétante entre le degré de pratique de l’islam et les préjugés, notamment antisémites. « 46% des musulmans pratiquants de l’échantillon, 40% des musulmans pratiquants occasionnels et 30% des musulmans non pratiquants manifestent des sentiments antisémites » [4]. « Pour l’antisionisme… plus les personnes interrogées sont jeunes, plus elles sont négatives à l’égard d’Israël », soit 62% des 18-24 ans, 52% des 25-31 ans, 53% des 32-41 ans et 39% des plus de 42 ans [5].
C’était donc une table-ronde plutôt consensuelle, jusque dans son mutisme face aux propos choquants de Yazid Sabeg. Comment le Commissaire à la diversité et à l’égalité des chances a-t-il pu dresser un parallèle entre les victimes Juives ciblées par le djihadiste Mohamed Merah, membre revendiqué d’al-Qaïda, avec des « drames sociaux » : mort d’un enfant battu par l’ex-compagnon de sa mère et accident mortel de trois jeunes sœurs issues de la communauté des Gens du voyage et heurtées par une voiture qui ne pouvait pas les voir sur l’autoroute A7, dans la nuit du 16 au 17 mars 2012, dans la Drôme ?! Quel est le « drame social » de ce moudjahidin franco-algérien qui a mené grand train de vie, amassé un impressionnant arsenal militaire, combattu contre les Infidèles aux confins du Pakistan et de l’Afghanistan, sans que la généreuse France ne s’en aperçoive et ne lui retire les aides sociales qu’elle lui avait allouées ?
Est-il justifié de culpabiliser la France et d’alléguer « On ne peut pas être fier d’un pays qui ne vous aime pas… Il faut que la république se réinvente » ?
Malgré l’affaire Dreyfus, malgré le régime de Vichy, malgré la Shoah, malgré ce rapatriement d’Algérie en 1962, les Juifs, français ou non, ont toujours aimé la France sans rien exiger d’elle en contrepartie, en ont partagé les valeurs, se sont reconnus dans le récit historique national auquel ils ont grandement contribué, et n’ont jamais contraint la République à se « réinventer ».
Ce n’est pas à la République de « se réinventer » en fonction de la diversité de son immigration : c’est aux migrants qu’elle accueille et à leurs (petits-)enfants à accepter cette forme démocratique de gouvernement acquise de la Révolution française (1792) ainsi que l’histoire de la France sans la réduire à la colonisation, et à assimiler ses principes. Ce qu’ont fait les immigrants de Pologne, d’Italie, de Russie, de Belgique, de Hongrie, d’Asie du sud-est, d’Afrique du Nord, Juifs, chrétiens et parfois musulmans, qui se sont reconnus dans cette phrase fondatrice d’un terreau historique commun, « nos ancêtres, les Gaulois ».
Les manuels scolaires français ont éjecté les grands personnages historiques de France (Louis XIV, Napoléon 1er) au profit de civilisations géographiquement éloignées, minoré la dhimmitude, gommé la collaboration avec Hitler de dirigeants musulmans, dont le grand mufti de Jérusalem al-Husseini, le combat de centaines de milliers de musulmans au côté des forces de l’Axe pendant la Seconde Guerre mondiale, la lutte de la Légion ou Brigade nord-africaine (LNA ou BNA) contre les résistants en France, celé l’exode, généralement contraint et dans des circonstances dramatiques, d’environ un million de Juifs des pays arabes, de Turquie et d’Iran au XXe siècle… Ce n’est pas assez ? Les manuels scolaires des Etats d’Afrique du Nord abordent-ils la contribution majeure des Juifs et chrétiens à ces pays ? Sur les hommages rendus par la France à son Outre-mer pour son rôle dans la Seconde Guerre mondiale, on peut voir l’exposition au musée du Général Leclerc de Hauteclocque (Paris).
Il serait utile que le gouvernement dresse le bilan des politiques de discrimination positive en faveur de la diversité, dans tous les secteurs et à tous les niveaux, menées au moins depuis les Présidences de Jacques Chirac. Le CV anonyme, rendu obligatoire par une loi (2006) et promu par Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l’égalité des chances ? Il a été jugé peu efficace par une étude de Pôle-Emploi (août 2011) et relégué alors par Yazid Sabeg en une « faculté parmi d’autres ». La suppression de l’épreuve de culture générale de certains concours administratifs (2008), de Sciences Po] (2011) ? Selon un intervenant à une table-ronde prélude à la signature par septmédias de la presse écrite (15 000 salariés) de la Charte de la diversité en entreprise (1er mars 2011), cette disparition n’a pas induit une augmentation du nombre de candidats issus de la diversité reçus. Mais le niveau d’exigence a baissé… Devant le Tribunal de Grande instance de Paris (7-8 février 2007), Me Richard Malka avait ironisé devant les organisations musulmanes – UOIF (Union des organisations islamiques de France), Grande mosqué de Paris – qui à la fois poursuivaient Charlie Hebdo pour la publication de caricatures de Mahomet tout en réclamant que l’islam soit traité comme les autres religions en France : il avait exhibé les Unes choquantes que cet hebdomadaire avait publié sur des Papes, le catholicisme, des Juifs religieux, etc. Sous-entendu : « Acceptez un égal traitement par les dessinateurs de presse ! »
« La communauté israélite [a une] vision fantasmée des quartiers, comme foyers extrêmement puissants d’antisémitisme » selon Yazid Sebag. Cependant, la description de l’antisémitisme de jeunes de ces quartiers par Audrey Pulvar démontre que cette vision est fondée. Ce que corroborent de nombreux livres (Les territoires perdus de la république), études (rapport Obin en 2004), l’enlèvement, la séquestration, les tortures et l’assassinat d’Ilan Halimi par le gang des Barbares dans le silence d’une centaine de personnes au courant du rapt et de cette séquestration à Bagneux, etc.
J’ai interrogé le Premier ministre et le Président de la République, qui avait nommé Yazid Sabeg, sur ces déclarations peu conformes aux leurs et je publierai leurs réponses dès réception.
Il est étrange que le professeur Samy Cohen ait soutenu des initiatives écartant l’option militaire contre le mouvement terroriste Hamas ou les sites nucléaires iraniens, alors que l’Iran vise à « gommer Israël de la carte » par l’arme atomique. Face à ces graves menaces existentielles, le dialogue révèle vite ses limites. Et, pour dialoguer, il faut d’abord être vivant.
Curieusement, ce chercheur n’a pas parlé de l’affaire al-Dura qu’il avait expédiée en deux paragraphes vagues (pp.139-140) dans son livre Tsahal à l’épreuve du terrorisme (Seuil, 2009). Une affaire dont il ne semble pas avoir saisi toute la portée.
L’attitude de deux journalistes, Charles Enderlin et d’Audrey Pulvar, éludant les questions d’une collègue intrigue.
Pour tenter de prouver l’absence de mise en scène du reportage controversé (2000), Charles Enderlin a renvoyé à son livre et a évoqué les services israéliens de renseignement. Puisque Talal Abu Rahma jouit de la liberté de circulation, pourquoi ne vient-il pas s’expliquer devant la justice parisienne ? Pourquoi s’est-il parjuré et a-t-il contredit le correspondant de France 2 en niant le caractère intentionel des prétendus tirs israéliens ? Les services de renseignement obéissent au pouvoir politique. Sauf par intermittences, les dirigeants israéliens entretiennent la fiction d’un « partenaire palestinien pour la paix ». Ce qui explique leur longue inaction car ils rechignent à reconnaitre que ledit partenaire a fabriqué le blood libel (Nda : accusation fausse et diffamatoire de meurtre rituel d’un enfant non-Juif par des Juifs) de l’Intifada II lancée par l’Autoritépalestinienne en 2000.Une icône médiatique antisémite marquante : dans un débat télévisé du 24 mars 2012, alors que Me Gilles-William Goldnadel évoque le terrorisme islamiste en Israël, Rost, artiste-producteur hip-hop togolais ayant grandi à Belleville (Paris), fait allusion spontanément à « l’enfant palestinien qui se fait buter dans les bras de son père devant les caméras ».
De plus, Charles Enderlin a omis d’évoquer la position du service de presse du gouvernement israélien (Government Press Office, GPO) qui délivre les cartes de presse et dépend du Premier ministre israélien. C’est lui qui a profondément délité la crédibilité de Talal Abu Rahma en ne renouvelant pas sa carte de presse depuis fin 2001 [6] et par ses critiques argumentées dudit reportage [7].
Les réponses de l’Etat d’Israël – lettre de Tsahal à Charles Enderlin (10 septembre 2007), déclarations du GPO, soutien du gouvernement de Benjamin Netanyahu au Dr Yehuda David (15 févreier 2012), etc. – n’ont pas suffi pour contraindre France 2 à établir les faits de cet incident. Peut-être par crainte de s’aliéner une chaîne importante et de susciter des réactions corporatistes, les dirigeants israéliens ont refusé toute action ferme. Après consultation du conseiller juridique du gouvernement Menachem Mazuz, Daniel Seaman n’avait pas accédé en 2007 à la demande du cabinet d’avocats Shurat HaDin : il n’avait pas retiré son accréditation à l’équipe de France 2. Une voie à explorer de nouveau, après le diffusion du numéro d’Un œil sur la planète, le refus de facto de France 2 de réunion de la commission d’experts indépendants, etc. ? Force est de constater que l’Etat d’Israël n’a toujours pas adopté les mesures nécessaires pour gagner la bataille de l’information, notamment dans l’emblématique affaire al-Dura.
Quant à Samuel Sandler, il est possible qu’il prenne conscience de l’importance de ce reportage controversé, comme l’a fait le professeur Judea Pearl, père du journaliste américain Juif, Daniel Pearl, égorgé par des islamistes en 2002 au Pakistan. Des islamistes qui avaient incrusté dans une vidéo du jeune Daniel Pearl la scène al-Dura en fond. Judea Pearl avait écrit : « Les médias ne peuvent être entièrement exonérés de leur responsabilité dans la mort de Daniel, ni de celle qu’ils ont dans le « tsunami de haine » qui a déferlé sur le monde et qui continue d’augmenter » (Wall Street Journal, 30 janvier 2008). Le 16 mai 2011, Philippe Karsenty a remis au Président Sarkozy unmessage de Judea Pearl : « Pas un seul jour ne passe sans que j’entende la voix de mon fils, Danny, m’interroger : « Le Président Sarkozy dénoncera-t-il ce blood libel qui m’a ôté la vie ? Ecoutera-t-il l’appel de l’Histoire et rejoindra-t-il les rangs d’Emile Zola, ou laissera-t-il l’affaire al-Dura ternir éternellement les médias français ? »
Audrey Pulvar a tressé des compliments à Charles Enderlin, alors que celui-ci est critiqué par des journalistes de nombreux pays – Caroline Glick, Esther Schapira, Stéphane Juffa, Luc Rosenzweig, Jean-Paul Ney, James Fallows -, dans des festivals journalistiques (Pérouse, 2009), etc. Des historiens – Pierre-André Taguieff, Elie Barnavi, Richard Landes – et éditorialistes – Ivan Rioufol – ont stigmatisé le corporatisme autour de Charles Enderlin.
Cette célèbre journaliste a aussi déploré, sans expliciter, un « procès en sorcellerie indigne », et alors que les incohérences et invraisemblances émaillent le reportage incriminé et les déclarations de Charles Enderlin et de Talal Abu Rahma.
Cette ancienne présentatrice du journal télévisé de France 3 n’a pas non plus justifié son registre lexical sur ce conflit.
Poussée dans ses retranchements, elle a listé ses actes personnels en lien avec Ilan Halimi. So what (Et alors, Ndt) ?
Puis elle a indiqué avoir été peut-être « la seule journaliste » ayant interviewé l’ambassadeur d’Israël lors de « l’attaque de la fameuse flottille de la paix ». Il s’agissait de l’arraisonnement légal d’une flottille – organisée par le mouvement IHH – dont au moins un navire, le Mavi Marmara, avait embarqué des terroristes islamistes, et tentant de forcer un blocus naval légal visant la bande de Gaza. Cette peut-être unique interview relèverait donc d’un « beau geste journalistique », de l’exploit ou de l’exception qui confirme la règle ?! En tout cas, elle révèlerait a contrario les discriminations infligées au diplomate de l’Etat Juif, dont le pays faisait alors la Une des médias. Sans aucune sanction du CSA, etc. Est-ce ainsi que fonctionne le service public astreint aux principes d’égalité et de neutralité ?!
Curieusement, Audrey Pulvar a oublié de citer son « billet » sur France Inter, le 21 mars 2012, intitulé Janus, ni remords ni regrets et centré sur Mohamed Merah, sans mentionner le terrorisme islamiste. Ce qui crée un malaise profond. Extraits : « Qui es-tu Mohamed Merah ?… Ado perdu, perturbé, en mal de repères, qui se cherche… On lit aussi tes crises de violence, ta passion pour les sabres. Tu pouvais rester, révèle l’enquête, des heures enfermées chez toi à regarder des scènes de décapitation. D’ailleurs c’était une de tes sales manies, depuis ton retour d’Afghanistan. Faire monter des jeunes garçons dans ta voiture et les emmener chez toi pour leur infliger, pendant des heures, le visionnage d’horribles scènes de guerre, de femmes molestées, d’hommes décapités… La vérité est que tu dégoûtes ceux que tu prétends défendre et représenter. Que tu as tué des fils ou petits-fils d’immigrés, comme toi. Que tu insultes la mémoire de ces enfants palestiniens dont tu te réclames, en ajoutant à leur mort tragique celle, tout aussi révoltante de Myriam, Arieh et Gabriel ».
Y a-t-il une place, dans le service public, radiophonique ou télévisuel, pour des journalistes qui refuseraient cette terminologie journalistique inexacte et diffamant l’Etat d’Israël ? Un registre lexical partial qui exige du temps et dix, vingt fois plus de mots, pour rétablir la vérité (cf. infra).
Et on s’étonne de la méfiance et désaffection des Français à l’égard des médias ?
Ces journalistes et chercheur ne paraissent pas se rendre compte de la révolution Internet qui permet à tout Internaute d’avoir accès à une information différente du « politiquement correct » et argumentée, et de la diffuser. Ce qui mine l’audience des MSM (Main Stream Media), ces médias majeurs.
A la décharge des orateurs de cette conférence, notons que des médias Juifs, recourent à cette terminologie biaisée, erronée, partiale et partisane [8], reprise de la propagande palestinienne active dans cette « bataille sémantique », cette « bataille des mots » (Kristell Bernaud). Ce qui révèlent la vulnérabilité de Juifs français et la victoire problématique du narratif léthal palestinien même parmi certains milieux Juifs.
Car une guerre se gagne militairement et moralement : les Britanniques ont résisté à la bataille d’Angleterre (Battle of Britain), les Israéliens ont vaincu l’Intifada II pas seulement grâce à la barrière de sécurité et à leurs services de renseignements.
Enfin, des médias français – presse, radio, télévision -, publics ou privés, confortent, par leur terminologie et leurs images, le narratif biaisé de chaines arabes satellitaires.
Pour Yann Moix qui s’étonne que des victimes françaises soient enterrées hors de France, la religion semble s’opposer à tort à la nationalité. Il convient de distinguer l’enterrement au Maroc d’un soldat franco-marocain – dont l’explication n’a pas été fournie -, et celui à Jérusalem de jeunes Franco-israéliens Juifs pieux motivé par des raisons spirituelles, eschatologiques.
Quant au CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), il a a sélectionné le 27 mars 2012 six nouvelles chaines en haute définition pour la TNT (Télévision numérique terrestre). Parmi ces six chaines : TVous La Diversité (Société Diversité TV France). Or, cette diversité est déjà largement représentée dans toutes les chaines, dont France Ô, déjà présentes sur la TNT.
Le CSA a donc recalé Guysen TV, ce qui écarte toute diffusion de vérités sur le conflit entre le monde musulman et l’Etat Juif, d’un autre registre lexical conforme à l’histoire et au droit international et qui vienne contrecarrer le « palestiniennement correct ». Ajoutons que, le CSA, organe public contrôlant le respect de la déontologie des journalistes, n’a jamais sanctionné France 2 sur l’affaire al-Dura, ni sur les deux émissions désinformant sur le terroriste Salah Hamouri, ni sur le numéro d’Un Œil sur la planète sur l’Etat palestinien, etc.
Deux Français Juifs dévoués et désintéressés, Guy Senbel et Dominique Fitoussi, ont créé ex-nihilo et financé avec leur argent, sans aucune aide communautaire ou des gouvernements israéliens, et sans aucun gain financier, le groupe médiatique Guysen, dont Guysen TV. Celle-ci s’est rapidement imposée dans le paysage audiovisuel francophone, sur Internet et sur le câble, en présentant d’autres images de l’Etat d’Israël, en faisant entendre d’autres voix sur le conflit au Proche-Orient. Sur la TNT, Guysen TV aurait touché un public élargi.
Ce refus par le CSA de Guysen TV marque un échec cuisant, en terme de communication, vecteur stratégique, pour les Juifs français, pour la communauté juive institutionnalisée – des organisations juives ont aidé d’autres médias ou le problématique projet Aladin -, l’Etat d’Israël et les organisations Juives américaines, œuvrant ou non en France.
Ce refus accélère le déclin de la position des Juifs en France et nuit à une information plus équilibrée sur l’Etat d’Israël et sur ce conflit. D’autant que la presse Juive, hormis Actualité juive hebdo, se réduit en peau de chagrin. Un paradoxe pour le première communauté Juive européenne !
Le 29 mars 2012, Rue89.com a publié l’article Tuerie de Toulouse : à Sciences Po, le débat dérape sur l’affaire al-Dura de Nolwenn Le Blevennec.
Celle-ci omet plusieurs faits importants – propos de Yazid Sabeg -, et aligne des erreurs. Certes, ce sujet « divise, depuis plus de dix ans, des juifs français » – l’inaction de l’UEJF (Union des étudiants Juifs de France) en témoigne depuis 2000 -, mais il oppose aussi les journalistes qui soutiennent Charles Enderlin à ceux qui le critiquent vertement. Et cette affaire intéresse le monde entier à en juger notamment par les journalistes européens, asiatiques, américains, etc. accourus à la conférence de presse du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), le 2 juillet 2008.
On peut regretter que Nolwenn Le Blevennec n’ait pas listé les invraisemblances et incohérences qui confortent les partisans de la « mise en scène » dans les images al-Dura. Curieusement, si elle accorde une large place à Charles Enderlin, elle omet de citer mes arguments, notamment sur lla terminologie et le non renouvellement de la carte de presse de Talal Abu Rahma.
Emettant « les plus sérieuses réserves quant à » ce compte-rendu, une Internaute ayant assisté à la conférence a commenté en décrivant « un échange sans concession mais sans dérapage non plus dans lequel Enderlin s’est retrouvé aux abois et a préféré couper court au dialogue » et a espéré que la vidéo de la conférence sera mise en ligne. Ofer Bronchtein répondait qu’une conférence similaire est prévue le 19 avril 2012 à Aubervilliers. Alors que de nombreuses caméras ont filmé toute la conférence, aucune vidéo n’est postée sur Internet. Pourquoi ?
Le 7 avril 2012, sur son blog, Charles Enderlin a publié son article Lettre à P.Karsenty sur cette conférence.
Il semble peu élégant, voire un peu dédaigneux, de désigner ceux qui l’ont interpelé sur l’affaire al-Dura sous les peu aimables vocables « vos gens » et « l’autre » car je m’étais présentée. C’est aussi nier nos autonomies d’agir et de penser.
On peut regretter que Charles Enderlin n’y ait pas répondu à ma question sur l’incohérence entre d’une part son allégation – les tirs provenaient du côté israélien – et d’autre part celles de Talal Abu Rahma et d’Arlette Chabot.
Et pourquoi associer ma demande de neutralité et de précision terminologiques à la « droite israélienne » – ce qui n’est pas péjoratif -, et non répondre sur mes terrains : le droit international et la rigueur journalistique ?! Quel aveu, ce refus de donner son « nom biblique à la Cisjordanie » !
Charles Enderlin conclut en apostrophant Philippe Karsenty : « Vous publiez une très grosse inexactitude en affirmant que CNN avait refusé de diffuser les images de la mort de Mohammed Al Dura.. Selon Mike Hana qui était, à l’époque, le chef de bureau de CNN à Jérusalem, c’est tout simplement faux ! La chaine américaine les a bien diffusées. Vous pouvez le vérifier auprès de Hana ».
Précision. Le 30 septembre 2000, Mike Hanna, correspondant de CNN World View en Israël, a refusé les images de Talal Abu Rahma sur les « al-Dura » car il réclamait des vérifications pour être sûr de leur authenticité. Talal Abu Rahma les a alors proposées à France 2 qui les a diffusées dans son JT de 20 h du 30 septembre 2000 et les a communiquées aux autres médias du monde entier. Ce n’est qu’après leur diffusion médiatique internationale, devant l’impact mondial de ces images, que CNN les a montrées le 1er octobre 2000.
Charles Enderlin, « vous pouvez le vérifier auprès de Hana ».
QUELQUES Allégations/precisions
« Aussi bien les Nations unies, euh les Etats-Unis, l’Amérique que l’Europe considèrent que ce sont des territoires occupés ». (Charles Enderlin)
Composée de pays arabes alliés à des Etats du bloc des non-alignés, la majorité automatique anti-israélienne sévit à l’ONU, notamment à son Assemblée générale. Cette Assemblée générale parle de « territoires palestiniens occupés ». Elle vote un nombre disproportionné de résolutions contre l’Etat d’Israël.
Après l’adoption (22 mars 2012) par le Conseil onusien des droits de l’homme (CDH) d’une résolution initiée par l’Organisation de la conférence islamique (OCI) et exigeant une « première mission d’enquête internationale indépendante sur les conséquences des colonies israéliennes sur le « territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est », l’Etat d’Israël a rompu toute relation avec ce CDH. Benjamin Netanyahu a dénoncé ce “Conseil hypocrite et détaché de la réalité” qui “a rendu à ce jour 91 décisions, dont 39 traitaient d’Israël, trois de la Syrie et une de l’Iran » et qui « a invité un délégué du Hamas, dont l’idéologie est fondée sur le meurtre d’innocents ».
Quant aux Etats-Unis, la Maison Blanche, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, la Chambre des représentants et le Sénat utilisent le terme [Israeli] « settlements » (implantations, installations).
Comme la Ligue arabe et l’OCI, l’Union européenne (UE) évoque des « territoires occupés ». Curieusement, l’UE recourt aux deux noms, britannique et argentin, des iles Falkland/iles Malouines (Malvina) dont l’appartenance à la Grande-Bretagne est contestée par l’Argentine.
« Colonies » (Charles Enderlin)
Conformément au traité de San Remo (1920), les constructions israéliennes en Judée et en Samarie sont légales.
Le terme « colonisation » est inadéquat aussi faute de « métropole » et d’empire.
L’Etat d’Israël utilise le mot התישבות en hébreu (implantations, localités).
Les Américains évoquent des « Jewish » (Juifs) or « Israeli » (israéliens) « settlements » (implantations).
Les termes adéquats seraient « implantation », « avant-poste » ou « localités ».
« Conflit israélo-palestinien » (Charles Enderlin, Yann Moix, Samy Cohen, Yazid Sabeg)
Le conflit provient du refus du monde arabe, et même musulman, d’un Etat Juif.
L’Autorité palestinienne qualifie ce conflit de religieux et stigmatise l’Etat d’Israël comme « ennemi » existant sur une terre islamique ».
La propagande arabe a réussi à modifier la carte du conflit israélo-arabe – Israël, Etat minuscule du Moyen-Orient – en le présentant comme un conflit israélo-palestinien où les underdogs (faibles, victimes) seraient les Arabes palestiniens dominés par le puissant Etat d’Israël. Un changement d’échelle qui attire la sympathie des dirigeants et des opinions publiques vers ces derniers.
L’expert en géopolitique et islamologue Daniel Pipes a cité une étude de Joseph A. Vandello, Nadav P. Goldschmied et David A.R Richards « L’attrait pour la victime » (The Appeal of the Underdog), dans le Bulletin de la Personnalité et de la Psychologie sociale(2007). Les auteurs ont analysé les avantages à être perçus comme opprimés en fonction de la taille d’Israël, Etat encerclé de pays menaçants au Moyen-Orient, ou dominant des territoires disputés. « La petite taille s’avère être le facteur clef pour être perçu comme le plus faible. Les participants furent interrogés sur la question : quel côté, selon eux, était la victime dans le conflit ? Quand Israël était représenté en grand sur la carte, 70% ont vu les Palestiniens comme les opprimés. En revanche quand Israël était représenté en petit sur la carte, 62,1% ont vu Israël comme l’opprimé. Etre perçu comme opprimé confère effectivement des avantages pour gagner la sympathie politique ».Les « participants furent aussi interrogés pour savoir quel groupe ils se sentaient enclins à soutenir. Quand Israël était représenté en grand sur la carte, 53, 3% étaient plus portés à soutenir les Palestiniens. A l’inverse, quand Israël était représenté en petit sur la carte, 76, 7% se sentaient plus enclins à soutenir Israël. Cela fait 23 pour cent de différence, ce qui est énorme. Une petite taille, ont-ils découvert, a également un impact significatif sur l’intensité du soutien. On demanda aux participants d’évaluer le degré de sympathie qu’ils ressentaient envers chaque camp du conflit, sur une échelle allant de 1 (aucune sympathie) à 5 (beaucoup de sympathie). Quand Israël était représenté en grand sur la carte, les participants exprimaient légèrement plus de sympathie envers les Palestiniens (3, 77 contre 3, 73) mais quand Israël était présenté comme petit sur la carte les participants exprimaient plus de sympathie envers les Israéliens (4 contre 3, 30) » (Daniel Pipes).
« Des territoires occupés ». (Charles Enderlin)
Les Romains rasent Jérusalem après la révolte du patriote juif Bar Kokhba vaincu par l’empereur romain Hadrien en 135. Les Romains veulent détruire en Judée tout souvenir d’histoire juive, y compris les noms de Judée et de Jérusalem. Ils nomment Jérusalem Ælia Capitolina, et, pour désigner ce territoire, ils forgent le terme « Palestine » à partir du mot Philistins, anciens ennemis des Hébreux et disparus (préhistoire). La Judée disparaît dans la région de « Syria Palæstina » (Syrie Palestine). L’accès à Jérusalem est « interdit aux Juifs, et aux chrétiens d’origine juive ».
Au fil des siècles, divers conquérants se sont emparés de ces terres bibliques marquées par la présence multimillénaire Juive.
Jusqu’à la Première Guerre mondiale (1914-1918), la Judée et la Samarie faisaient partie de l’empire ottoman établi en 1299.
En 1917, la déclaration de Lord Arthur Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères (Foreign Office) du Royaume-Uni, écrit à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937) vice-président du Board of Jewish Deputies : « Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un Foyer national pour le peuple Juif, et il emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui porte atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives de Palestine ainsi qu’aux droits et aux statuts politiques dont les Juifs jouissent dans les autres pays ».
Cette déclaration Balfour a été approuvée par plusieurs gouvernements Alliés, et réaffirmée lors de la Conférence internationale des principales puissances alliées – Grande-Bretagne, France, Japon et Italie, et les Etats-Unis comme observateurs – à San Remo (avril 1920) ainsi que par des résolutions du Congrès américain.

En 1920, le traité de San Remo a inclus la Judée et la Samarie, ainsi que le Golan, dans le futur Etat Juif et dans le mandat à confier au Royaume-Uni afin de mettre en vigueur la Déclaration Balfour.

Ces terres bibliques faisaient partie de la Palestine confiée au Royaume-Uni par un mandat de la SDN (Société des Nations) du 24 juillet 1922. La SDN a alors entériné la Déclaration Balfour et a reconnu les droits du peuple Juif en Eretz Israël : « Reconnaissance a été rendue au lien historique entre le peuple Juif et la Palestine et aux raisons pour reconstituer son foyer national dans ce pays ».
Le Royaume-Uni a séparé environ 80% de ce territoire pour fonder la Transjordanie (devenue la Jordanie). Mais, il a gardé la Judée et la Samarie, ainsi que la bande de Gaza, dans le périmètre de la Palestine mandataire. La SDN a entériné cette découpe.
En 1923, le Royaume-Uni a confié le Golan à la France dans le cadre de son mandat sur la Syrie. Sans demander l’autorisation à l’Organisation sioniste mondiale.
A l’issue de la Deuxième Guerre mondiale, l’ONU a succédé à la défaillante SDN.
En 1945, la Charte des Nations unies prévoit dans son article 80 : « Aucunedisposition du présent Chapitre ne sera interprétée comme modifiant directement ou indirectement en aucune manière les droits quelconques d’aucun Etat ou d’aucun peuple ou les dispositions d’actes internationaux en vigueur auxquels des Membres de l’Organisation peuvent être parties ». Donc, les droits du peuple juif sont préservés et non affectés par la resolution non contraignante de l’Assemblée générale des Nations unies du 29 novembre 1947 (Plan de partage).
Ce plan de partage des Nations unies divise la Palestine mandataire en un Etat Juif, en un Etat Arabe et en une zone internationale (corpus separatum) incluant Jérusalem.
Il est accepté par une majorité d’Etats membres de l’Assemblée générale des Nations unies. Il est refusé par les pays Arabes et les Arabes de la Palestine mandataire.
Lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat d’Israël, la Jordanie a conquis la Judée et la Samarie en 1948, et l’Egypte la bande de Gaza.
Les accords d’armistice signés par l’Etat d’Israël et quatre Etats arabes ont porté sur des lignes de cessez-le-feu (« ligne verte »), et non sur des frontières.
Le 24 janvier 1949, le royaume jordanien annexe ces territoires qu’elle rebaptise « West Bank » (rive occidentale), sous-entendu du Jourdain. Progressivement, cette expression est traduite en français par Cisjordanie – pourquoi pas Cisisraël ? En effet, ces terres sont contigües aux deux pays.
Hormis la Grande-Bretagne et le Pakistan, la communauté internationale, dont les pays Arabes, n’a pas reconnu cette annexion illégale et sans fondement légitime.
Lors de la guerre des Six-jours (juin 1967), conflit d’auto-défense, l’Etat d’Israël prend le contrôle de la Judée et de la Samarie.
Celles-ci ne sont donc pas des « territoires occupés », car il n’y avait aucune souveraineté légalement reconnue sur ces territoire. Il n’y a jamais eu d’Etat palestinien, ni en Judée et Samarie, ni ailleurs.
La Judée et la Samarie ne sont pas des « territoires palestiniens occupés » – expression de la propagande palestinienne pour gommer leur judéité, obtenir l’application de la 4e convention de Genève (1949) et justifier le terrorisme des Arabes palestiniens – car aucune organisation internationale n’a juridiquement le pouvoir pour les qualifier ainsi.
En droit international, l’expression exacte s’avère donc « territoires disputés » (disputed territories) ou « territoires contestés ». Exemples de « territoires disputés » : Sahara occidental, île Abu Musa, Cachemire, etc.
Le sort de ces « territoires disputés » au Proche-Orient sera décidé par des négociations. Les droits de l’Etat d’Israël sur eux émanent du droit international et perdurent.
Que recouvrent les « territoires occupés » ? Les territoires conquis par Tsahal en 1967 ? Non : l’OLP (Organisation de libération de la Palestine a été créée en 1964, donc avant que l’Etat d’Israël ne conquiert la Judée et la Samarie. Les « territoires occupés » englobent donc tout l’Etat d’Israël. Ce qu’affirme l’Autorité palestinienne.
Qui qualifierait de « colonies » les « confettis de l’empire » français, dans l’Atlantique (Guadeloupe et dépendances – petit archipel des Saintes, île de Marie-Galante, île de la Désirade -, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Martinique, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon), dans l’Océan Indien (la Réunion, Mayotte, îles Éparses), dans l’Océan Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Wallis-et-Futuna, île Clipperton) et les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Des DOM-COM ou DROM-COM (Départements et régions d’outre-mer-Collectivités d’outre-mer) où des « revendications indépendantistes » surgissent « périodiquement ». De plus, divers Etats tiers revendiquent les îles Éparses. Utilisée par la météorologie, Tromelin est revendiquée par la République de Maurice. Quant aux autres – situées dans le canal du Mozambique, soit l’île Europa, Bassas da India, les îles Glorieuses et l’île Juan de Nova -, elles sont revendiquées par Madagascar.
Notons que toute « occupation » de territoires n’est pas illégale au regard du droit international.
Enterrements des victimes françaises hors de France (Yann Moix)
Les quatre victimes Juives étaient croyantes, pratiquantes, et issues de familles pieuses persuadées qu’être enterré en Eretz Israël (terre d’Israël) est bénéfique pour l’âme (neshama, נשמה en hébreu) des défunts et ce, dans une vision messianique.
De plus, les Français Juifs affrontent des problèmes spécifiques : réticences d’autorités politiques, notamment à Paris, à l’égard des « carrés confessionnels » dans les cimetières publics, craintes d’être déterré faute de survivants pour reconduire une concession, etc.
« Il y a dans le Talmud, la mère de Jésus est considérée comme une prostituée. Il y a dans la Bible chez Ezéchiel, chez Saint-Paul, chez Jérémie des choses absolument atroces contre les Juifs ». (Yann Moix)
Les religions « véhiculèrent souvent, l’intolérance, le fanatisme, la violence et des tendances humaines criminogènes et pathologiques. Ces aspects cependant ne doivent pas dissimuler les principes universels enseignés par la Bible : l’égalité des êtres humains (Lévitique), la sacralité et l’intangibilité de la vie (les Dix Commandements), la liberté de l’homme (Exode), le libre-arbitre et ses corollaires : le choix, la responsabilité et le repentir- la liberté de pensée et la contestation sociale, l’amour du prochain et l’aide aux démunis (Lévitique), les bénédictions sur l’humanité (Isaïe), l’acceptation des différences religieuses (lois noachides), la justice non conditionnée par un monopole exclusif idéologique et représentée universellement dans les diverses nations par leurs Justes, la séparation de la religion et de la politique, l’indépendance de la justice, le compagnonnage et l’association de Dieu et de l’homme dans l’œuvre de perfectionnement de l’humanité, le repos hebdomadaire, etc. L’ancrage du christianisme dans la Bible et l’histoire d’Israël a rendu ces principes universels » (Bat Ye’or, Riposte laïque, 2 avril 2012).
« Il n’y a pas d’autres moyens que les moyens de défense, de solidarité, de mobilisation forte comme celles qui ont eu lieu il y a quelques jours de toutes les communautés, descendre dans la rue pour protester contre le terrorisme de l’ETA, et cela a porté ses fruits » (Samy Cohen)
L’Euskadi Ta Askatasuna (E.T.A., « Pays basque et liberté » en basque) n’a jamais revendiqué Madrid comme capitale du Pays basque indépendant (Euskal Herria) auquel cette organisation terroriste aspire.
Le Président de l’AP a « officiellement exprimé ses regrets au Président de la République française : ils en « ont marre qu’au nom de la cause palestinienne, des actes de terrorisme, de gangstérisme, de barbarie soient commis. La position de l’Autorité palestinienne est claire et nette » (Ofer Bronchtein)
Mahmoud Abbas (Abou Mazen) n’a plus de mandat de président de l’Autorité palestinienne depuis 2009. Aucune élection n’a eu lieu depuis cette date.
Le 19 mars 2012, Mahmoud Abbas a « insisté sur son opposition à la violence contre des civils ».
Il refuse d’accepter l’Etat Juif dont il prône la destruction. Il veut un Etat palestinien sans Juif. Ce qu’est déjà la bande de Gaza dirigée par le mouvement terroriste Hamas.
« On commence par nous seriner depuis huit jours que Mohamed Merah est un Français d’origine algérienne. Mohamed Merah est né en France. Il est français. » (Audrey Pulvar)
Conformément au droit algérien, Mohamed Benalel Merah a transmis la nationalité algérienne à ses enfants, dont le terroriste islamiste Mohamed Merah.
Mohamed Benalel Merah a déclaré le 26 mars 2012 : « Mohamed (Merah) a un passeport algérien et est inscrit au consulat de Toulouse depuis sa naissanceLors de son dernier séjour en Algérie en 2010, il (Mohamed Merah) avait un passeport algérien comme mes cinq enfants qui ont la double nationalité (algérienne et française)».
Le droit du sol ne fabrique pas toujours des Français pacifiques aimant la France.
« Palestiniens » (Charles Enderlin, Audrey Pulvar)
La « Palestine » comme Etat indépendant n’a jamais existé ni au Proche-Orient ni ailleurs.
La plupart des Arabes palestiniens descendent d’immigrés musulmans arrivés dans cette partie de l’Empire ottoman (1845-1947) en provenance du Soudan, d’Egypte, du Liban, de Syrie, ainsi que d’Iraq, d’Arabie saoudite, du Bahrein, du Yémen, de Libye, d’Algérie, du Maroc, de Bosnie, du Caucase, du Turkmenistan, du Kurdistan, d’Inde, d’Afghanistan et du Balouchistan. Légalement ou illégalement, ils ont migré pour des raisons économiques – construire des infrastructures ferroviaires ou portuaires -, et attirés par l’essor induit par l’immigration Juive.
Aucun visiteur en Terre sainte – Chateaubriand, Mark Twain, etc. – n’a évoqué de « Palestiniens ».
En 1920, sous l’impulsion d’Aminal-Husseini, des Arabes palestiniens ont manifesté pour être rattachés à… la Syrie.
Lors de la Palestine mandataire, le terme « Palestinien » désignait généralement les habitants Juifs.
Selon les calculs d’Efraim Karsh, lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat d’Israël, 583 000-609 000 Arabes palestiniens ont fui leurs foyers, généralement de plein gré et en raison des actions menées par les dirigeantsarabes.
L’expression la plus appropriée actuellement serait Arabes palestiniens, et comme l’a déclaré à plusieurs reprises le roi Hussein de Jordanie, la Jordanie est la Palestine. En effet, environ les trois quarts des habitants de ce royaume sont des Arabes palestiniens.
Pour prouver l’ancienneté des Arabes palestiniens en Eretz Israël, certains ont enfoncé en 2010 des dizaines, voire des centaines de fausses pierres tombales dans des cimetières, notamment à Jérusalem (cimetière Mamilla), sans aucun mort au-dessous. Le but : fonder des revendications de terres du domaine public à placer sous autorité musulmane (Waqf), islamiser la capitale d’Israël. Un projet financé parfois par de riches musulmans du Golfe.
« Passeport palestinien » (Ofer Bronchtein)
Cet « Etat Palestinien » ayant accordé ce passeport inclut-il l’Etat Juif dans son périmètre ?
C’est ainsi que l’Autorité palestinien, et Mahmoud Abbas (Abu Mazen) montre la Palestine, notamment quand il honore une terroriste.
Le terrorisme, c’est « un acte individuel pour terroriser une population civile ». (Charles Enderlin)
L’Autorité palestinien et les mouvements terroristes – Hamas, Brigades des martyrs al-Aqsa, etc. – endoctrinent les Arabes palestiniens dès leur plus jeune âge à la haine des Juifs et des Croisés ainsi qu’au terrorisme, forment au terrorisme, entrainent des enfants-soldats… Et ce afin d’organiser des attentats contre les Israéliens, civils et militaires.
« Un million et demi de Palestiniens enfermés à Gaza, ce qui n’est pas normal, et 2,5 millions de Palestiniens en Cisjordanie vivent encore sous l’occupation, ce qui n’est pas normal » (Ofer Bronchtein).
Justin McCarthy, historien specialisé dans la démographie à l’Université de Louisville, « remarque que le recensement par Israël en 1967 de la population de la bande de Gaza était le premier en plus de 35 ans. Auparavant, les procédures n’étaient pas rigoureuses », écrit Yakov Faitelson, auteur de Demographic Trends in the Land of Israel, 1800-2007 (Israeli Institute for Zionist Strategies (IZS), 2008). Au mieux, Mc Carthy relève que le décompte des Arabes palestiniens avant 1967 était une « estimation », bien que les recensements menés par les Israéliens étaient scientifique et objectifs.
En 2006, dans leur étude publiée par BESA The Million Person Gap: A Critical Look at Palestinian Demography, Bennett Zimmerman, Roberta Seid and Michael L. Wise avaient révélé que le nombre d’Arabes vivant en Judée, Samarie et dans la bande de Gaza avait été augmenté par les Arabes et que les statistiques et prévisions du Bureau central palestinien de statistiques (PCBS) n’étaient pas fiables.
Ils prouvaient que la population arabe de Judée, Samarie et de la bande de Gaza s’élevait à 2,5 millions et non à 3,8 millions comme l’alléguaient les Arabes. En effet, l’étude de 1997 du PCBS avait augmenté le nombre en y incluant 300 000 Arabes vivant à l’étranger et en comptant deux fois 200 000 Arabes de Jérusalem déjà inclus dans le recensement de la population d’Israël.
Des documents postérieurs du PCBS ont inclus des prévisions de natalité qui ne se sont pas réalisées, d’immigration de masse arabe qui ne sont jamais survenus et ont écarté l’émigration significative arabe hors des territoires et en direction d’Israël et des pays arabes avoisinant. Par conséquent, le rapport du PCBS pour 2004 a augmenté la taille de la population arabe en Judée, Samarie et dans la bande de Gaza de plus de 50%.
Selon des données publiées en décembre 2011 par le PCBS, 2,6 millions d’Arabes vivent en Judée et Samarie, et 1,6 million d’Arabes dans la bande de Gaza, soit un total de 4,2 millions d’Arabes.
Selon Yoram Ettinger, en 2011, 1,3 million d’Arabes résidaient en Judée et en Samarie et 1,3 million d’Arabes vivaient dans la bande de Gaza, soit un total de 2,6 millions d’Arabes.
« Il y a un défi démographique, mais pas de bombe démographique et pas de couteau démographique contre la gorge de l’Etat Juif. Minoritaire en 1900 (8%) et 1947 (33%) à l’Ouest du fleuve Jourdain (bande de Gaza exclue), la population Juive y est devenue majoritaire (66%). La poursuite de ces tendances démographiques actuelles, renforcées par une aliyah puissante et des politiques démographiques, qui sont reportées depuis longtemps, pourrait faire passer cette majorité Juive de 66% à 80% d’ici à 1935 », écrit Yoram Ettinger le 28 décembre 2011 dans Israel Hayom.
Diffusée en partie par la propagande palestinienne, la « bombe démographique » sert à convaincre/contraindre l’opinion publique et les dirigeants israéliens de l’urgence à accepter de « douloureuses concessions » au détriment des intérêts de l’Etat d’Israël et au bénéfice de l’Autorité palestinienne.
[1] Ofer Bronchtein est aussi signataire de l’appel pour la raison de JCall (2010) exhortant à des pressions sur le seul Etat d’Israël et ancien conseiller duPremier ministre socialiste espagnol Zapatero pour les relations avec Israël.
[2] Vincent Tiberj et Sylvain Brouard, Français comme les autres ? Enquête sur les Français issusde l’immigration africaine et turque, Paris, Presses de Sciences Po, 2005.
[3] Ajoutons que déjà, à l’époque, la propagande palestinienne attribuait cette mort à une frappe aérienne israélienne et que, le mars 2012, l’ONU a lancé une enquête internationale surd’éventuelles sanctions à l’égard de Mme Badawi.
[4] Opus cité, p. 104.
[5] Opus cité, p.107
[6] Daniel Seaman, alors responsable du GPO, a déclaré à Guysen-Paris, le 3 mars 2008 : « ‘Quand nous avons pris conscience de l’implication de Talal Abu Rahma dans la mise en scène d’évènements dans la bande de Gaza, nous n’avons pas renouvelé sa carte de presse qui a expiré en 2001 ».[7] Daniel Seaman, alors responsable du GPO, fin septembre 2007, a affirmé à l’association israélienne d’avocats Shurat HaDin : « Les faits ne se sont pas produits comme Charles Enderlin les a décrits car la version de ce dernier contredit les lois de la physique. Il était impossible [aux soldats israéliens] de toucher [les al-Dura] qui se cachaient… Le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident… La création du mythe Mohamed al-Dura a causé un grand préjudice à l’Etat d’Israël et enflammé le monde arabe. [Cette] accusation contemporaine de meurtre rituel (blood libel) portée contre cet Etat a causé des dizaines de morts en Israël et dans le monde ». Daniel Seaman a estimé aussi que France 2 a « manqué de professionnalisme… Aucune vérification sur [la] crédibilité [des images de l’incident al-Dura] n’a été faite avant leur diffusion ».
[8] Dans le n° 1201 (8 mars 2012) d’Actualité juive, Eric Keslassy a écrit : « Force est de constater que le droit international n’est pas favorable à Israël. Jérusalem-Est est considéré comme un « territoire palestinien occupé » par l’ONU – s’appuyant notamment sur la résolution 242 qui réclame « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés « suite à la guerre des Six-jours ».
Or :
1. Les rédacteurs et promoteurs – professeur Eugene Rostow, alors sous-secrétaire des Etats-Unis pour les Affaires politiques, Lord Caradon, alors ambassadeur du Royaume-Uni auprès des Nations unies, George Brown, alors ministre britannique des Affaires étrangères, Arthur J. Goldberg, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations unies en 1967 – de cette résolution (22 novembre 1967) ont clairement indiqué que « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » signifiait le retrait« de territoires », et non « des » ou « de tous les territoires ». La version an anglais fait donc seule foi. Israel’s Right in the DisputedTerritories by Danny Ayalon, deputy foreign minister of Israel, 30 décembre 2009 ; http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703421204576329373006279638.html
2. Pour Arthur Goldberg, ambassadeur américain aux Nations Unies, la résolution 242 ne fait pas obstacle à la réunification israélienne de Jérusalem.
3. Composée de pays arabes alliés à des Etats du bloc des non-alignés, la majorité automatique anti-israélienne sévit à l’ONU, notamment à son Assemblée générale. http://www.mfa.gov.il/MFAFR/Facts%20About%20Israel/ISRAEL%20PARMI%20LES%20NATIONS-%20Les%20Nations%20unies
4. « Jérusalem-Est » est repris de la propagande palestinienne. « ‘Jérusalem-Est’ n’existe pas en tant qu’entité administrative. Ce terme regroupe l’ensemble des quartiers et espaces de Jérusalem situés à l’est de la « ligne verte », l’ancienne ligne de cessez-le-feu israélo-jordanienne en vigueur de 1949 à 1967. Rattachés à la Jérusalem israélienne (« Jérusalem-Ouest») en juin 1967, au lendemain de la guerre des Six Jours, ils se situent en fait au nord, à l’est et au sud de celle-ci. Leur superficie est de 64 kilomètres carrés, sur un total de 125 kilomètres carrés pour l’ensemble de la municipalité « unifiée » de Jérusalem ». Les Arabes de « Jérusalem-Est » préfèrent majoritairement vivre dans l’Etat d’Israël, http://www.veroniquechemla.info/2011/09/les-arabes-de-jerusalem-est-preferent.html
« Suite à » est un anglicisme, vraisemblablement traduit de « following to ». « A la suite de » est correct.
Le n°1202 (15 mars 2012) d’Actualité juive a publié une « Mise au point » de Meyer Dadi, vice-président de SIONA, et la réponse d’Eric Keslassy. Meyer David regrettait qu’Eric Keslassy soit « tombé involontairement dans le piège de al désinformation qui nous entoure ». Et de poursuivre : « La traduction est volontairement tendancieuse, alors que la version anglaise qui est celle qui a été votée et qui dit : « Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict » parle de « retrait de territoires »… Il est inapproprié de parler de droit international concernant Jérusalem puisque pour le droit international, toutes les frontières supposée ne sont que des lignes d’armistice, donc provisoires en attendant un règlement définitif. Par ailleurs, cette résolution parle de retrait des forces armées israéliennes et non de céder la souveraineté des territoires.
Eric Keslassy lui a répondu : « Le français est l’une des six langues officielles utilisées par l’ONU… C’est le texte de la résolution 58/292 adoptée par l’Assemblée générales des Nations unies le 14 mai 2004 qui fait état de Jérusalem-Est comme un « territoire palestinien occupé ».
Les cartes proviennent du site du ministère israélien des Affaires étrangères.
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Publié par Veronique Chemla le 4/09/2012 05:42:00 PM
avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (3/3)

Posté par

« Lorsqu’elle est devenue un pays libre et prétendument démocratique, la Hongrie m’a enfermé dans la case « judéité ». […] Cela m’a rendu incapable de développer le moindre sentiment de solidarité nationale. C’est triste, parce que cela corrobore le vieux préjugé qui veut que le « juif » ne s’intéresse pas au « Hongrois » ».

C’est ainsi que s’exprimait l’écrivain hongrois prix Nobel de littérature Imre Kertész, dans un récent entretien au « Monde ». En retour, l’écrivain suscite en Hongrie le mélange de fierté et de mépris réservé à ceux qui on quitté le pays, pour réussir qui plus est, et sans se montrer fier de ses racines hongroise, par-dessus le marché.

« Je me sens blessé par cette Constitution »

Ne pas se sentir partie intégrante de la société hongroise, ce n’est absolument pas le cas de Dávid Szél, un jeune psychologue. « Bien sûr que je me sens concerné par l’avenir de ce pays, c’est le mien !« . Ce doctorant en psychologie spécialiste des identités juives ne parle pas hébreu, ne prie pas, mais il se sent juif. Il se dit « blessé » par la nouvelle Constitution car elle occulte toute une partie de l’histoire, la période de l’occupation allemande. « C’est une façon de dire « l’Holocauste, c’est le problème des Juifs, pas des Hongrois, nous n’y sommes pour rien »« . Il insiste sur l’Holocauste comme élément fondamental constitutif de l’identité juive actuelle en Hongrie et pointe du doigt le manque d’engagement de l’Etat hongrois : « Tant que la Hongrie ne reconnaîtra pas sa responsabilité dans l’Holocauste, l’identité juive personnelle restera conflictuelle« . Dávid raconte aussi, non sans quelques pointes d’humour, comment l’inconscience de son grand-père l’a conduit jusqu’à Auschwitz d’où il est miraculeusement revenu, un gardien du camp avec qui il avait en quelque sorte sympathisé lui ayant fait éviter la « mauvaise file ».

« Je n’ai pas peur sur un plan personnel, mais quand Jobbik brûle le drapeau européen, alors oui, j’ai peur, en tant que Hongrois et que père de famille, car je ne veux pas vivre dans un pays où il y aurait moins de culture, d’universités, de richesse, de bonheur. Si Jobbik gagnait les élections, je quitterais immédiatement le pays, mais pas seulement parce que je suis juif« , affirme Dávid Szél.

A-t-il déjà été victime de racisme ? Non, jamais. A bien y réfléchir, si, cela lui est arrivé trois fois dans sa vie, mais de l’antisémitisme « soft« , comme il tient à le préciser. « Les gens détestent les Juifs car ils voudraient être comme eux, ou ce qu’ils pensent être, c’est-à-dire avoir de l’argent. Mais ce sont les Tsiganes qui ont un problème beaucoup plus sérieux avec l’extrême-droite ». Il raconte comment il a remis à sa place une fleuriste qui avait partagé avec lui une blague raciste. « Pour elle, cela allait de soi que je n’aimais pas les Tsiganes« . Un racisme ordinaire qui est beaucoup plus acceptable en Hongrie que celui dirigé contre les Juifs.

Son ami János n’a lui jamais trop prêté attention aux gesticulations de Jobbik, en tout cas jusqu’à la grande manifestation anti-gouvernementale au début de l’année, lorsque des contre-manifestants d’extrême-droite se sont invités sur les ordres du leader du parti Gabor Vona : « Ils veulent nous prendre la rue, ne les laissez pas faire, la rue est à nous ». « Cela, ça me fait peur, mais pour le reste, qu’ils brulent le drapeau européen ou qu’ils disent ce qu’ils veulent, dans la rue ils ne me font pas peur. On ne voit pas sur ma tête que je suis juif, mais j’ai vu des Chinois ou des Tsiganes se faire attaquer dans la rue, et les gens se contentaient de regarder ailleurs…« 

Le gouvernement contre-attaque

La Hongrie est-elle un pays antisémite ? La question provoque des remous dans la classe politique hongroise. L’eurodéputée du parti de Viktor Orbán, Ágnes Hankiss, s’est insurgée dans une lettre ouverte à ses collègues du parlement européen : « Il n’est pas vrai que les Juifs ont peur aujourd’hui en Hongrie. C’est un mensonge flagrant et très toxique. La tragédie historique des Juifs ne devrait pas être manipulée à des fins politiques ». Selon elle, des députés du parti socialiste ont utilisé sans vergogne cette arme pour discréditer le gouvernement hongrois au plus fort des critiques internationales contre la nouvelle Constitution.

Le gouvernement peut aussi compter avec le soutien de Slomo Köves, un jeune rabbin orthodoxe très influent, pour déminer le terrain. Des journalistes français ? Au siège de la communauté ultra-orthodoxe EMIH[i] qu’il dirige, la réceptionniste israélienne – arrivée quelques années plus tôt en Hongrie pour suivre son mari hongrois – est sceptique et même légèrement irritée et défiante :

« Pourquoi vous intéressez-vous à la Hongrie ? Après huit années passées à Budapest, je n’ai jamais eu aucun problème et mes enfants non plus. Ce sont les Tsiganes que les gens détestent ici car ils font beaucoup trop d’enfants. D’ailleurs, j’ai entendu dire que la France sera bientôt un pays musulman« .

L’entretien n’aura pas lieu, qu’importe, l’homme s’est déjà exprimé dans la presse israélienne à ce sujet : « J’ai connu plus d’antisémitisme verbal et physique en deux ans en France qu’en vingt ans en Hongrie« , a-t-il récemment affirmé dans le « Jerusalem Post ». Slomo Köves a une sérieuse dette auprès du gouvernement, il lui doit la récente reconnaissance officielle par l’Etat hongrois de sa communauté religieuse… et toutes les subventions qui vont avec.

 


[i] Affiliée au mouvement ultra-orthodoxe Habad Loubavitch

avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (1/3)

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Une Constitution qualifiée de liberticide, un dirigeant d’ultranationaliste et autoritaire, un pays décrit comme celui où des milices d’extrême-droite ont droit de cité… De ce vaste amalgame, il est souvent ressorti l’image d’une Hongrie antisémite. Les critiques ont culminé avec le discours de l’eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit au mois de janvier devant le parlement européen :

« Des [personnes de] ma famille et des gens que je connais, Juifs en Hongrie, ont peur aujourd’hui. Les minorités ont le droit de ne pas avoir peur dans votre pays, Monsieur Orbán !« , avait-t-il pris à parti le premier ministre hongrois, suscitant l’indignation en Hongrie.

Comme pour donner raison à Daniel Cohn-Bendit, l’écrivain juif hongrois Akos Kertész a déposé une demande d’asile politique au Canada, au début du mois de mars. Sa vie y était devenue selon lui impossible depuis la publication au mois d’août d’un article dans le journal hongrois publié aux États-Unis « Népszava », dans lequel il reprochait au peuple hongrois son amnésie vis-à-vis de l’Holocauste en des termes perçus comme orduriers en Hongrie.[i] « A la suite de la campagne politique de la presse proche du gouvernement, M. Kertész a subi des menaces et des harcèlements, il a senti sa vie en danger », a indiqué son service de presse. Les 100.000 Juifs de Hongrie se sentent-ils vraiment menacés ?

« Le gouvernement n’est pas antisémite« 

Dans l’un des nombreux bars du 7ème arrondissement de Budapest, dans le centre-ville, Zoltan fulmine. C’est le quartier juif, nommé Erzsébetváros en l’honneur de l’Impératrice Sissi, qui abrite la « Nagy Zsinagóga », la plus grande synagogue d’Europe, ainsi que les sièges des principales organisations de la communauté juive. C’est aussi le quartier branché vers lequel convergent les touristes, les jeunes « bobos » et la jeunesse fauchée, car on y trouve la plus grande concentration de « romkocsma » (des immeubles délabrés et des squats artistiques transformés en bars) qui participent à la réputation internationale de la ville.

« J’ai été écœuré par le discours de Cohn-Bendit, commente ce sociologue proche du parti parlementaire LMP, affilié au parti vert européen. « Il a dit des choses tout à fait irrationnelles alors que nous avons besoin au contraire ici de rationalité. Il a fait le jeu de Viktor Orbán« , déplore le jeune homme, qui se décrit lui-même comme un quart juif, ce qui en Europe centrale s’entend comme le fait d’avoir un grand-parent juif. Sa réaction est partagée par beaucoup d’opposants en Hongrie, partagés entre la satisfaction de recevoir du soutien dans leur lutte contre le pouvoir de Viktor Orbán, l’irritation devant la maladresse et parfois même la grossièreté de certaines critiques formulées contre leur gouvernement, et la méfiance vis-à-vis de ce qui peut-être vite perçu par la population hongroise comme de l’ingérence étrangère, pouvant mener au statut très peu enviable de « hazaáruló » (traître à la nation). Celui-là même que s’est vu attribuer l’écrivain Akos Kertész.

« Les Juifs ont des raisons d’avoir peur avec l’apparition du parti d’extrême-droite Jobbik qui utilise une rhétorique antisémite que l’on entend même jusque dans la rue, et avec ses organisations paramilitaires comme la Magyar Gárda « , explique András Kovács, le sociologue qui fait autorité en Hongrie sur les questions de nationalisme et d’antisémitisme. Mais, continue-t-il, « le discours de M. Cohn-Bendit était assez exagéré. Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas avec le gouvernement actuel, mais il n’est pas antisémite. Dans un sens, il est même allé plus loin que le précédent gouvernement socialiste car c’est lui qui a banni les milices d’extrême-droite, même si la nouvelle loi n’est pas encore très effective…[iii] Faire un lien entre la montée de l’antisémitisme et l’actuel gouvernement hongrois n’est pas une bonne argumentation car ce phénomène a commencé dès 2006″.

Viktor Orbán est tombé dans son propre piège

Jobbik est antisémite et emploie une rhétorique raciste et haineuse dirigée contre les Tsiganes dans les campagnes et contre les Juifs dans les plus grandes villes. Mais la situation avec le parti conservateur (la Fidesz) de Viktor Orbán n’est pas si simple, comme l’explique Péter Feldmayer, le président de la Fédération des communautés juives de Hongrie, le MAZSIHISZ[iv]. La Fidesz est selon lui un « parti conservateur normal, comme cela se fait ailleurs en Europe » et son courant principal n’est en rien hostile aux Juifs. Mais il garde des liens avec Jobbik hérités des cercles civiques (polgári körök) créés après sa défaite face aux socialistes en 2002 et par lesquels sont passés les futurs cadres de l’extrême-droite, notamment son leader Gabor Vona. « Il se trouve aujourd’hui encore des gens au sein de la Fidesz et même du gouvernement – pas au sommet du gouvernement, mais tout de même – qui sont des sympathisants de Jobbik et qui peuvent prendre des décisions à l’encontre des Juifs« . M. Feldmayer en veut pour preuve la nomination d’une personnalité liée à l’extrême-droite à la tête d’un théâtre de Budapest.

La Fidesz porte une lourde responsabilité car elle utilisé un double langage pour « siphonner » les votes de l’extrême-droite dont elle avait auparavant popularisé et rendu acceptables les thématiques. Maintenant qu’elle est au pouvoir, elle a totalement cessé d’employer cette stratégie, mais ce n’est pas le cas des médias pro-gouvernementaux tels que « Magyar Hirlap » et « Echo TV ».

« Aujourd’hui, le gouvernement réalise que l’extrême-droite constitue une menace car Jobbik est devenu son principal opposant et que, si la crise se renforce et entraîne de nouvelles mesures d’austérité et une vague anti-européenne, c’est à Jobbik que cela profitera« , estime András Kovács.

La Fidesz a mis en œuvre une partie du programme de Jobbik (notamment en octroyant plus facilement la citoyenneté hongroise et le droit de vote aux Magyars d’outre-frontière) sans toutefois réussir à assécher son électorat, mais a contenu sa progression puisque le parti ne doit ses 20% d’opinions favorables qu’à la faveur d’une très forte abstention de la moitié de la population ![vi]

La montée de l’antisémitisme : « l’effet Jobbik » sur la jeunesse

Les études sociologiques le prouvent, l’antisémitisme a grimpé en flèche ces dernières années. Stable depuis la moitié des années 90 avec un noyau dur d’antisémites viscéraux représentant 10-12% de la population, auxquels s’ajoutait 10% d’antisémites « modérés »[vii], cette proportion a clairement augmenté à partir de 2007-2008. « C’est l’effet Jobbik« , analyse M. Kovács qui lie directement l’antisémitisme à l’extrême-droite. Mais contrairement à ce que l’on peut observer en Europe de l’Ouest avec les profanations de cimetières et les agressions physiques,

« l’antisémitisme violent n’existe pas en Hongrie. Ici l’antisémitisme est bruyant, mais symbolique. C’est peut-être un premier pas vers la violence, mais, à ce jour, elle n’existe pas« , souligne le sociologue.

Signe particulièrement inquiétant, c’est chez les jeunes que l’antisémitisme a le plus progressé. « C’est une manière pour eux d’exprimer leur désenchantement et leur mépris pour l’establishment : « Je ne suis pas comme vous, je ne pense pas comme vous ! »« , analyse le sociologue. Pour beaucoup de jeunes, être d’extrême-droite, c’est être rebelle, rock’n roll. Ils ont vu leurs parents s’appauvrir et tout indique que leur vie sera plus difficile et plus précaire que celle de leurs aînés. Ils vont au lycée et suivent des études qui ne leur permettront sans doute jamais de vivre décemment d’un métier qu’ils ont choisi.

Péter Feldmayer, président de la principale organisation juive, constate qu’ »il y a 15 ans, l’antisémitisme était porté par des personnes « old-fashioned » et avait un goût de naphtaline, des années 30. Mais il y a eu un tournant et la nouvelle génération possède des leaders très talentueux qui savent très bien communiquer et toucher les jeunes via internet. Les mouvements antisémites ont su créer ces quinze dernières années un système très performant pour enseigner la haine contre les Juifs et les Tsiganes« . En plus d’internet, ils organisent des « cours du dimanche », des programmes le week-end comme des concerts, des camps d’été, etc.


[i] Akos Kertész avait qualifié le peuple hongrois de « génétiquement inférieur/servile » et comparé les Hongrois à des porcs qui « aiment se tortiller dans la boue sans se soucier du boucher qui leur tranchera bientôt la gorge », en référence au nouveau pouvoir de Viktor Orban.

[iii] Le parti d’extrême-droite Jobbik en dénonçant la « criminalité tsigane ». Le parti de droite Fidesz de Viktor Orban a fait voter une loi contre la « criminalité en uniforme » pour rendre illégale les milices d’extrême-droite.

[iv] La Fédération des communautés juives de Hongrie, A Magyarországi Zsidó Hitközségek Szövetsége

[vi] Les derniers sondages montrent qu’environ 1 Hongrois sur 10 se dit en faveur du parti Jobbik, l’abstention étant la grande gagnante du début du mandat d’Orban, 55%.

[vii] « Modéré » = ne souhaitant pas priver les Juifs de leurs droits civiques.

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avril 6, 2012

Tuerie de Toulouse: réaction à la «théologie de l’amalgame» de Florence Taubmann

En invitant à «témoigner que le Dieu auquel ils se réfèrent, qu’il se nomme Hashem (1), Dieu de Jésus-Christ, ou Allah, est le contraire d’un tueur», à quels tueurs pensez-vous, madame? Sont-ce les juifs ou les chrétiens qui massacrent depuis des décennies? – Non, bien sûr: c’est eux qui sont massacrés. Et au nom de qui le sont-ils? Pourquoi ne le dites-vous pas? – Au nom d’Allah.

Réaction à la «théologie de l’amalgame» de Madame Florence Taubmann, dans son éditorial sur la tuerie de Toulouse, par Menahem Macina

Madame le Pasteur.

Avec tout le respect dû à votre personne et à votre fonction, permettez-moi de vous faire part de ma stupeur attristée, suite à la lecture de votre éditorial du 22 mars, mis en ligne sur le site de l’Amitié Judéo-Chrétienne, dont vous êtes la présidente.

Ce qui m’a frappé d’emblée, c’est la cérébralité, quasi clinique, de votre propos. En effet, on n’y trouve pas un mot de compassion ou d’émotion pour les victimes, juives autant que non-juives, de ce massacre.

Votre seule préoccupation, dans ce texte, c’est Dieu et la religion, que vous vous êtes donné pour tâche de défendre, dans cette affaire. En témoigne cette phrase qui ouvre votre éditorial : «La tragédie qui vient de s’achever à Toulouse risque de faire apparaître à nouveau Dieu et la religion comme responsables de la haine entre les hommes.»

Après cette affirmation de principe, vous martelez, tel un professeur (que vous êtes, d’ailleurs) du haut de sa chaire :
- «Ce ne sont pas les religions qui tuent », mais « des individus ou des groupes».
- «Ce n’est pas Dieu qui commande de tuer. Ce sont les hommes qui projettent sur Dieu leurs fantasmes de puissance et de destruction.»

Ces affirmations abruptes mériteraient d’être nuancées, voire contextualisées. Mais le plus important n’est pas là. Il est dans l’amalgame que vous faites, avec, je n’en doute pas, la meilleure bonne foi du monde, entre les tueurs au nom de Dieu des trois religions monothéistes.

En invitant à «témoigner que le Dieu auquel ils se réfèrent, qu’il se nomme Hashem (1), Dieu de Jésus-Christ, ou Allah, est le contraire d’un tueur», à quels tueurs pensez-vous, madame?

Sont-ce les juifs ou les chrétiens qui massacrent depuis des décennies? – Non, bien sûr: c’est eux qui sont massacrés.

Et au nom de qui le sont-ils ? Pourquoi ne le dites-vous pas? – Au nom d’Allah.

En transférant dans le ciel empyrée de la théodicée et de l’histoire des faits religieux, un événement qui n’a rien à y faire, vous évitez – consciemment ou non – de vous interroger vous-même et de faire réfléchir vos lecteurs sur le véritable problème, à savoir: la croissance exponentielle du fanatisme religieux islamique, dont une actualité sanglante quasi quotidienne montre les conséquences terrifiantes à l’échelon mondial.

A mes yeux, votre propos ressortit à ce que j’appelle une «théologie de l’amalgame»

Certes, je comprends qu’en tant que professeure, vous vouliez prendre de la hauteur, mais le point de vue de Sirius (2) ne me semble pas le plus adéquat pour traiter sérieusement et en vérité de quoi que ce soit, encore moins des affaires de Dieu et de celles des hommes.

Est-il permis d’espérer que, dans un prochain éditorial sur le sujet ou sur tout autre connexe, vous vous souviendrez que vous êtes présidente d’une association d’Amitié judéo-chrétienne et non d’un quelconque cercle de réflexion interreligieuse, dans lequel il serait indécent de faire mention de l’horreur que cause l’assassinat d’un père et de ses deux enfants, qui se trouvaient être juifs?

Je vous en remercie par avance.

Menahem R. Macina
———————
(1) Formule juive, qui signifie «le Nom», pour éviter de prononcer le nom divin.
(2) Adopter le point de vue de Sirius, c’est regarder les choses de loin, de si loin qu’on n’a pas à prendre parti… (Repris du Blog «Belles plumes»).

Voir également: Amitié Judéo-Chrétienne de France et la tuerie de Toulouse: un éditorial décevant de Florence Taubmann

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avril 2, 2012

Sauf retour à la sécurité, un exode massif des Juifs de France est prévisible !

Dans un courrier retrouvé dans les archives personnelles de ma famille, j’extrais cette lettre du général de Gaulle, en date du 19 Octobre 1948,  où le général définit la République restaurée. On y observera que le portrait souhaité pourrait inspirer ceux qui, par vocation ayant appris à ne pas plier, pourraient encore recevoir de « l’homme du 18 Juin, »  une leçon d’indépendance nationale : « ….le redressement de l’Etat, le salut de la monnaie, le retour du pays à l’équilibre et à la sécurité ; bref, la vie même de la France etc… »

 

Nous en sommes là, donc par la faiblesse de l’Etat, dont le renforcement garantirait le redressement, par la crainte et la sécurité par la sanction. Les Juifs de France ne peuvent plus soutenir qu’ils sont en sécurité, tout comme le détenteur d’un uniforme attestant de la puissance publique.

Au-delà de la tuerie de Toulouse, ce qui doit être retenu, c’est que la détérioration sécuritaire n’est pas née en France par génération spontanée. Elle évolue lentement mais sûrement dans la faiblesse confirmée de l’Etat. Seules des sanctions sévères et exemplaires frappant les imaginations, engendreront effroi et stupeur devant la capacité française à réagir.

Car, c’est bien de cela dont il est question. Plus personne ne croit que la France veut ou va réagir. Et c’est précisément là que le stratège de l’Elysée devra frapper. Car, il tombe sous le bon sens, que l’initiative du monstre de Toulouse fait douter les Juifs de France de l’opportunité de rester à leur place. C’était, peut être le but recherché !

« La vie même de la France est inséparable du sentiment de sécurité. ».  Or, des militaires Français, outre les victimes civiles ont été l’objet du massacre. Quand bien même l’assassin, eût été seul dans l’accomplissement de son geste, celui-ci vient à la rescousse d’une telle quantité de données antirépublicaines, antijuives et antisionistes, dont l’Etat n’a pas su prévoir les fatales conséquences,  qu’il est la preuve cinglante que les valeurs de la République ne sont plus respectées parce que la faiblesse de l’Etat a interrompu la respectabilité qui les entourait.

Le Chef de l’Etat sait qu’une autre initiative sanguinaire pourrait sonner le glas de la présence juive. Ce qui serait dramatique pour les Juifs mais tragique pour la France !

 

http://www.arnoldlagemi.com/?p=1983

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mars 26, 2012

Tunis : Menaces contre les juifs lors d’une manifestation de salafistes [Photos + vidéos]

Par Bivouac-ID

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Menaces contre les juifs lors d’une manifestation islamiste à Tunis

TUNIS – Des menaces contre les juifs ont été proférées par un cheikh salafiste lors d’une grande manifestation organisée dimanche sur l’avenue Habib-Bourguiba, principale artère de Tunis, a-t-on constaté sur place.

“Préparez-vous au combat: les juifs! Les juifs! Le combat pour la cause de Dieu. Le paradis! Le paradis!”, a lancé dans son haut-parleur ce religieux portant barbe blanche et djellaba devant une foule en effervescence.

Joint par l’Associated Press, le président de la communauté juive de Tunisie, Roger Bismuth, a jugé “inadmissibles” de telles attitudes, appelant les autorités à “réagir pour mettre fin à ces dépassements”. “Quant à moi, je n’ai que du mépris pour ces gens-là. Ils ne sont pas respectables parce qu’ils causent du tort à leur pays, à mon pays, parce que je suis Tunisien”, a-t-il dit.

Des salafistes avaient lancé des appels à “tuer les juifs” lors d’une visite en janvier dernier du chef du mouvement palestinien Hamas, Ismaïl Haniyeh. Ces appels avaient suscité une condamnation unanime des autorités et de la société civile, y compris du mouvement islamiste modéré Ennahdha, au pouvoir.

La manifestation de dimanche a rassemblé plus de 10.000 personnes venues réclamer l’application de la charia (loi islamique) et condamner la profanation du Coran et autres incidents qui ont eu lieu la semaine dernière dans certaines mosquées du pays.

Des chefs du mouvement salafiste, comme Cheikh Seifallah Ben Hassine, connu sous le nom d’Abou Yadh, ainsi que des imams ont aussi participé à cette manifestation. Le peuple veut un Etat islamique, le peuple veut l’application de la charia , scandaient les manifestants.

L’application de la charia est une obligation et non un simple slogan, les musulmans appartiennent à une seule nation et la charia les réunit, celui qui aime Dieu aime sa charia, pouvait-on lire sur des banderoles brandies par des partisans du parti non légalisé Hizb Ettahrir (parti réclamant l’instauration du califat).

Les Tunisiens qui s’opposent à l’application de la charia dans la future Constitution doivent savoir que seul l’islam garantit les libertés et les droits fondamentaux des êtres humains, a déclaré à l’AFP Mahdi Habib. Selon lui, la modernité que des Tunisiens défendent n’a produit qu’un nombre élevé des enfants nés hors mariage, des crimes, des viols et toutes les formes de la corruption.

RomandieNews

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mars 10, 2012

LES FRERES MUSULMANS HAISSENT LES JUIFS

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