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juillet 3, 2012

Salomon Maïmon (1753-1800)

Posted  by Olivier YPSILANTIS

Kant a dit de Salomon Maïmon qu’il était le plus acéré de ses critiques, ce qui n’empêcha pas ce dernier d’être peu apprécié des spécialistes de la philosophie juive moderne. Il est vrai que Salomon Maïmon ne s’attarda guère sur des questions considérées comme fondamentales : Athènes/Jérusalem, Raison/Révélation, raison universelle/singularité juive. L’amplitude de son questionnement n’en est pas moins considérable : solidité de la défense kantienne de l’idéalisme transcendantal, nature des intellects finis et infinis, structure politique de la société juive traditionnelle, réalité des choses finies, possibilité de réduire les relations temporelles à des relations exclusivement conceptuelles, panthéisme, valeur morale de la connaissance…

Dans le numéro 9 de la ‟Revue germanique internationale”, Yistzhak Y. Melamed se propose de montrer que Salomon Maïmon est le seul philosophe juif moderne digne de ce nom, étant entendu que la définition de philosophie juive proposée par l’auteur de l’article est la suivante : philosophie juive ou la tentative de rendre compte des pratiques et des croyances religieuses et culturelles juives de manière informée et argumentée. Notons en passant que nombre de philosophes juifs modernes n’eurent que peu de connaissance des choses juives lorsqu’ils n’en étaient pas tout bonnement ignorants.

La philosophie juive moderne porte en elle deux caractéristiques :

  1. Elle a intégré le regard antisémite sur la culture juive, considérée comme un particularisme opposé à l’universalisme chrétien.
  2. Elle se centre sur la Bible en s’efforçant d’édifier une version protestante du judaïsme, à l’imitation du luthérianisme, afin de justifier l’entrée de plain-pied du Juif dans la société allemande.

Les philosophes juifs modernes ont pris intimement conscience de la tension entre les conceptions enracinées dans l’histoire, la tradition juive (jugée comme relevant du particularisme) et les ‟vérités universelles” défendues par les Aufklärer. Mais d’abord, pourquoi considérer à part les textes juifs ? Les croyances juives seraient-elles plus irrationnelles que les croyances chrétiennes ou musulmanes ? La vie juive et la pensée juive seraient-elles moins compatibles avec la raison ? Il ne s’agit pas de polémiquer —chaque tenant d’une religion ou d’une morale les veut universelles — mais de s’interroger sur ces penseurs juifs qui adoptent sur eux-mêmes un regard chrétien et, ainsi, s’envisagent comme des hommes profondément singuliers et qui rendent compte de cette singularité.

On a attribué à tort à Moïse Mendelssohn cet impératif : ‟Sois un Juif dans ta tente, et un être humain dans la rue”, un propos qui m’évoque avec insistance la célèbre déclaration de Stanislas de Clermont-Tonnerre : ‟Il faut tout refuser aux Juifs en tant que nation, et  tout leur accorder en tant qu’individus”. Dans les deux cas, on morcelle, on coupe en tranches. La déclaration de Stanislas de Clermont-Tonnerre doit être replacée dans son contexte pour en saisir toute la pertinence ; on ne peut aujourd’hui s’en satisfaire. Mais j’en reviens à cet impératif attribué à Moïse Mendelssohn qui sous-entendrait qu’un Juif, cette créature bizarre, ne serait un être humain que dans la rue, alors que sous la tente il ne serait qu’un Juif ! C’est ainsi que la philosophie juive moderne (la Haskala) voyait le Juif. Les penseurs juifs ont intériorisé le schème protestant, avec l’opposition singularité juive / universalité chrétienne. On a reproché à Emmanuel Kant d’avoir fait usage de l’expression ‟euthanasie du judaïsme” (Die Euthanasie des Judentums). De même, on a reproché à Friedrich Schleiermacher d’avoir présenté le judaïsme comme une momie (imputrescible donc) au chevet de laquelle on se lamente. Mais Joseph W. Pickle s’est employé à montrer que ces remarques de prestigieux non-Juifs ne sont que des reprises d’affirmations venues de la Haskala. Joseph W. Pickle (Professor Emeritus of Religion at Colorado College in Colorado Springs) est l’auteur de passionnants travaux sur le dialogue judéo-chrétien. Je conseille au lecteur l’ouvrage, ‟Schleiermacher on Judaism” (partiellement disponible en ligne) ainsi que la conférence de Marc Lienhard, ‟La religion d’après Schleiermacher” mise en ligne par l’Union Protestante Libérale :

http://unionprotlib.over-blog.com/article-730080.html

L’angoisse d’être pris pour un Juif dans sa quintessence, c’est-à-dire pour un Pharisien qui refuse la Révélation du Rédempteur, semble coller à la peau du maskil (partisan de la Haskala, en hébreu) qui s’emploie à présenter le judaïsme comme compatible avec la raison (au sens où l’entendent les Lumières) et, dans un même temps, à repousser (d’un air dégoûté à l’occasion) ces membres de la Yiddishkeit, ces étranges talmudistes, ces Ostjuden. Le maskil ne connaît pourtant rien ou presque rien aux œuvres écrites et étudiées dans les yeschivot d’Europe orientale.

Traditionnellement, les Juifs étudiaient peu la Bible. Certes, des passage du Livre étaient lus et intégrés aux prières ordinaires mais elles n’entraient pas vraiment dans l’étude. Pourtant, au cours de ces deux derniers siècles, le judaïsme connut un profond bouleversement. La vision chrétienne du judaïsme comme particularisme supposait le rejet (volontiers haineux) du texte par excellence des Pharisiens, le Talmud. Ce rejet avait une explication : la Bible proposait une relative transparence aux non-Juifs tandis que le Talmud restait impénétrable hors du cercle (restreint) de ceux qui l’étudiaient. Précisons que ce rejet du Talmud était autant le fait du Aufklärer juif que non-juif. A ce propos, citons ces lignes de Heinrich Heine (extraites de ‟Histoire de la religion et de la philosophie en Allemagne”) qui n’auraient pas été du goût de Moïse Mendelssohn, très versé dans la connaissance du Talmud, mais qui traduisent bien un certain état d’esprit de l’Aufklärung : ‟Mendelssohn détruisit l’autorité du Talmudisme et fonda un pur Mosaïsme… Tout comme Luther avait renversé la Papauté, Mendelssohn renversa le Talmud, et exactement de la même façon, c’est-à-dire en répudiant la tradition, en déclarant que la Bible était la source de la tradition et en en traduisant la plus grande partie. Ainsi détruisit-il le catholicisme juif, tout comme Luther avait détruit le catholicisme chrétien.”

Pourquoi le Juif allemand a-t-il rejeté le Talmud avec une telle détermination ? Pourquoi donc a-t-il troqué le Talmud pour la Bible ? Parce que c’était la voie royale pour devenir un citoyen (juif) respecté. Les textes ‟bizarroïdes” du Talmud ne pouvaient intégrer le noyau du protestantisme juif. Et il fallait à tout prix imiter le voisin luthérien. On atteint le comble du ridicule lorsque des philosophes juifs s’efforcent d’introduire dans la pensée juive la morale calviniste de la grâce — cette idée selon laquelle Dieu décide arbitrairement de ce qui est bien et de ce qui est mal. Il ne s’agit pas de démontrer que les Juifs sont parfaits, personne ne l’est, mais tout de même, présenter un vulgaire fanatisme calviniste (un a priori de la pire espèce) comme une proposition juive digne de respect est tout simplement révoltant. Et la philosophie juive a tenu un rôle essentiel dans ce processus. Hormis quelques exceptions (parmi lesquelles Emmanuel Levinas), les philosophes juifs modernes ont pris la Bible comme texte constitutif du judaïsme. Ce faisant, ils ont voulu singer le protestantisme allemand, avec rumination philosophique de la Bible. Et ce n’est pas un hasard si les philosophes et les théologiens protestants allemands ont adopté sans peine des penseurs tels que Franz Rosenzweig et Martin Buber.

Quelques philosophes juifs modernes se sont efforcés d’approfondir leur connaissance du monde juif. Martin Buber s’est confronté aux textes hassidiques mais davantage à leur aspect conte populaire qu’à leur aspect théorique ou kabbalistique. Hermann Cohen cite à l’occasion des proverbes talmudiques. Mais la méconnaissance du monde juif reste grande chez les philosophes juifs modernes parmi lesquels Leo Strauss, Emil Fackenheim ou Franz Rosenzweig. Certes, il n’est pas nécessaire d’être rabbin ou juif (de se définir comme tel) pour se mettre à l’étude philosophique du judaïsme. Plus simplement, il faut prendre connaissance du sujet avant de prétendre en dresser une expertise philosophique.

C’est l’ignorance du judaïsme — du Talmud — qui dessine et insiste sur l’opposition Athènes / Jérusalem. Celui qui ne connaît pas le judaïsme peut en toute bonne foi le présenter comme une religion révélée. La protestantisation radicale du judaïsme est un passionnant sujet d’étude. Certains analystes jugent qu’elle est le fait le plus important survenu dans la société juive moderne. L’essentialisme (théorie selon laquelle l’essence précède l’existence) du judaïsme est un trait caractéristique de la philosophie juive moderne, un trait fondé sur l’ignorance du Talmud et de la littérature rabbinique.

L’importance de Salomon Maïmon pour la philosophie juive tient en partie au fait que sa connaissance du judaïsme le prévenait de tout a priori sur le judaïsme — et l’essentialisme en est un. Sa connaissance lui permettait la nuance. Salomon Maïmon a grandi dans la Yiddishkeit, il a donc subi diverses influences dont celles du hassidisme contemporain et de la philosophie juive médiévale avec Maïmonide. C’est de lui que Salomon Maïmon tient que la perfection intellectuelle (l’image de Dieu dans l’humanité) prime sur tout et que le perfectionnement moral n’est qu’un moyen de l’atteindre : c’est par l’intellect que nous nous rapprochons de Lui.

Le rapport de Salomon Maïmon à la Kabbale est relativement ambigu. Il n’empêche qu’il s’efforça d’en dégager le noyau rationaliste qu’il identifiait aux enseignements panthéistes de Spinoza. Dans ses premiers écrits hébreux, Salomon Maïmon développa l’idée selon laquelle tout ce qui est sont des prédicats de Dieu qui en est le substrat.

Arrivé en Allemagne, Salomon Maïmon intégre la Haskala berlinoise avec laquelle il partage d’emblée l’idée selon laquelle il faut répandre la science et la philosophie dans la Yiddishkeit et en aucun cas travailler à rendre les masses juives acceptables par assimilation dans la société allemande. Sa compréhension de la Haskala doit beaucoup à Maïmonide qui considère la philosophie et les sciences comme le meilleur moyen d’approcher Dieu. En tant que membre de la Haskala, Salomon Maïmon porte un regard critique sur la société juive traditionnelle, sur les Talmudistes qu’il estime par ailleurs pour leur précision, leur honnêteté et leur caractère profondément moral. Salomon Maïmon déplore la somme d’inepties déversées sur le Talmud, par les Chrétiens comme par les Juifs ‟éclairés”.

Salomon Maïmon ne reçut pas l’accueil qu’il méritait, tant chez les Juifs traditionnels que chez les Juifs ‟éclairés”. Il est resté dans une sorte de no man’s land, entre deux sensibilités juives. Homme entre deux mondes, entre la Yiddishkeit et la Haskala, cet Ostjude fut l’un des très rares membres de l’Aufklärung (avec Moïse Mendelssohn) à connaître le judaïsme. Il ne pouvait donc prendre part à ce projet réducteur à l’encontre du judaïsme qui fut malheureusement placé au centre de la philosophie juive moderne.

Je propose à la méditation du lecteur la conférence Akadem d’un immense érudit, Maurice-Ruben Hayoun, intitulée ‟Aveuglement des Juifs allemands” :

http://www.akadem.org/sommaire/colloques/3e-journee-du-livre-d-histoire-et-de-recherches-juives/aveuglement-des-juifs-allemands-03-03-2005-6523_4143.php

Et pour celui qui veut en savoir plus sur Salomon Maïmon, je conseille la lecture de ‟Histoire de ma vie”, une édition établie par Maurice-Ruben Hayoun :

http://blog.passion-histoire.net/?p=11320

http://zakhor-online.com/?p=4077

juin 14, 2012

Un prêtre italien nazifie les Juifs et revisite les origines du christianisme

"Les Juifs sont trop fiers. Toutes les choses [!] terribles [!] que les Allemands leur ont faites, à leur tour il les font aux Arabes"

Le journaliste britannique Anton La Guardia a publié en 2001 un ouvrage intitulé "Holy Land, Unholy War, Israelis and Palestinians". Anton La Guardia a reçu le Prix Orwell de journalisme et est actuellement le correspondant de l’Economist à l’UE et y tient la rubrique "Charlemagne".  Dans les années 1990 il était le correspondant du Daily Telegraph au Moyen-Orient.  Dans le livre, M. La Guardia, qui est catholique, raconte sa rencontre en Israël avec un prêtre italien (page 10).

Le prêtre lui montre qu’il parle hébreu en déchiffrant une inscription et confie:  "L’hébreu est la langue que Dieu parlait.  C’est comme quand on rencontre une belle femme.   Si vous parlez sa langue, c’est plus intéressant".  Le prêtre reconnaît que la langue de Dieu était l’hébreu, mais rejette l’héritage juif du christianisme.  Pour lui le Christianisme est issu des enseignements de Jésus car ce sont eux et eux seulement qui sont la vraie révélation.

Il donna ensuite son avis sur Israël et les Juifs:  "Israël est un pays très organisé.  Imaginez que tout seuls, ils ont tenu bon face à des millions d’Arabes et au reste du monde musulman.  Mais les Juifs sont trop fiers.  Toutes les choses terribles que les Allemands leur ont faites, à leur tour il les font aux Arabes."

Commentaire d’Anton La Guardia: "Les Juifs étaient les super-héros et les super-dépravés, le peuple choisi et les éternels pécheurs".

C’est ce que les catholiques européens disent et continuent à dire des Juifs et du judaïsme depuis plus de mille ans – avec en prime la nazification des Juifs, déjà en 2001 et probablement bien avant!  Voir également: David Meyer, le rabbin français qui prône la fin d’Israël enseigne à l’Université Pontificale de Rome… et la conviction de Joaquim Maria Cymbron, un catholique portugais, que le Juif est agioteur et idolâtre de sa race.  Et bien sûr les ONG catholiques comme Pax Christi, de véritables machines multinationales d’incitation à la haine des Juifs israéliens.

http://philosemitismeblog.blogspot.fr/2012/06/un-pretre-italien-nazifie-les-juifs-et.html

1 commentaires:

Gilles-Michel DEHARBE a dit…
Paolo Ucello et Le Miracle de l’hostie

Le livre s’ouvre sur la prédelle en six panneaux de bois, peinte à la détrempe par Paolo Ucello, entre 1467 et 1469, pour le compte de la Congrégation du Corpus Domini — une congrégation laïque et de fondation ancienne, mais qui avait récemment reçu la charge du Mont-de-Piété et l’organisation de prêts bancaires destinés à endiguer l’usure juive, contre laquelle fulminait alors saint Bernardin. Ce polyptique, aujourd’hui conservé au palais ducal d’Urbino, appartient aux œuvres, encore rares au Quattrocento, dont les séquences forment un véritable récit. Sous le titre Le Miracle de l’hostie, la prédelle d’Ucello raconte une histoire : un usurier juif prête de l’argent à une femme misérable qui met son manteau en gage. À l’échéance du prêt, la pauvresse n’étant pas en mesure de rembourser sa dette, le prêteur lui propose de lui restituer son bien en échange d’une hostie consacrée. L’emprunteuse accepte ce marché et lui fournit une sainte espèce, que l’usurier poignarde pour tenter de la détruire, et qui saigne abondamment. Avertis de cette profanation, des hommes en armes viennent arrêter l’usurier et sa famille. Une procession conduite par le pape ramène l’hostie vers un autel, afin de la re-consacrer. La pécheresse s’apprête à être pendue, mais elle est sauvée in extremis par un ange. L’usurier juif et les siens sont brûlés vifs en place publique. Tout au long de son étude, avec érudition et acuité, Jean-Louis Schefer s’attache à documenter l’apparente simplicité de la mise en images efficace d’une de ces « affaires » de vol ou de profanation d’hostie ¬¬— « un meurtre symbolique sur les espèces sacrificielles du christianisme » —, innombrables au Moyen Âge, qui se répètent dans l’Europe chrétienne, avec leurs récurrences et leurs variantes. Pour satisfaire aux exigences religieuses, culturelles et économiques de ses commanditaires, Ucello a puisé son sujet dans une histoire parisienne connue sous l’appellation de « miracle des Billettes ». En 1290, un prêteur sur gages de confession juive, répondant au nom de Jonathas et demeurant rue des Jardins, était parvenu à convaincre une femme de lui procurer une hostie (en contrepartie d’une dette qu’il solderait), à laquelle il décida d’infliger des supplices mimant ceux de la Passion du Christ. Mais l’hostie, qui s’avéra indestructible, se mit à saigner sous les assauts violents de son possesseur — elle fut successivement transpercée, tailladée, brûlée, bouillie… Dénoncé, le profanateur fut jugé et condamné au bûcher ; sa maison fut transformée en église. Schefer qualifie ce « fait divers » prototypique de « premier scénario complet », dont on retrouvera des échos dans d’autres récits, notamment à Bruxelles (1369) ou Passau (1477).

13 juin 2012 22:16

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juin 6, 2012

La peur des Juifs de parler de l’antisémitisme

 

Source: Norway, Israel and the Jews (The Jewish communities blame the press for anti-Semitism)

Comme le signale McGonagall , Manfred Gerstenfeld avait dénoncé précisément cette situation il y a quelques années s’attirant les foudres des dirigeants de la communauté juive.

Les trois quarts des Juifs d’Oslo constatent une montée de l’antisémitisme, par Sigbjørn Kiserud sigbjorn.kiserud @ vl.no

Ce matin, la communauté juive est perturbée par les résultats d’une enquête sur l’antisémitisme. Les chiffres sont impressionnants. 54% d’environ 300 Juifs norvégiens qui fréquentent les synagogues d’Oslo et de Trondheim affirment avoir été confrontés à l’antisémitisme.

Ervin Kohn le leader de la communauté d’Oslo a déclaré à Vårt Land lors d’une conférence de presse que maintenant que les résultats sont connus il faut s’attaquer au problème de la peur d’en parler.

Les établissements scolaires. Il y a des indications que de plus en plus d’enfants juifs sont la cible d’actes de haine. Parmi tous les répondants, il n’y a pas une seule personne qui croit que l’antisémitisme a baissé au cours des dix dernières années. Beaucoup disent aussi qu’ils en ont fait l’expérience à l’école.

"Nous avons probablement sous-estimé les problèmes que rencontrent nos enfants. Nous disions qu’il n’y avait pas beaucoup d’antisémitisme dans les écoles, mais les chiffres montrent que la réalité est différente", a dit M. Kohn.

Une couverture médiatique partisane. Pour une part, l’harcèlement que les Juifs subissent est imputé aux médias. Neuf personnes sur 10 estiment que la couverture médiatique du conflit au Moyen-Orient a conduit à davantage d’antisémitisme. Les membres de la communauté juive sont déterminés à réagir. Plus de la moitié des membres de la congrégation d’Oslo souhaitent que plus de ressources aillent à informer le grand public sur le judaïsme.

Ce n’est pas qu’en Norvège que les dirigeants juifs sont très discrets au sujet de l’antisémitisme – ne parlant qu’en termes vagues et ne dénonçant pas des situations concrètes. Un ancien étudiant de l’Université Libre de Bruxelles en a fait la triste expérience: Dan Levy de l’UEJB en butte aux attaques de JCALL Belgique.

mai 14, 2012

"Ahmadinejad est le sauveur de la France"

C’est ce qu’a affirmé le français Yahia Gouasmi, président du parti antisioniste, du Centre Zahra et des chiites de France, lors d’une conférence de presse avec Dieudonné au retour de leur voyage à Téhéran en 2009 (écouter la conférence de presse ICI):

«Le sionisme est une idéologie raciste d’apartheid. C’est pour ça que nous joignons notre grand frère Ahmadinejad qui, avec Hugo Chavez, s’inscrit dans l’histoire de la révélation du sionisme. Nous rendons hommage et remercions dieu qui nous a donné un tel homme exceptionnel qui fait tout pour sauver la France. Ahmadinejad aide la France. Il aide la France à prendre conscience, il est le remède pour les problèmes français. Pour nous c’est l’antidote, c’est le vaccin de la vérité.»

Dieudo-iran

 

La piqûre de vérité de PdV: Le chiisme est une idéologie inclusive de paix, de tolérance et de justice (l’apartheid des femmes, des bahais, l’épuration des minorités, des gays, et tant d’autres sont autant de témoins de la grandeur du chiisme). Le grand frère Ahmadinejad s’inscrit dans l’histoire de la révélation de l’antisémitisme perso-chiite menant à la Solution Finale ordonnée par allah lui-même. Le peule iranien rend hommage et remercie allah qui leur a donné un tel dirigeant exceptionnel qui fait tout pour sauver l’islam de ses ennemis jurés (n’hésitant pas à exécuter 100.000 Iraniens s’il le faut et à institutionnaliser le viol de ses filles dissidentes). Ahmadinejad aide l’Iran. Il aide les musulmans d’Iran à prendre conscience, il est le remède pour les problèmes du peuple iranien et du monde entier, il est l’antidote, il est le vaccin de la vérité. Longue vie à Ahmadinejad, gloire au chiisme qui mène à la liberté. Comme disait Dieudonné le champion des droits humains, cité par Éric Clément du quotidien La Presse la semaine dernière : «On doit combattre tous les racismes». Le régime iranien est un allié historique dans ce combat !

Dieudo-iran-manif

Iran-voile
Iran-conference-usa

mai 11, 2012

‘Incidents’ antisémites en Hongrie

Le blogueur américain Elder of Ziyon (en Europe c’est devenu banal) signale deux incidents antisémites intervenus en Hongrie.

Premier incident: L’acteur József Székhelyi avait été invité à un événement culturel à Eger, mais le conseil municipal a décidé (les affiches et les programmes avaient déjà été imprimés) de le désinviter parce que, comme l’a dit une conseillère, est un "Juif puant et progressiste".

Second incident: un poster, dont des milliers d’exemplaires sont affiché en Hongrie.  Il qui montre un beau jeune homme de type aryen qui secoue un Juif dégueulasse, accapareur et affameur pour faire tomber l’argent de ses poches:

Photo prise en mars 2002
mai 10, 2012

Archéologie de l’antisémitisme 2/2

by Olivier YPSILANTIS

 

C’est donc la victime souffrante qui est reconnue dans le corps du peuple de la Shoa, le corps mort. Pas la personne juive ni le sujet historique. L’identité se voit, paradoxalement, rejetée sur le Juif, obstacle à l’universalité, et non sur l’Occident décliné dans toutes ses nations, identifié ethnocentriquement à l’universel. L’Europe unie vient aujourd’hui majorer cette illusion en lui donnant une nouvelle forme. De la même façon, le ‟Ni Juif, ni Grec” de Paul signifiait prosaïquement autrefois qu’il fallait devenir ‟romain”, comme si l’Empire romain incarnait à ce point ‟l’universel” qu’il n’avait plus d’identité !” Shmuel Trigano

 

Les Chrétiens ont longtemps pensé que lorsque les Juifs lisaient leurs Écritures, ils lisaient les Écritures chrétiennes, mais sans le savoir, en aveugles. Les Juifs n’étaient dignes d’intérêt que dans la mesure où ils témoignaient (bien malgré eux) de la valeur du christianisme. La doctrine augustinienne du ‟peuple témoin” a marqué et marque encore l’attitude de l’Église, dans une moindre mesure il et vrai.

 

Saint Augustin par Sandro Botticelli (1479)

 

L’attitude de saint Augustin envers le judaïsme a toutefois eu un aspect positif pour la vie juive, ainsi que le remarque Assaf Sagiv, puisqu’elle incita les Chrétiens à laisser les Juifs mener leur existence à part, sans leur chercher querelle. On peut dire sans vraiment forcer la note que saint Augustin regardait le peuple juif avec le respect dû à de prestigieux vestiges archéologiques ou, si vous préférez, à de grands ancêtres devenus aveugles mais dignes de notre respect car étant précisément nos ancêtres. La doctrine augustinienne de ‟peuple témoin” peut irriter, avec la condescendance qu’elle suppose, elle fut néanmoins une barrière protectrice pour le peuple juif. Saint Augustin est catégorique : le peuple juif doit être respecté, il témoigne. L’immense influence de sa doctrine n’empêcha pas maintes violences chrétiennes envers les Juifs ; mais elle empêcha probablement l’émergence d’une politique officielle d’annihilation du peuple juif conduite à l’ombre de la Croix. Assaf Sagiv note que lorsque les Juifs étaient chassés d’un pays de la chrétienté, ils trouvaient refuge dans un autre pays de la chrétienté. A ce propos, on oublie volontiers que les expulsions des Juifs d’Espagne (1492) puis du Portugal (1496) furent précédées d’autres expulsions, du royaume de France, par exemple, en 1306, sous Philippe IV, puis en 1394, sous Charles VI. La plupart des quelque cent mille Juifs expulsés sous Philippe IV partirent vers la Péninsule ibérique. Nombre d’entre eux s’installèrent dans les régions limitrophes (comme la Navarre ou l’Aragon) au cas où il leur serait permis de revenir en France.

 

Venons-en au troisième paradigme. Après l’hellénisme et le christianisme, les Lumières, un mouvement libérateur certes ; mais, ainsi que je l’ai écrit, les Lumières eurent leur part d’ombre. Voltaire le pourfendeur de préjugés en trimbalait pourtant et des lourds, notamment au sujet des Juifs. Je ne vais pas recenser ses propos particulièrement négatifs à leur sujet, ils sont bien trop nombreux. On sait par exemple qu’il les désignait comme les responsables de leurs propres malheurs. Et je pourrais citer d’autres illustres représentants des Lumières, parmi lesquels Diderot et d’Holbach. Il faut lire à ce propos ‟Roots of Hate : Antisemitism in Europe Before the Holocaust” de William I. Brustein. Kant exhorta les Juifs à se convertir au christianisme et à se montrer pleinement dignes des droits civils en hâtant l’euthanasie du judaïsme (Die Euthanasie des Judentums), ainsi qu’il l’écrit dans son dernier livre (publié en 1798), ‟Le conflit des facultés” (‟Der Streit der Fakultäten”).

 

L’antisémitisme n’a pas été une réaction aux Lumières, un réflexe réactionnaire pour reprendre un certain jargon, il est intrinsèque à ce troisième paradigme, à ce nouvel universalisme, les Lumières. Oui, les Lumières contenaient une singulière part d’ombre ! Je l’ai toujours pressenti et l’étude me le confirme. Arthur Hertzberg écrit dans ‟The French Enlightenment and the Jews: The Origins of Modern Antisemitism” : ‟Modern, secular, antisemitism was fashioned not as a reaction to the Enlightenment and the [French] Revolution, but within the Enlightenment and Revolution themselves.”

 

Cet antijudaïsme-antisémitisme est bien l’une des parts d’ombre des Lumières. L’épouvante nazie a (presque) fait oublier que tout au long du XIXe siècle des idéologues de gauche ont accusé les Juifs de bien des maux. Ci-joint, un blog qui répertorie les écrits antisémites de Charles Fourier :

http://charles-fourier-et-les-juifs.blogspot.com.es/

Le cas de Karl Marx est plus complexe. Je conseille à ce propos l’excellente étude de Francis Kaplan, ‟Marx antisémite ?” Et Pierre-Joseph Proudhon ? Jean Jaurès qui a ses rues en Israël (notamment à Tel Aviv) et qui lutta pour la réhabilitation de Dreyfus ne fut pas toujours un philosémite convaincu. En 1895, l’année même où Dreyfus fut accusé de trahison, il publia un article dans ‟La Dépêche du Midi” où il se disait heureux de l’hostilité croissante des Algériens envers les Juifs d’Algérie qu’il accusait de spolier les Arabes.

 

Le ‟nouvel antisémitisme” a emprunté une voie pavée par ces trois paradigmes : l’hellénisme, le catholicisme et la modernité (les Lumières). Toutefois, à leur différence, il ne tend pas vers une abolition des particularismes au nom de l’Homme, de l’Humanité et tutti quanti. Non, le ‟nouvel antisémitisme” est postmoderne, il tend vers l’effacement de tout particularisme ethnique ou national, avec reconnaissance de l’Autre avec un grand A. Autrement dit, plutôt que d’en finir avec les particularismes, cette posture les encourage, ce qui est une autre histoire…

 

Mais alors, comment une idéologie qui prône à grands cris la tolérance — le nous-sommes-tous-frères — peut-elle faire preuve d’intolérance et conspuer l’État d’Israël ? Cette idéologie dénonce ce pays au nom de l’anti-apartheid (sic), dénonce un État supposé nier radicalement les droits des citoyens non-Juifs, sans même parler des millions de Palestiniens de Judée, de Samarie et de Gaza. Mais l’antisionisme qui a le goût de la posture morale cache (sans toujours en avoir clairement conscience) une animosité plus vaste dirigée contre les Juifs en général — contre le peuple juif — ainsi que le montre Robert S. Wistrich. Il pointe du doigt les antisionistes d’extrême-gauche qui rêvent d’un monde Judenstaatrein, ainsi qu’il l’écrit dans ‟European Antisemitism Reinvents Itself”. Ci-joint, un lien intitulé ‟Anti-Zionism and Anti-Semitism” :

http://www.jcpa.org/phas/phas-wistrich-f04.htm

 

Parmi ces radicaux post-modernes, on trouve un certain nombre de Juifs. Au nom de l’universalisme dont ces derniers sont censés être les porteurs, ils vilipendent Israël et refusent au peuple juif ce qu’ils ne refusent pas aux autres peuples. J’aime la sévérité avec la famille mais il me semble ces Juifs dépassent les limites et que leur zèle met en danger une communauté toujours menacée.

 

Dans ‟La concurrence des victimes : génocide, identité, reconnaissance”, le sociologue Jean-Michel Chaumont pointe cette concurrence victimaire qui ne peut que faire penser aux insanités de José Saramago, complaisamment relayées par ‟El País”, grand quotidien espagnol de centre-gauche. A en croire le prix Nobel de littérature 1998, les Juifs sont éduqués dans l’idée que les souffrances des autres (en particulier celles des Palestiniens) ne sont pas grand chose en regard de leurs propres souffrances. Bref, toujours selon ce monsieur, les Juifs ne cesseraient de gratter leurs plaies afin de les maintenir purulentes et les exhiber à la face du monde. Je ne connais pas d’affirmation plus vulgaire.

 

Dans les années 1960, la pensée juive a bénéficié d’un certain engouement. On se souvient du célèbre ‟Nous somme tous des Juifs allemands” en soutien à Dany le Rouge. Cet engouement fit perdre aux Juifs leur réalité. Ils devinrent un archétype — comme le Juif errant. Dans ‟Heidegger et «les juifs»” de Jean-François Lyotard, le mot ‟juif” est écrit avec une minuscule ; il est sans spécificité, exit le peuple juif ; il représente tous les dépossédés, où qu’ils soient.

 

L’État d’Israël perturbe cette opération qui consiste à vider le mot ‟juif” de sa substance. On voulait que ‟le Juif” soit le cosmopolite par excellence ; c’était chic, c’était tendance. Mais le sionisme et la création de l’État d’Israël bouleversent certaines catégories mentales. Le déraciné prend racine et la morale post-moderne en perd son latin. Je pourrais à ce propos citer des pages des ‟Frontières d’Auschwitz” de Shmuel Trigano. Nombreux furent ceux qui en vinrent à penser que l’État d’Israël ne pouvait être juif dans son essence tellement était archétypale leur vision du Juif ; et ils déclarèrent traître le Juif, traître… à l’image qu’ils en avaient. Parmi ces juges implacables, des Juifs.

 

Je cède la parole à Alain Finkielkraut : ‟Ce dont les Juifs ont à répondre désormais, ce n’est pas de la corruption de l’identité française, c’est du martyre qu’ils infligent, ou laissent infliger en leur nom, à l’altérité palestinienne. On ne dénonce plus leur vocation cosmopolite, on l’exalte, au contraire, et, avec une véhémence navrée, on leur reproche de la trahir. On fait valoir nostalgiquement que la judéité n’est plus ce qu’elle était, à l’admirable exception de quelques justes, de quelques dissidents, de quelques prophètes obstinés qui ne se laissent pas intimider et qui, prenant tous les risques, osent penser comme on pense. Loin de mettre en cause l’inquiétante étrangeté des Juifs, on leur en veut de nous rejoindre au moment où nous nous quittons, on se désole de leur assimilation à contretemps et du chassé-croisée qui les fait tomber dans l’idolâtrie et la sanctification du Lieu quand le monde éclairé se convertit en masse au transfrontiérisme et à l’errance ; on n’accuse pas ces nomades invétérés de conspirer au déracinement de l’Europe, on déplore que ces tard-venus de l’autochtonie aient régressé au stade où étaient les Européens avant que le remords ne ronge leur ego et ne les contraigne à placer les principes universels au-dessus des souverainetés territoriales.”

 

Ce désir de convertir l’image séculaire du Juif, soucieux de son particularisme, en un modèle amélioré qui ‟transcende” les frontières et les communautés est l’un des courants du nouvel antisémitisme. La victime universelle exige l’annihilation, physique ou symbolique, de la victime particulière. La souffrance d’un peuple, le peuple juif en l’occurrence, doit s’effacer devant la souffrance de l’humanité, la souffrance en général. Ce nouvel antisémitisme ainsi paré aux couleurs de l’universel exerce un puissant attrait sur les bonnes âmes — y compris sur certains Juifs, redisons-le.

 http://zakhor-online.com/?p=3457

mai 9, 2012

Canada : Ouverture d’une enquête sur une madrassa de Toronto

Par Melba

Encore des musulmans quí n’ont pas bien compris le prétendu message de paix de l’islam. Si seulement ce n’était qu’un cas isolé.

La police canadienne a ouvert une enquête sur l’école musulmane East End Madrasah de Toronto, dont le matériel tutorial enseigne aux garçons de s’entraîner pour être ”prêts pour le jihad,” et apprend aux élèves que les Juifs sont “perfides” et comparables aux nazis.

Sergent Rebecca Boyd, porte-parole de police, a dit au National Post, qu’une plainte pour crime de haine a été déposée par les Amis du Centre Simon Wiesenthal, qui ont découvert le tutorial sur le site de la madrassah East End, en précisant que l’enquête ne fait que débuter.

Interrogée sur le sujet, la directrice de la madrassa, Masuma Jessa a répondu qu’elle était en train “d’étudier la question”. Elle a déclaré que les textes du programme en question ont été retirés du site Internet de l’école.

Plus tard, lundi, c’est tout le site Internet de l’école qui a été désactivé.

Extraits traduits en français des textes ”éducatifs” de la madrassa

“L’islam permet aux garçons de pratiquer des sports, pour une raison bien précise qui est de toujours se maintenir en bonne santé et fort. Mais pourquoi un musulman dit-il être en bonne santé et fort ? Tout d’abord, parce qu’il est nécessaire de prendre soin de son corps parce qu’il est un don d’Allah. Deuxièmement, pour que vous puissiez être physiquement prêt pour le djihad quand le moment sera venu. “

“L’islam est une dynamique universelle qui vise à rectifier les systèmes sociaux et économiques du monde d’une manière spéciale. Contrairement aux croyances des anciens Romains, des Juifs et des nazis, l’Islam ne se limite pas à une certaine communauté ou une certaine race, mais il est pour tous les êtres humains … “

“Sans doute, toute personne sage et humaniste admire un tel combat [le djihad] parce qu’il n’y a pas d’autre moyen pour atteindre les objectifs sacrés des prophètes.”

“Fin des complots et des trahisons des Juifs: Depuis l’entrée du Prophète dans Médine, les Juifs perfides s’opposaient avec véhémence à lui et à son message islamique, évoquant des souvenirs de leur hostilité au Prophète précédent, Jésus-Christ, un demi-millénaire plus tôt. Les Juifs rusés ont alors conclu une alliance avec les les Qurayshites polythéistes dans le but d’éradiquer l’islam. Ils ont conspiré pour tuer le Prophète Muhammad en dépit du fait qu’il avait été clément envers eux et les avait traités avec bonté, dans l’espoir de les convaincre de la vérité de l’Islam. Mais finalement comme les complots juifs et les agressions se sont multipliés, il n’a pas eu d’autre choix que de prendre les armes contre eux, afin de protéger l’islam et les musulmans. Lors de la bataille de Khaybar qui est célèbre pour les exploits héroïques de l’Imam Ali, le Prophète les a battu, mettant ainsi fin aux intrigues juives en Arabie. “

Source : National Post

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mai 9, 2012

Archéologie de l’antisémitisme 1/2


Peut-être — effrayante hypothèse — les juges-pénitents sont-ils incapables de condamner la croyance scientiste dans la lutte des races et la survie du plus apte autrement qu’en actualisant ou qu’en recyclant saint Paul, c’est-à-dire le grief fait à la postérité d’Abraham de se crisper sur ses prérogatives dynastiques et de s’en tenir aux liens du sang quand on lui propose l’union des cœurs.” Alain Finkielkraut

En lisant ‟The Secret Passion of the New Antisemitism”, un article d’Assaf Sagiv, rédacteur en chef depuis 2007 de la revue ‟Azure – Ideas for the Jewish Nation”, revue fondée en 1996 et publiée par ‟The Shalem Center” (Jérusalem), en anglais et en hébreu.

 

 

La haine du Juif s’est élaborée à partir de paradigmes inhérents à certaines sociétés qui opposaient l’universalité (leur prétention à l’universalité) au particularisme juif. Elle a commencé à se structurer au cours de la période hellénistique, dans l’aire conquise par Alexandre le Grand. La grécité (Greekness) y était exaltée comme mode de vie et de pensée. Dans ‟Judaism from the Greek Perspective and the Emergence of the Modern Hellenistic Jew”, Yaacov Shavit écrit : ‟Hellenism had a sense of cultural mission and its culture was disseminated not only as the fruit of unavoidable contacts between various segments of the population, but as part of a deliberate policy. Hellenism was an assimilationist civilization with a cosmopolitan dimension, a-national and a-ethnic. It saw in «culture» a platform for human partnership, and not in «race» or «religion»”.

 

L’opposition entre l’hellénisme et le judaïsme était inévitable ; il promettait d’être lourd de conséquences. Des affrontements eurent lieu sur la terre d’Israël et dans des villes comme Alexandrie. Des écrits ouvertement anti-juifs virent le jour. Ce sont les premiers dans le genre, les premiers d’une très longue série. Leurs auteurs, des lettrés hellénistiques : Manetho, Diodorus Siculus, Lysimachus et Apion, le plus connu de tous.

 

Manetho affirmait que les Juifs ne s’étaient pas enfuis d’Égypte à l’occasion d’une révolte contre Pharaon, mais qu’ils en avaient été chassés parce que considérés comme néfastes pour la société égyptienne. Il affirmait même que les Juifs constituaient une menace pour toutes les autres civilisations. L’Égypte des Ptolémées considérait les Hittites (une menace pourtant directe) comme moins dangereux que les Juifs, une menace jugée fondamentale et à nulle autre pareille. Bref, selon Manetho, les sociétés devaient se protéger des Juifs, en commençant par les envoyer dans le désert ou en les exterminant si cette mesure s’avérait insuffisante. Plus j’étudie ces anti-juifs (je n’ose dire antisémites) des époques hellénistiques plus je me dis que la hargne et la haine de Simone Weil à l’égard des Juifs et du judaïsme boit à cette source, à la source grecque. Il faut lire et relire ce texte central, ‟Israël et les Gentils” dans ‟Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu” (Éditions Gallimard, Collection ‟Espoir”). C’est un texte atroce, atroce parce qu’injuste, qui reprend tous les poncifs anti-juifs hellénistiques.

 

Antiochus VII, tétradrachme, Antioche, 138-129 av. J.-C.

 

L’historien Diodorus Siculus jugeait que les Juifs étaient condescendants et qu’ils s’adonnaient à l’usure à des taux excessifs, d’où la triste condition des Gentils durant des siècles, etc., etc. Je n’insisterai pas. Nombre de poncifs anti-juifs ont été élaborés bien avant le christianisme par des intellectuels de l’époque hellénistique. Selon cet historien, l’attitude détestable des Juifs envers les autres est à l’origine du siège de Jérusalem (en 135-134 avant J.-C.) conduit par le souverain séleucide Antiochus VII. Ses conseillers l’avait incité à en chasser les Juifs accusés de vouloir se couper du reste de l’humanité. Ils lui avaient assuré que ces derniers avaient été expulsés d’Égypte, détestés de tous parce que détestant tout le monde… Bref, les Juifs étaient responsables de leurs propres malheurs et n’avaient qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

 

Lysimachus est l’un des propagateurs d’une version anti-juive de l’Exode, version probablement élaborée à partir d’autres sources que celles de Manetho. Et Apion ? En lien un article de la Jewish Encyclopedia :

http://www.jewishencyclopedia.com/articles/1641-apion

 

L’Exode (la sortie d’Égypte) et ses réécritures au cours de la période hellénistique me semblent un point névralgique dans l’étude de la formation de l’antisémitisme. Le christianisme n’aurait-il pas été contaminé par cette ambiance ?

 

Un autre paradigme en compétition avec le judaïsme est personnifié par le Juif hellénisé Saul de Tarse, Paul. La théologie paulienne s’est employée à faire glisser l’élection divine, Israël selon la chair vers Israël selon l’esprit (voir l’Épître de Saint Paul apôtre aux Galates 3 : 26-29), soit tous ceux qui reconnaissaient en Jésus le Messie : ‟Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme ; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse.” Sans vouloir dénoncer la foi chrétienne, je me demande une fois encore si le Juif Paul de Tarse — Saint Paul, l’un des piliers de l’Église — n’a pas été l’auteur de l’un des plus formidables coups de force de l’histoire, un coup de force conduit par un Juif contre le judaïsme. Saul de Tarse était-il pleinement conscient de la gigantesque dynamique qu’il mettait ainsi en marche ? Une dynamique qui fit que les Juifs — sa famille — se retrouvèrent peu à peu relégués par une bonne partie de l’humanité au rôle de témoins de la véracité du ‟Nouveau Testament” ; une fois encore, je fais usage d’une désignation qui me dérange : je lui préfère celle de ‟Second Testament”.

 

Les Juifs n’allaient pas tarder à être considérés comme d’intéressantes pièces archéologiques mais aussi comme des entêtés à convertir, tantôt par la force tantôt par la persuasion. Ce n’est pas tout. Selon certains, parmi lesquels saint Augustin, leurs malheurs étaient la preuve de leur erreur à ne pas reconnaître le Messie en la personne de Jésus. Plus je lis saint Augustin, plus je comprends la pensée distordue de George Steiner concernant les Juifs. Saint Augustin est un penseur admirable (voir ses réflexions sur la mémoire et le temps), sauf lorsqu’il pérore sur les Juifs. Il est vrai qu’il faut replacer l’homme dans son époque, celle qui vit les débuts du christianisme, à cheval entre le IVeet le Ve siècle, une époque qui suivait de peu la naissance de l’Église de l’Empire romain — en 324-325, avec l’empereur Constantin 1er. Les Romains avaient massacré et dispersé les Juifs. Les chrétiens (à l’exemple de saint Augustin) verront dans leurs malheurs la preuve vivante de la véracité du message chrétien. Et le serpent commencera à se mordre la queue…

(à suivre)

 http://zakhor-online.com/?p=3383

mai 7, 2012

Société allemande: "Vous êtes une vraie Juive, menteuse et tricheuse"

Une société allemande a présenté des excuses à une cliente en Israël pour l’envoi d’un email antisémite suite à un différend commercial. (Jerusalem Post)

Lars Adler, co-propriétaire de Hoff-Interieur, un fabricant basé à Nuremberg, s’est excusé pour un email envoyé à partir du compte de son entreprise à Eti Doron, qui tient un magasin de jouets à Tel Aviv. L’email disait que les Juifs sont une maladie et faisait l’éloge de l’écrivain Günter Grass qui a accusé Israël d’être une menace pour la paix mondiale.

Lars Adler a déclaré que le message injurieux a été envoyé, à son insu lorsqu’il était à l’étranger, par son père, M. Walter Adler, le fondateur à la retraite de l’entreprise.

"Veuiilez noter que nous regrettons sincèrement l’affront fait à Mme Doron, à sa religion et à votre peuple. Nous sommes des personnes libérales, cosmopolites, ouvertes et commerçons avec le monde entier depuis de nombreuses années", a-t-il écrit au Jerusalem Post.

M. Adler a déclaré que son père, âgé de 75 ans, n’était plus impliqué dans la gestion de l’entreprise car les médecins avaient diagnostiqué il y a cinq ans qu’il souffrait d’une maladie mentale.

La semaine dernière Eti Doron a montré au JPost le message haineux que lui avait adressé Hoff-Interieur suite à l’annulation d’une transaction d’une valeur de 600 euros.

"Nous voyons que vous avez décidé d’être une vraie Juive, non seulement une menteuse mais aussi un tricheuse. Votre comportement abominable nous a causé une grosse perte. Nous devons nous rappeler ce qui fut un aphorisme pendant des centaines d’années en Europe, que certaines personnes de votre origine sont la pestilence-la peste pour l’être humain. Nous n’avons jamais cru que c’était vrai, mais vous avez confirmé que c’est bien vrai."

Mme Doron a dit qu’elle avait été profondément choquée par l’email parce qu’elle n’a jamais reçu aucune marchandise provenant de la société et parce que l’opération envisagée était modeste (600 euros – or l’entreprise semble être assez importante et se définit comme un "leader dans le secteur de l´habitat, de l’artisanat et des articles cadeau"). Cette histoire a été reprise par de nombreux médias en Allemagne et en Autriche.

Mais Michael Doron, le frère d’Eti Doron, conteste la version de Hoff-Interieur. Sa sœur a récemment reçu une lettre d’excuses signée par Walter Adler lui-même qui semblait prouver qu’il est en pleine possession de ses facultés.

"Comment est-il possible qu’un homme supposé souffrir de démence écrive une lettre si bien structurée et introspective?", s’interroge-t-il. "Eti n’ a aucun doute que la lettre signée par Walter Adler a été écrit par Hoff-Interieur dans une tentative d’éviter un procès et de jeter les bases pour la défense juridique de la société devant les tribunaux."

La Ligue Anti-Diffamation (ADL) a déclaré jeudi dernier – avant les explications et les excuses de la société allemande – que la correspondance était la preuve qu’un courant d’antisémitisme existe dans la société allemande.

"De toute évidence, cet individu est un anti-sémite et il a fallu un litige commercial pour que ses préjugés se manifestent", a déclaré Abraham Foxman qui préside l’ADL.

La moitié des Allemands croit qu’Israël extermine les Palestiniens

 

http://philosemitismeblog.blogspot.fr/2012/05/societe-allemande-vous-etes-une-vraie.html

mai 6, 2012

Al Qaida: les Irlandais seraient prêts à se convertir à l’islam…

Pour comprendre les observations de ce terroriste sur les Irlandais, il est utile de lire Le cinéaste irlandais Nicky Larkin détestait Israël mais il a changé d’avis.

Source: Islam in Europe (Ireland: Al-Qaeda targeting Irish for conversion)

Une lettre d’Adam Gadahn, alias Adam Pearlman [photo], un Américain protestant, dont un des grand-pères était juif, converti à l’islam et membre d’Al Qaida, écrite en janvier 2011 a été trouvée chez le terroriste Osama Ben Laden, lors du raid américain qui lui coûta la vie il y a un an. Adam Gadahn détaille sa vision – sommaire, il est vrai – du potentiel de conversion à l’islam chez les Irlandais qu’il estime être déçus par l’église catholique et donc susceptibles de se convertir. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte, dont leur sympathie pour la cause palestinienne (incidemment, un phénomène bien européen) et leur antisémitisme en tant que catholiques:

"J’ai pris cette décision quand j’ai constaté que le peuple irlandais avait de la sympathie pour la cause palestinienne, le traitement clément réservé par le système judiciaire irlandais aux musulmans accusés de terrorisme et le fait que l’Irlande ne participe pas avec ses troupes dans les guerres de croisade de Bush.


En outre, la dernière crise économique qui a touché durement l’Irlande m’a incité à préparer ce message. La crise pousse les jeunes à chercher du travail à l’extérieur. L’autre point est la colère croissante en Irlande envers l’Eglise catholique du fait qu’un certain nombre de scandales sexuels et autres ont été divulgués. Après avoir été les plus religieux dans une Europe athée, les gens là-bas optent pour la laïcité. Pourquoi ne pas leur proposer l’islam?"

Et évidemment un atout de taille supplémentaire pour la conversion – l’antisémitisme que le saint homme croit déceler chez les catholiques:

"Historiquement, parmi tous les chrétiens, les catholiques furent toujours les ennemis les plus acharnés des Juifs. [...] De nos jours, les catholiques en général ont plus de sympathie et de compréhension envers les musulmans que les Protestants et les chrétiens orthodoxes", écrit-il.

Voir: Irish Examiner et Irish Times
Les Juifs en Irlande: "March 2007 has seen the release of preliminary results for the Republic of Ireland’s 2006 census of population. Out of a total population of 4.2 million, a mere 1,900 are Jewish, barely above that community’s level of 1,600 in 1991. By way of contrast, the Muslim population over the same fifteen years’ period has increased ninefold from 3,900 to 35,500, while the number of Eastern Orthodox Christians has shot up from a tiny presence of less than 400 to reach 20,800. Even the ethnic composition of the majority Catholic faith has changed, as the current Irish population also comprises 63,000 Poles and 25,000 Lithuanians. [...] The 1946 census showed a total Jewish population of 3,900, but it then fell back to 3,300 by 1961. There was to be an even more rapid decline thereafter, before it stabilised in 1991 at 1,600, or just under half the Irish community’s size thirty years previously."

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