Archive de avril 9th, 2012

avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (3/3)

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"Lorsqu’elle est devenue un pays libre et prétendument démocratique, la Hongrie m’a enfermé dans la case « judéité ». […] Cela m’a rendu incapable de développer le moindre sentiment de solidarité nationale. C’est triste, parce que cela corrobore le vieux préjugé qui veut que le « juif » ne s’intéresse pas au « Hongrois »".

C’est ainsi que s’exprimait l’écrivain hongrois prix Nobel de littérature Imre Kertész, dans un récent entretien au « Monde ». En retour, l’écrivain suscite en Hongrie le mélange de fierté et de mépris réservé à ceux qui on quitté le pays, pour réussir qui plus est, et sans se montrer fier de ses racines hongroise, par-dessus le marché.

"Je me sens blessé par cette Constitution"

Ne pas se sentir partie intégrante de la société hongroise, ce n’est absolument pas le cas de Dávid Szél, un jeune psychologue. "Bien sûr que je me sens concerné par l’avenir de ce pays, c’est le mien !". Ce doctorant en psychologie spécialiste des identités juives ne parle pas hébreu, ne prie pas, mais il se sent juif. Il se dit "blessé" par la nouvelle Constitution car elle occulte toute une partie de l’histoire, la période de l’occupation allemande. "C’est une façon de dire « l’Holocauste, c’est le problème des Juifs, pas des Hongrois, nous n’y sommes pour rien »". Il insiste sur l’Holocauste comme élément fondamental constitutif de l’identité juive actuelle en Hongrie et pointe du doigt le manque d’engagement de l’Etat hongrois : "Tant que la Hongrie ne reconnaîtra pas sa responsabilité dans l’Holocauste, l’identité juive personnelle restera conflictuelle". Dávid raconte aussi, non sans quelques pointes d’humour, comment l’inconscience de son grand-père l’a conduit jusqu’à Auschwitz d’où il est miraculeusement revenu, un gardien du camp avec qui il avait en quelque sorte sympathisé lui ayant fait éviter la « mauvaise file ».

"Je n’ai pas peur sur un plan personnel, mais quand Jobbik brûle le drapeau européen, alors oui, j’ai peur, en tant que Hongrois et que père de famille, car je ne veux pas vivre dans un pays où il y aurait moins de culture, d’universités, de richesse, de bonheur. Si Jobbik gagnait les élections, je quitterais immédiatement le pays, mais pas seulement parce que je suis juif", affirme Dávid Szél.

A-t-il déjà été victime de racisme ? Non, jamais. A bien y réfléchir, si, cela lui est arrivé trois fois dans sa vie, mais de l’antisémitisme "soft", comme il tient à le préciser. "Les gens détestent les Juifs car ils voudraient être comme eux, ou ce qu’ils pensent être, c’est-à-dire avoir de l’argent. Mais ce sont les Tsiganes qui ont un problème beaucoup plus sérieux avec l’extrême-droite". Il raconte comment il a remis à sa place une fleuriste qui avait partagé avec lui une blague raciste. "Pour elle, cela allait de soi que je n’aimais pas les Tsiganes". Un racisme ordinaire qui est beaucoup plus acceptable en Hongrie que celui dirigé contre les Juifs.

Son ami János n’a lui jamais trop prêté attention aux gesticulations de Jobbik, en tout cas jusqu’à la grande manifestation anti-gouvernementale au début de l’année, lorsque des contre-manifestants d’extrême-droite se sont invités sur les ordres du leader du parti Gabor Vona : « Ils veulent nous prendre la rue, ne les laissez pas faire, la rue est à nous ». "Cela, ça me fait peur, mais pour le reste, qu’ils brulent le drapeau européen ou qu’ils disent ce qu’ils veulent, dans la rue ils ne me font pas peur. On ne voit pas sur ma tête que je suis juif, mais j’ai vu des Chinois ou des Tsiganes se faire attaquer dans la rue, et les gens se contentaient de regarder ailleurs…"

Le gouvernement contre-attaque

La Hongrie est-elle un pays antisémite ? La question provoque des remous dans la classe politique hongroise. L’eurodéputée du parti de Viktor Orbán, Ágnes Hankiss, s’est insurgée dans une lettre ouverte à ses collègues du parlement européen : « Il n’est pas vrai que les Juifs ont peur aujourd’hui en Hongrie. C’est un mensonge flagrant et très toxique. La tragédie historique des Juifs ne devrait pas être manipulée à des fins politiques ». Selon elle, des députés du parti socialiste ont utilisé sans vergogne cette arme pour discréditer le gouvernement hongrois au plus fort des critiques internationales contre la nouvelle Constitution.

Le gouvernement peut aussi compter avec le soutien de Slomo Köves, un jeune rabbin orthodoxe très influent, pour déminer le terrain. Des journalistes français ? Au siège de la communauté ultra-orthodoxe EMIH[i] qu’il dirige, la réceptionniste israélienne – arrivée quelques années plus tôt en Hongrie pour suivre son mari hongrois – est sceptique et même légèrement irritée et défiante :

"Pourquoi vous intéressez-vous à la Hongrie ? Après huit années passées à Budapest, je n’ai jamais eu aucun problème et mes enfants non plus. Ce sont les Tsiganes que les gens détestent ici car ils font beaucoup trop d’enfants. D’ailleurs, j’ai entendu dire que la France sera bientôt un pays musulman".

L’entretien n’aura pas lieu, qu’importe, l’homme s’est déjà exprimé dans la presse israélienne à ce sujet : "J’ai connu plus d’antisémitisme verbal et physique en deux ans en France qu’en vingt ans en Hongrie", a-t-il récemment affirmé dans le « Jerusalem Post ». Slomo Köves a une sérieuse dette auprès du gouvernement, il lui doit la récente reconnaissance officielle par l’Etat hongrois de sa communauté religieuse… et toutes les subventions qui vont avec.

 


[i] Affiliée au mouvement ultra-orthodoxe Habad Loubavitch

avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (2/3)

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Une amnésie qu’avait très brutalement dénoncé l’écrivain Akos Kertész dans le Népszava américain et qui lui vaut aujourd’hui d’être un renégat [lire la première partie]. Comme la Hongrie « n’a pas demandé pardon, elle ne recevra pas l’absolution », avait-il écrit.

La Hongrie frappée d’amnésie partielle

Après les quatre décennies de « blackout » mémoriel imposées par le régime communiste post-seconde guerre mondiale, la Hongrie revient peu à peu à elle-même, mais très lentement. L’Holocauste a été "la tragédie de la nation hongroise toute entière", a récemment déclaré le ministre des Affaires étrangères de la Hongrie, János Martonyi, à la cérémonie d’ouverture de l’année qui marque le centenaire de la naissance du « Juste parmi les nations » Raoul Wallenberg [viii].

"L’Etat hongrois a été incapable de défendre ses citoyens et, alors qu’il était sous occupation [par l’Allemagne nazie], il a assisté leur mort". Les mots sont forts et contrastent avec le peu de contrition dont fait preuve la grande majorité de la population pour le rôle de la Hongrie dans l’Holocauste, dont elle ne se sent en rien responsable.

Car si le suédois Wallenberg mérite le statut de héros pour avoir sauvé de la déportation des milliers de Juifs de Hongrie, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est encore à ce jour un héros très méconnu. Wallenberg, est-ce le meilleur atout du gouvernement pour balayer toute accusation d’antisémitisme ? "Je n’ai pas besoin de prouver que la Hongrie n’est pas un pays antisémite. C’est une insulte. Nous avons un parti d‘extrême-droite qui utilise une rhétorique antisémite. […] Mais ce n’est pas la Hongrie, ce n’est pas l’opinion publique hongroise, et encore moins celle du gouvernement hongrois", s’est insurgé le ministre des Affaires étrangères dans « The Jerusalem Post », à l’ouverture de l’exposition.

"Partout dans le monde, l’holocauste doit faire partie de l’enseignement public", a aussi déclaré M. Martonyi. Mais la Hongrie est loin de donner l’exemple dans ce domaine. La faiblesse de l‘enseignement de l’Holocauste, c’est même le principal problème pointé par Péter Feldmayer, le président de la fédération des communautés juives de Hongrie. Il est tout à fait stupéfiant de pouvoir rencontrer des jeunes lycéens et même des étudiants qui ne savent rien ou presque de la tragédie qui s’est joué d’octobre 44 à mars 45, pendant ces quelques mois où l’Allemagne – fatiguée des atermoiements et de la mollesse du régent Horthy sur la « question juive » – n’envahisse le pays et ne réalise la déportation de plusieurs centaines de milliers de personnes, avec l’aide de ses suppôts hongrois, les Croix Fléchées. Une véritable politique de la chair brûlée alors que l’Armée rouge était aux portes de la ville.

Cela s’explique. Selon la politique très libérale qui a prévalu ces dernières années, chaque établissement scolaire a le choix parmi un grand nombre de manuels scolaires d’Histoire. Si certains octroient une place à l’Holocauste, d’autres se contentent d’effleurer le sujet, en quelques paragraphes. Le 1er gouvernement Orbán (1998-2002) avait pourtant établi le « Jour du Souvenir de l’Holocauste hongrois » qui consiste chaque 16 avril en des programmes éducatifs spéciaux dans les écoles. Il existe aussi des séminaires pour former les enseignants ainsi qu’une méthode très performante d’enseignement de l’Holocauste mise au point en Hongrie, mais ils ne sont qu’une minorité à en profiter et les enseignants préfèrent éviter les sujets sensibles de l’histoire hongroise, tout simplement car ils ne savent pas quelle est la « ligne officielle ».

"Nous n’avons aucun consensus sur rien"

"Nous n’avons aucun consensus sur rien depuis Trianon, ni sur Horthy lui-même, ni sur notre rôle dans la seconde guerre mondiale, ni sur la révolution de 1956", déplore János, un jeune de Budapest qui n’a découvert sa judéité qu’à l’âge de 18 ans. Il rappelle l’antagonisme très profond entre une Hongrie de la terre et une Hongrie des villes : deux mouvements littéraires qui se sont affrontés dans l’entre-deux guerres pour ressurgir au début des années 1990 dans le débat politique et dont les porte-voix étaient souvent antisémites. "Il se trouve même des gens pour affirmer que le poète hongrois et juif Miklós Radnóti n’a pas été assassiné par les Nazis mais que, bien au contraire, ce sont les bombes soviétiques qui ont empêché les soldats allemands de le conduire à l’hôpital pour y être soigné ! Comment débattre, comment discuter ?", s’interroge-t-il.

Au lendemain du discours de Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen, lui aussi pestait contre les exagérations du député européen, sans rejeter ses accusations en bloc et s’interrogeait : "les Juifs ont peur du chemin emprunté par la Hongrie, de ce qu’elle pourrait devenir, c’est peut-être ce qu’il a voulu dire…". Il a appris à l’âge de 18 ans que la famille de sa grand-mère polonaise avait été décimée pendant la seconde guerre mondiale pour son origine juive, ce qui faisait de lui aussi un Juif. "Cela a enthousiasmé le groupe de personnes que je fréquentais à l’époque, Juifs aussi, et j’ai été choqué d’être présenté suite à cela aux parents comme « l’ami juif », car je ne me considère pas comme juif, puisque je ne suis pas religieux et que personne de ma famille ne l’est".

En cela, János est très représentatif de l’immense majorité des 100.000 Juifs, totalement assimilés, qui portent des noms hongrois, ne parlent pas hébreu et ne sont pas religieux. "Il est devenu "fashion" d’être juif aujourd’hui en quelque sorte. Il existe une petite communauté de jeunes qui réussit très bien, dans les études et au travail et qui essaient d’être de bons juifs – même si cela ne va pas au-delà de la tradition de Yom Kippour - et surtout qui essaient de le montrer", ironise-t-il. Mais allons plutôt rencontrer son ami Dávid, propose János, c’est un jeune psychologue qui – selon ses propres mots ponctués de guillemets – est beaucoup plus juif que lui.

[viii] Cet homme d’affaires suédois a sauvé de la déportation plusieurs dizaines de milliers de Juifs hongrois. Arrêté en 1945 par l’Armée rouge, on ne sait toujours pas à ce jour ce qu’il est advenu de lui.

avril 9, 2012

Les Juifs ont-ils peur dans la Hongrie de Viktor Orbán ? (1/3)

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Une Constitution qualifiée de liberticide, un dirigeant d’ultranationaliste et autoritaire, un pays décrit comme celui où des milices d’extrême-droite ont droit de cité… De ce vaste amalgame, il est souvent ressorti l’image d’une Hongrie antisémite. Les critiques ont culminé avec le discours de l’eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit au mois de janvier devant le parlement européen :

"Des [personnes de] ma famille et des gens que je connais, Juifs en Hongrie, ont peur aujourd’hui. Les minorités ont le droit de ne pas avoir peur dans votre pays, Monsieur Orbán !", avait-t-il pris à parti le premier ministre hongrois, suscitant l’indignation en Hongrie.

Comme pour donner raison à Daniel Cohn-Bendit, l’écrivain juif hongrois Akos Kertész a déposé une demande d’asile politique au Canada, au début du mois de mars. Sa vie y était devenue selon lui impossible depuis la publication au mois d’août d’un article dans le journal hongrois publié aux États-Unis « Népszava », dans lequel il reprochait au peuple hongrois son amnésie vis-à-vis de l’Holocauste en des termes perçus comme orduriers en Hongrie.[i] « A la suite de la campagne politique de la presse proche du gouvernement, M. Kertész a subi des menaces et des harcèlements, il a senti sa vie en danger », a indiqué son service de presse. Les 100.000 Juifs de Hongrie se sentent-ils vraiment menacés ?

"Le gouvernement n’est pas antisémite"

Dans l’un des nombreux bars du 7ème arrondissement de Budapest, dans le centre-ville, Zoltan fulmine. C’est le quartier juif, nommé Erzsébetváros en l’honneur de l’Impératrice Sissi, qui abrite la « Nagy Zsinagóga », la plus grande synagogue d’Europe, ainsi que les sièges des principales organisations de la communauté juive. C’est aussi le quartier branché vers lequel convergent les touristes, les jeunes « bobos » et la jeunesse fauchée, car on y trouve la plus grande concentration de « romkocsma » (des immeubles délabrés et des squats artistiques transformés en bars) qui participent à la réputation internationale de la ville.

"J’ai été écœuré par le discours de Cohn-Bendit, commente ce sociologue proche du parti parlementaire LMP, affilié au parti vert européen. "Il a dit des choses tout à fait irrationnelles alors que nous avons besoin au contraire ici de rationalité. Il a fait le jeu de Viktor Orbán", déplore le jeune homme, qui se décrit lui-même comme un quart juif, ce qui en Europe centrale s’entend comme le fait d’avoir un grand-parent juif. Sa réaction est partagée par beaucoup d’opposants en Hongrie, partagés entre la satisfaction de recevoir du soutien dans leur lutte contre le pouvoir de Viktor Orbán, l’irritation devant la maladresse et parfois même la grossièreté de certaines critiques formulées contre leur gouvernement, et la méfiance vis-à-vis de ce qui peut-être vite perçu par la population hongroise comme de l’ingérence étrangère, pouvant mener au statut très peu enviable de « hazaáruló » (traître à la nation). Celui-là même que s’est vu attribuer l’écrivain Akos Kertész.

"Les Juifs ont des raisons d’avoir peur avec l’apparition du parti d’extrême-droite Jobbik qui utilise une rhétorique antisémite que l’on entend même jusque dans la rue, et avec ses organisations paramilitaires comme la Magyar Gárda ", explique András Kovács, le sociologue qui fait autorité en Hongrie sur les questions de nationalisme et d’antisémitisme. Mais, continue-t-il, "le discours de M. Cohn-Bendit était assez exagéré. Il y a beaucoup de choses qui ne vont pas avec le gouvernement actuel, mais il n’est pas antisémite. Dans un sens, il est même allé plus loin que le précédent gouvernement socialiste car c’est lui qui a banni les milices d’extrême-droite, même si la nouvelle loi n’est pas encore très effective…[iii] Faire un lien entre la montée de l’antisémitisme et l’actuel gouvernement hongrois n’est pas une bonne argumentation car ce phénomène a commencé dès 2006".

Viktor Orbán est tombé dans son propre piège

Jobbik est antisémite et emploie une rhétorique raciste et haineuse dirigée contre les Tsiganes dans les campagnes et contre les Juifs dans les plus grandes villes. Mais la situation avec le parti conservateur (la Fidesz) de Viktor Orbán n’est pas si simple, comme l’explique Péter Feldmayer, le président de la Fédération des communautés juives de Hongrie, le MAZSIHISZ[iv]. La Fidesz est selon lui un "parti conservateur normal, comme cela se fait ailleurs en Europe" et son courant principal n’est en rien hostile aux Juifs. Mais il garde des liens avec Jobbik hérités des cercles civiques (polgári körök) créés après sa défaite face aux socialistes en 2002 et par lesquels sont passés les futurs cadres de l’extrême-droite, notamment son leader Gabor Vona. "Il se trouve aujourd’hui encore des gens au sein de la Fidesz et même du gouvernement – pas au sommet du gouvernement, mais tout de même – qui sont des sympathisants de Jobbik et qui peuvent prendre des décisions à l’encontre des Juifs". M. Feldmayer en veut pour preuve la nomination d’une personnalité liée à l’extrême-droite à la tête d’un théâtre de Budapest.

La Fidesz porte une lourde responsabilité car elle utilisé un double langage pour « siphonner » les votes de l’extrême-droite dont elle avait auparavant popularisé et rendu acceptables les thématiques. Maintenant qu’elle est au pouvoir, elle a totalement cessé d’employer cette stratégie, mais ce n’est pas le cas des médias pro-gouvernementaux tels que « Magyar Hirlap » et « Echo TV ».

"Aujourd’hui, le gouvernement réalise que l’extrême-droite constitue une menace car Jobbik est devenu son principal opposant et que, si la crise se renforce et entraîne de nouvelles mesures d’austérité et une vague anti-européenne, c’est à Jobbik que cela profitera", estime András Kovács.

La Fidesz a mis en œuvre une partie du programme de Jobbik (notamment en octroyant plus facilement la citoyenneté hongroise et le droit de vote aux Magyars d’outre-frontière) sans toutefois réussir à assécher son électorat, mais a contenu sa progression puisque le parti ne doit ses 20% d’opinions favorables qu’à la faveur d’une très forte abstention de la moitié de la population ![vi]

La montée de l’antisémitisme : « l’effet Jobbik » sur la jeunesse

Les études sociologiques le prouvent, l’antisémitisme a grimpé en flèche ces dernières années. Stable depuis la moitié des années 90 avec un noyau dur d’antisémites viscéraux représentant 10-12% de la population, auxquels s’ajoutait 10% d’antisémites « modérés »[vii], cette proportion a clairement augmenté à partir de 2007-2008. "C’est l’effet Jobbik", analyse M. Kovács qui lie directement l’antisémitisme à l’extrême-droite. Mais contrairement à ce que l’on peut observer en Europe de l’Ouest avec les profanations de cimetières et les agressions physiques,

"l’antisémitisme violent n’existe pas en Hongrie. Ici l’antisémitisme est bruyant, mais symbolique. C’est peut-être un premier pas vers la violence, mais, à ce jour, elle n’existe pas", souligne le sociologue.

Signe particulièrement inquiétant, c’est chez les jeunes que l’antisémitisme a le plus progressé. "C’est une manière pour eux d’exprimer leur désenchantement et leur mépris pour l’establishment : « Je ne suis pas comme vous, je ne pense pas comme vous ! »", analyse le sociologue. Pour beaucoup de jeunes, être d’extrême-droite, c’est être rebelle, rock’n roll. Ils ont vu leurs parents s’appauvrir et tout indique que leur vie sera plus difficile et plus précaire que celle de leurs aînés. Ils vont au lycée et suivent des études qui ne leur permettront sans doute jamais de vivre décemment d’un métier qu’ils ont choisi.

Péter Feldmayer, président de la principale organisation juive, constate qu’"il y a 15 ans, l’antisémitisme était porté par des personnes « old-fashioned » et avait un goût de naphtaline, des années 30. Mais il y a eu un tournant et la nouvelle génération possède des leaders très talentueux qui savent très bien communiquer et toucher les jeunes via internet. Les mouvements antisémites ont su créer ces quinze dernières années un système très performant pour enseigner la haine contre les Juifs et les Tsiganes". En plus d’internet, ils organisent des « cours du dimanche », des programmes le week-end comme des concerts, des camps d’été, etc.


[i] Akos Kertész avait qualifié le peuple hongrois de « génétiquement inférieur/servile » et comparé les Hongrois à des porcs qui « aiment se tortiller dans la boue sans se soucier du boucher qui leur tranchera bientôt la gorge », en référence au nouveau pouvoir de Viktor Orban.

[iii] Le parti d’extrême-droite Jobbik en dénonçant la « criminalité tsigane ». Le parti de droite Fidesz de Viktor Orban a fait voter une loi contre la « criminalité en uniforme » pour rendre illégale les milices d’extrême-droite.

[iv] La Fédération des communautés juives de Hongrie, A Magyarországi Zsidó Hitközségek Szövetsége

[vi] Les derniers sondages montrent qu’environ 1 Hongrois sur 10 se dit en faveur du parti Jobbik, l’abstention étant la grande gagnante du début du mandat d’Orban, 55%.

[vii] « Modéré » = ne souhaitant pas priver les Juifs de leurs droits civiques.

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avril 9, 2012

Retour sur 5 opérations mythiques de la Marine

par Tsahal – Armée de Défense d’Israël

 

mastvic_g2L’importance de la marine israélienne est extrêmement significative tant sur le plan défensif que stratégique. Avec un nombre beaucoup moins important de soldats que l’armée de l’air, la marine est responsable de la sécurité des frontières et des routes commerciales maritimes d’Israël.

 

Ses soldats ont toujours joué un rôle essentiel pour maintenir la sécurité en Israël notamment ces dix dernières années, en déjouant de nombreuses tentatives d’infiltration et de contrebande d’armes en provenance de l’Iran et de la Syrie à destination des organisations terroristes palestiniennes dans la bande de Gaza.

Nous vous proposons donc de revenir sur les opérations les plus marquantes de l’histoire de la marine israélienne.

1) La bataille de la Côte Rumani: Retour à la maison avec un balai dans le mât.

Le 11 Juillet 1967, tout juste une semaine après la Guerre des Six Jours, Tsahal maintient une partie de la marine déployée pour jeter un oeil sur l’Egypte. Quelques navires israéliens sont stationnés dans le nord du Sinaï, ainsi que l’INS Eilat Destroyer et deux petits torpilleurs, l’INS et INS Daya Aya. En réponse, l’Egypte envoie quant à elle deux de ses torpilleurs dans la région. Une grande bataille s’engage entre les deux pays. Les deux navires égyptiens finissent par sombrer, et le Eilat INS est endommagé. Les navires de guerre israéliens sont ensuite retournés au port en arborant le symbole de la victoire traditionnellement utilisé dans ces circonstances: un balai accroché au sommet du mât.

2) Le naufrage d’Eilat INS: la grande tragédie

Moins de quatre mois après la bataille de Juillet 1967, le navire de guerre INS Destructeur Eilat est à nouveau déployé au large de la côte du Sinaï avec à son bord 199 membres d’équipage. Le 21 Octobre, le navire israélien détruit deux bateaux lance-missiles égyptiens. Les forces égyptienne ouvrent immédiatement le feu sur les soldats de la marine israéliens et font couler le Eilat INS. Quarante-sept marins israéliens sont tués dans l’attaque. À ce jour, le naufrage de l’Eilat INS est l’une des plus grandes tragédies que la marine israélienne a connue.

3) Opération “Haute Tension”: éliminer l’ennemi avant qu’il n’attaque

Selon les Renseignements militaire de Tsahal, des terroristes basés au sud de Sidon, au Liban, préparent une attaque contre Israël. Le 17 Avril 1980, une frappe préventive se prépare du côté des forces maritimes israéliennes. Des navires quittent le port avec à leur bord les combattants de forces spéciales de la marine, le commando Shayetet 13. Les navires ouvrent le feu en direction de la plage tandis que les soldats israéliens s’attaquent aux terroristes. En fin de compte, 15 terroristes impliqués dans l’attaque qui devait avoir lieu sont éliminés. Le commando de la marine retourne en Israël avec deux blessés légers.

4) Débarquement amphibie à Awali Beach, Liban

Au cours de la Première Guerre du Liban, la marine israélienne envoie des soldats au Sud-Liban pour neutraliser les terroristes de l’OLP implantés dans la région et porter un sérieux coup à leurs infrastructures. dans le sud. Des soldats de la brigade Parachutiste, du Corps de Blindé Mécanisé et des forces spéciales de la marine sont mobilisés sur le terrain. L’objectif affiché de l’opération est de mettre les communautés du nord d’Israël hors de portée des terroristes du Sud-Liban en repoussant ces derniers à 40 km plus au nord. L’opération conduit à l’effondrement de l’OLP dans le sud Liban. L’opération est un grand succès, malgré la quantité de missiles tirée par les terroristes sur les navires israéliens.

5) Le Karine A: 50 tonnes d’armes saisies

En Janvier 2002, le Karine A, chargé d’armes en provenance de l’Iran, navigue vers la côte de Gaza via la mer Rouge. A quelques centaines de kilomètres des côtes israéliennes, les soldats du commando Shayetet 13 sont déployés et parviennent à prendre contrôle du navire. En quelques minutes, le navire est redirigé vers le port d’Eilat. Plus de 50 tonnes d’armes, de roquettes et des missiles anti-char sont saisis, entreposés et dissimulés dans le bateau. Les armes étaient destinées au Hamas et autres organisations terroristes opérant contre Israël depuis la bande de Gaza.

avril 9, 2012

Nigeria: une église visée par un attentat

 - 38 morts, 30 blessés + [Vidéo]

Par Melba

Ce sont les voeux de Pâques des islamistes aux Chrétiens nigérians.

Vingt 38 personnes ont été tuées et une trentaine blessées le dimanche de Pâques par un attentat à la bombe près d’une église de Kaduna, dans le nord du Nigeria

L’attentat n’a pas été revendiqué. Mais le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait mené une série d’attaques contre des églises et d’autres sites à l’occasion de Noël dernier. La plus meurtrière avait visé une église proche de la capitale fédérale Abuja et fait 44 morts. Les forces de sécurité ont renforcé leurs patrouilles notamment dans la capitale fédérale Abuja, où des soldats ont été envoyés aux cotés des policiers stationnés près des églises.

Vidéo filmée juste après l’attentat

*** Attention images choquantes ***

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Source: La Croix, Associated Press

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Une réponse à “Nigeria: une église visée par un attentat – 38 morts, 30 blessés + [Vidéo]”

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  1. Pendant que les mohamétans tuent les Chrétiens dans le monde en toute impunité et tranquillité, que font les représentants chrétiens en France ? Ils se rendent au congrès de l’UOIF…

    Mgr Dubost et le père Roucou à l’UOIF

    Est-ce pour aller annoncer la Résurrection de Notre-Seigneur que l’évêque d’Evry, ,en charge des relations interreligieuses au sein de l’épiscopat, et le « responsable du service des relations avec l’islam » (pas avec les musulmans…) se rendront au congrès de l’UOIF lundi de Pâques ?

    Pas certain : ils assisteront à une table ronde, intitulée « le dialogue intellectuel et culturel : un préalable pour un changement durable« , face à deux imams de l’UOIF, Azzedine Gaci et Tareq Oubrou. Mgr Dubost explique sa présence :

    « depuis les événements de Toulouse et Montauban, je sens une grande nervosité et une peur chez les musulmans. Dans ces moments, il est important de montrer que des liens existent et redire les conditions de ces liens. Pour les créer, il faut le respect des lois de la République et la liberté de professer en public et en privé l’enseignement de son culte ».

    On espère que Mgr Dubost leur demandera des comptes quant à la persécution des chrétiens dans les pays où les Frères Musulmans, qui contrôlent l’UOIF, sont aux commandes, notamment en Egypte.

    Mgr Mgr Dubost ajoute :

    « Nous, religieux, avons la responsabilité du lien social. Nous avons quelque chose à dire ensemble : que l’homme ne se réduit pas à la consommation et que nous partageons des valeurs de justice, de paix et de transcendance ».

    http://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/islam/mgr-dubost-et-le-pere-roucou-a-luoif#comment-19730

avril 9, 2012

Mgr Dubost et le père Roucou idiots utiles du congrès de l’UOIF !

Posted  by Aziliz Ty Kern – Article du nº 245

Est-ce pour aller annoncer la Résurrection de Notre-Seigneur que l’évêque d’ Évry,en charge des relations inter-religieuses au sein de l’épiscopat, et le « responsable du service des relations avec l’islam » (pas avec les musulmans…) se rendront au congrès de l’UOIF lundi de Pâques ?

Pas certain : ils assisteront à une table ronde, intitulée « le dialogue intellectuel et culturel : un préalable pour un changement durable« , face à deux imams de l’UOIF, Azzedine Gaci et Tareq Oubrou. Mgr Dubost explique sa présence :

« depuis les événements de Toulouse et Montauban, je sens une grande nervosité et une peur chez les musulmans. Dans ces moments, il est important de montrer que des liens existent et redire les conditions de ces liens. Pour les créer, il faut le respect des lois de la République et la liberté de professer en public et en privé l’enseignement de son culte ».

On espère que Mgr Dubost leur demandera des comptes quant à la persécution des chrétiens dans les pays où les Frères Musulmans, qui contrôlent l’UOIF, sont aux commandes, notamment en Égypte.

Mgr Dubost ajoute :

« Nous, religieux, avons la responsabilité du lien social. Nous avons quelque chose à dire ensemble : que l’homme ne se réduit pas à la consommation et que nous partageons des valeurs de justice, de paix et de transcendance ».

Ici la source: http://www.riposte-catholique.fr/perepiscopus/islam/mgr-dubost-et-le-pere-roucou-a-luoif?utm_source=feedburner&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+Riposte-catholique+%28Riposte-catholique%29#.T4A7cZnnCmA

Il y a 42 ans, à l’âge de 17 ans, je claquais la porte de l’école catholique en signifiant la la Mère de la section:
« Je ne supporte plus vos hypocrisies, vos encouragements à la délation, votre fausse vertu, vos trahisons journalières envers les principes d’honneur, de loyauté, honnêteté, intégrité et bonté. Je pars à l’instant, toujours chrétienne certes et pas grâce à vous, mais je divorce des catholiques et cela uniquement à cause de vous. »
J’ai toujours des amis cathos, il m’arrive d’aller dans une église, de parler à un prêtre mais je ne suis jamais revenue.
En lisant ce post daté d’il y a quelques minutes, je ne regrette pas.
C’est de la « pure intelligence avec l’ennemi ».
Bonne santé à vous tous.
Aziliz Ti Kern

 

http://therese-zrihen-dvir.over-blog.com/article-mgr-dubost-et-le-pere-roucou-idiots-utiles-du-congres-de-l-uoif-103079125.html

avril 9, 2012

Se voiler la face

Les crimes de Toulouse, il faut y revenir, ne doivent pas finir dans les oubliettes médiatiques sans rappeler qu’il y à des Dieudonné ou des Fofana en liberté un peu partout dans notre pays

Ceux qui menacent les juifs, menacent la France, Hessel un parmi les " grands indignés " [ rire, si cela vous est encore possible ], s’indigne exclusivement de ce que fait Israël

Le succès de son livre me fait honte – j’ai mal à la France de voir le crédit que l’on accorde dans les médias à ce penseur de pacotilles, qui est allé à Gaza baiser les pieds et laver les mains du chef du Hamas

Des associations comme le MRAP dont une affiche propose depuis des mois et des mois le boycott des produits israélien, participent à cette guerre idéologique contre les juifs [ Apparté : Qu'attendent les autorités pour supprimer les niches fiscales de ces associations ]

 

Symptomatique d’une idéologie qui se répand dans certains milieux, " fabriquent " de toutes pièces dans notre pays des populations pro-palestiniennes [ une évolution qui se fait en grande partie dans les milieux islamo-gauchistes ], populations qui se définissent, où se fédèrent dans la haine du juif " pensées " à travers les actions ou exactions supposées des israéliens qui pourtant n’ont pas d’autres choix que de défendre leur Nation désignée par des sots jours après jours toujours plus illégitime

Ajoutons à ce triste constat que beaucoup de commentateurs dans les médias se copient comme des perroquets sans attendre que les faits soient définitivement établis, par exemple, tant pour Montauban ou Toulouse s’étaient empressé de parler d’actes racistes sous entendu exécutés par " de petits blancs " inspiré par je ne sais quel F N ou similaire

Dans notre pays une partie de l’élite y participe activement à reconstruire l’antisémitisme, stupidement culpabilisée sans nuances par le passé colonial de la France oublieux qu’a l’époque plus de la moitié des Français était contre cette guerre coloniale et que parmi les arabes algériens ce qui est paradoxal nombreux étaient ceux qui voulaient l’obtention des mêmes droits que la population métropolitaine et moins l’indépendance proprement dite

 

Dire que le lâche, tueur à Toulouse n’était pas influencé par ce climat délétère observé dans notre pays contre les juifs reviendrait à dire [ c'est d'ailleurs ce que l'on lit sur bien des forums] que Fofana [ l'assassin qui avait torturé Ilan Halimi ] n’aurait été en rien influencé par un Dieudonné ou ses équivalents qui ces derniers comptent parmi ceux à l’origine de ce climat anti israéliens et anti-juifs bien installé dans notre pays

J’avais été scandalisé par la propagande et les manifestations de rues outrancières au moment de la flottille dite " pour Gaza " qui n’avait d’humanitaire que le nom…ne provoquant que quelques réactions médiatiques à peine audibles

Cela va pour certains intellectuels jusqu’à prétendre [ « Le Nom : Juif, est une invention », selon Alain Badiou ]

Ce climat établit, " fonctionne ", agit comme une norme, une sorte d’anti-israélisme et une anti-culpabilité, si nous ne comprenons pas que cette guerre idéologique menée contre Israël l’est aussi menée contre nous, contre le monde dit " occidental ", en réalité contre les démocraties et la très dérangeante liberté d’expression – surtout, par dessus tout, la très dérangeante liberté d’expression -

 

http://laicite.over-blog.com/article-se-voiler-la-face-

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