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avril 2, 2012

Les « Gaulois d’Al-Qaida » : les convertis à l’islam radical en France

 

Les « Gaulois d’Al-Qaida » : les convertis à l’islam radical en France

Les « Gaulois d’Al-Qaida » : les convertis à l’islam radical en France

 

Parmi les islamistes radicaux interpellés vendredi dernier en France, figure Willy Brigitte, converti d’origine antillaise, représentatif de ces "Gaulois d’Al-Qaida", jeunes occidentaux convertis à l’islam radical dont le chercheur Paul Landau analyse le parcours dans son livre Pour Allah jusqu’à la mort. Extrait.

Nous avons relaté dans un précédent chapitre l’itinéraire de Lionel Dumont, membre du « gang de Roubaix » qui a défrayé la chronique dans le nord de la France en 1995-1996. Dumont n’est cependant pas le seul Français converti à l’islam radical. Il existe plusieurs autres cas, pour la plupart moins bien connus, de convertis à l’islam radical en France, où ce phénomène est en progression. Ce sont ces « Gaulois d’Al-Qaida » que nous allons passer en revue à présent, en décrivant successivement les parcours des frères David et Jérôme Courtailler, de Pierre Richard Antoine Robert, des convertis d’origine antillaise Willy Brigitte, Johann Bonté et Jean-Marc Grandvisir et des convertis de la « filière toulousaine »…

III – Les convertis antillais : Willy Brigitte, Johann Bonté et Jean-Marc Grandvisir

 

Plusieurs convertis à l’islam radical en France ont des origines antillaises, ce qui illustre selon certains observateurs le phénomène des conversions en milieu afro-antillais, en augmentation depuis plusieurs années. Nous allons retracer les parcours de trois convertis à l’islam radical d’origine antillaise (ou dont un parent est d’origine antillaise) : Willy Brigitte, Johann Bonté et Jean-Marc Grandvisir.

 

Né à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, Willy Brigitte est élevé par sa tante en métropole, à Epinay-sur-Seine dans la banlieue parisienne. Il se convertit à l’islam à l’âge de 30 ans et part étudier fin 1998 dans une école coranique du Yémen, puis au Pakistan. D’après l’enquête de la police française, il aurait été recruté en septembre 2001 par le Lashkar e-Taiba, groupe islamiste pakistanais (par lequel est également passé le « taliban australien », David Hicks). Il aurait suivi, aux côtés d’autres djihadistes étrangers, un entraînement dans le camp de Faisalabad, comportant une formation au maniement des armes et des explosifs. De retour en France en mars 2002, il aurait participé à des entraînements en Normandie et en forêt de Fontainebleau, au sein d’un groupe islamiste surnommé les « campeurs » par la police. Deux membres du même groupe sont morts en Afghanistan en 2001 : Samir Ferraga et Djamel Loiseau, retrouvé mort de froid dans les montagnes afghanes de Tora Bora le 24 décembre 2001.

 

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En 2003, Brigitte est envoyé en Australie par un responsable britannique du Lashkar e-Taiba. Il y est interpellé le 9 octobre 2003 et expulsé vers la France. Lors de son arrestation, les policiers australiens ont trouvé dans son ordinateur un lien Internet vers un site décrivant des installations sensibles du pays. Parmi les cibles potentielles d’attentats se trouvait notamment le réacteur nucléaire de Lucas Height, à Sydney. Willy Brigitte est inculpé d’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Lors de son procès, en février 2007, le parquet requiert la peine maximale, 10 ans d’emprisonnement. Brigitte conteste toute implication dans une entreprise terroriste, déclarant à la barre : « le terrorisme est contraire à la conception de la vie et aux préceptes de l’islam ». Au terme de son procès, il est condamné à neuf ans de prison ferme, assortis d’une peine de sûreté des deux tiers.

 

Johann Bonté, de mère bretonne et de père antillais, est né à Corbeil-Essonnes. Il se convertit à l’islam en 1999, sous l’influence de son beau-frère, Djamel Beghal. Bonté est en effet le demi-frère de Sylvie, jeune Française blonde et menue qui s’est convertie à l’islam. Le parcours de Johann Bonté illustre l’importance des liens familiaux dans le développement des réseaux islamistes, que plusieurs observateurs ont soulignée . Le chercheur américain Marc Sageman cite à ce propos plusieurs cas de familles djihadistes, en Egypte, au Canada et parmi les terroristes du 11 septembre. C’est pour tenter de le remettre sur le droit chemin que la mère de Johann, qui a eu beaucoup d’ennuis avec la police dans sa jeunesse, décide de l’envoyer passer quelques semaines chez son beau-frère, Djamel, qui demeure alors à Londres. Lorsqu’il en revient au bout de quelques mois, il est devenu musulman. Mais il est surtout recruté par Djamel Beghal, qui l’a enrôlé dans son projet d’attentat contre l’ambassade américaine à Paris.

 

Jean-Marc Grandvisir, ami de Bonté, est lui aussi un converti à l’islam d’origine antillaise. Ce géant sportif qui mesure près de deux mètres travaille comme médiateur à la mairie de Corbeil-Essonnes. Il jouit d’une excellente réputation auprès des services municipaux et des jeunes de la ville, comme l’explique l’un d’eux à un journaliste du Nouvel Observateur : « Il ne porte ni barbe ni djellaba. Il ne fait aucune propagande. Même s’il a choisi Oussama comme prénom musulman. Des mauvaises langues racontent qu’il s’est rebaptisé comme ça après les attentats contre l’ambassade américaine à Nairobi, attribués à Ben Laden ». Le 20 septembre 2001, Jean-Marc Grandvisir et Johann Bonté se rendent tous deux à Chilly-Mazarin, à 20 km de Corbeil, dans un appartement où se trouvent des amis de Djamel Beghal. Celui-ci a été interpellé en juillet à Dubaï et il est passé aux aveux, donnant les noms de ses complices en France. Les policiers des RG et de la DST ont monté une planque dans l’appartement de Chilly-Mazarin, où se réunissent les membres du réseau Beghal. Ce jour-là, les policiers se décident à intervenir, craignant que les membres du groupe ne soient alertés par la publication dans la presse de l’arrestation de Djamel Beghal. Grandvisir et Bonté sont arrêtés avec les autres hommes présents dans l’appartement. Le procès du réseau Beghal n’aura lieu que trois ans plus tard, en janvier 2005, au terme d’une longue information judiciaire. Johann Bonté, seul à comparaître libre, sera condamné à un an de prison, la peine la plus légère de tous les membres du réseau inculpés.

 

(Extrait de Pour allah jusqu’à la mort, Enquête sur les convertis à l’islam radical, Ed. du Rocher 2008)

http://vudejerusalem.20minutes-blogs.fr/archive/2012/04/02/les-gaulois-d-al-qaida-les-convertis-a-l-islam-radical-en-fr.html

avril 2, 2012

MEFIEZ VOUS DES IDEES RECUES !

par Nina » Avril

Sous-titre : "UNE AUTRE HISTOIRE D’ISRAËL".Image

Un ami m’a rapporté une histoire très banale concernant sa rencontre avec un homme brillant à Jérusalem.

Cet homme, avocat de formation et de culture française, lui avoua que son engagement au fil des années avait quelque peu changé.

Il s’employait à défendre son nouveau pays et enrageait comme beaucoup d’entre nous devant le parti-pris des médias, les historiens post-sionistes et les accommodements avec l’histoire d’Israël.

Une phrase de cet avocat retint son attention ainsi que la mienne à propos de Jabotinsky. Presque à mi-voix, il se disait partisan des thèses de Jabotinsky".

Cet homme brillant dont nous savions peu sinon qu’il fut un sioniste hors pair fut décrit injustement durant de longues décennies comme un « fasciste ».

Si les travaillistes israéliens et les intellectuels de gauche le disaient, à moins d’être un peu plus affranchis, alors c’est que c’était vrai.

Nous n’étions pas coupables. Le folklore, les guerres, le manque de livres traitant du sujet, tout ceci nous portait à croire qu’effectivement Jabotinsky n’était pas recommandable. Au premier abord…

Le livre de Pierre Lurçat « Histoire de ma vie » (édition Les Provinciales), remet enfin les pendules à l’heure. Jabotinsky est loin voire très loin de l’image qu’on nous en a donnée.

Je ne m’exposerai pas en donnant une description de ce livre, d’autres l’ont fait avant moi. Il faut le lire, c’est tout.

Je m’intéresserai toutefois aux langues qui se délient, aux historiens, journalistes israéliens qui connaissent cette période houleuse que furent les début de l’histoire d’Israël et la période cruciale qui précéda la reconnaissance de l’état juif.

Que savons nous ? Je parle de « nous » en tant que juifs, communs des mortels, sionistes ou pas, de gauche ou de droite.

Il était de bon ton de s’en remettre jusque dans les années 1980 entièrement aux israéliens médiatiquement connus. Shimon Peres par exemple : quel homme de paix !!!

Rabbin ? Immense général, signataire des accords d’Oslo.

Sharon ? Grand soldat, infatigable défenseur de l’état d’Israël.

Moshé Dayan et Golda Meïr : héros de toujours.

Tout cela est vrai bien sûr. Mais notre folklore a commencé à être plus nuancé au fur et à mesure qu’Israël devenait impopulaire.

Non seulement nous perdions la guerre des images mais des juifs de gauche israéliens s’ingéniaient à vouloir donner les bâtons pour nous faire battre.

Une série d’historiens israéliens, de professeurs d’Universités prestigieuses, d’intellectuels de tous horizons, d’écrivains, d’artistes ont commencé la guerre des juifs.

C’est avec effarement, inquiétude et souvent désespoir que nous, petits juifs de diaspora, assistions à cet éreintement quasi-quotidien du pays de notre âme.

Notre peine était à son comble lorsque certains étaient en plus invités sur les plateaux télé en France, reçus comme de « bons juifs », hurlant avec les loups et encore aujourd’hui, ne se rendant pas compte qu’ils donnaient des gages aux futurs « Merah » que leurs actions seraient justifiables.

Les bons juifs de gauche israéliens contre les mauvais juifs de droite israéliens ou de diaspora, la guerre des juifs ne peut que réjouir nos ennemis antisémites.

Le mieux est que je laisse parler un spécialiste Assaf Sagiv :

Dans les années 30, en Palestine mandataire, deux grands courants se faisaient la guerre.

Le premier dirigé par David Ben Gourion dont se réclamaient l’HAPOEL.

Le second, dirigé par Zeev Jabotinsky et le Docteur Benyamin Zeev (Wolfgang) Von Weisl et leurs bras : le BEITAR.

Or, si d’aucuns pensent que le second était plus violent, ils se trompent.

C’est bien le HAPOEL conduit par Ben Gourion qui cherchait querelle et initiait des rixes contre les membres du BEITAR.

Le principal grief entre ces deux factions se situait autour de la personne de Haim Arlozoroff qui fut assassiné en 1933 sur une plage de Tel Aviv.

La droite reprochait à Arlozoroff ses pourparlers avec les nazis pour le transfert de juifs en Palestine contre tous leurs biens ou presque.

La droite ne voulant absolument pas frayer avec les nazis.

Après l’assassinat d’Arlozoroff, deux membres du Beitar furent accusés mais relaxés par le Tribunal.

Le mystère de la mort d’Arlozoroff reste entier même si certains éclairages récents semblent imputer ce crime aux nazis présents en Palestine et selon Tobie Nathan à Magda Goebbels qui fut la maîtresse de Haim Arlozoroff dans sa prime jeunesse.

Peu importe. En 1936, en pleine révolte arabe, Ben Gourion demanda à ce qu’une guerre soit entreprise contre le Beitar, le mouvement révisionniste de Jabotinsky.

Voici une démonstration de force vécue et racontée par un témoin Anita Shapira, éminente historienne israélienne.

Les faits prennent place à Haïfa durant une conférence donnée par Benyamin Zeev Von Weisl.

« Des perturbations dans la salle commencèrent alors que Von Weisl venait à peine de commencer à parler. La porte céda sous les coups des membres du HAPOEL. Très vite, tout sembla hors de contrôle et les émeutiers commencèrent à nous caillasser à l’intérieur de la salle.

Nous déplorâmes plus de 20 blessés dont Von Weisl lui-même.

La police est intervenue mais elle aussi reçut beaucoup de pierres.

Lorsque le fracas s’arrêta enfin, les blessés furent évacués sur des civières.

Peu après, les membres de l’HAPOEL, défilaient dans Haïfa en chantant : « en avant Hapoel ! ».

Ces violents affrontements ne furent que la pointe émergée de l’iceberg.

Le mouvement ouvrier a imposé un boycott généralisé des partisans de Jabotinsky. Ce qui eut pour conséquence que ces derniers ne purent trouver du travail ou bien encore recevoir des services dans les Yishouv.

Certains d’entre eux ont même été empêchés de faire leur alya.

En 1937, un jeune Polonais juif du nom de Simcha Ploshnitski s’est suicidé après que la division aliya de l’Agence Juive ait refusé de lui accorder les papiers nécessaires en raison de son appartenance à Beitar.

En réponse, Jabotinsky composa un poème décrivant l’immense colère dans laquelle ses partisans avaient été plongés par leurs frères: "Oh, nous allons vous rembourser, Caïn! Nous allons vous rembourser! "A-t-il promis.

Le schisme entre les factions sionistes est monté en puissance d’année en année mais heureusement n’a jamais conduit à un bain de sang. Ce résultat a été évité en partie grâce à Menahem Begin, commandant du groupe paramilitaire Irgoun et figure de proue du sionisme révisionniste après la mort de Jabotinsky en 1940.

Begin possédait déjà un sens de la responsabilité nationale bien que sa patience fut pourtant mise à rude épreuve.

Au cours de la soi-disant "saison de la chasse" qui a duré de Décembre 1944 à Février 1945, les hommes de Begin ont été poursuivis par la Hagana, capturés, torturés, et extradés vers les autorités britanniques. Et peut-être dans le plus célèbre des incidents fratricides pré-étatique, le 22 Juin 1948, Ben Gourion a ordonné à la toute nouvelle FDI (Israel Defense Force) d’ouvrir le feu sur le navire l’Altalena -un événement qui a causé la mort de 16 combattants de l’Irgoun et trois soldats du FDI.

En dépit de ces provocations, Begin a refusé d’exercer des représailles, insistant sur le fait que nous devions «éviter une guerre civile sanglante à tout prix." "Le choix était entre une catastrophe pour nous seuls (l’Irgourn) et un désastre pour la nation toute entière». "La guerre civile a un début, mais pas de fin claire."

Vous voyez ? Rien n’est clair, rien n’est tranché.

Les bons sujets de « peace love » qu’on pourrait facilement ranger dans le panier Jcall ou shalom archav disons…HAPOEL sont-ils réellement plus fréquentables que les tenants de la « raison garder » et la LDJ ?

Rien n’est moins sûr…

On verra dans un prochain chapitre.

Nina
http://zakhor-online.com/forum/viewtopic.php?f=3&t=227&sid=dee4aefe0b02b19f9f18499027a278f9#p492
avril 2, 2012

« Mein Kampf, c’était écrit » et « Mein Kampf, histoire d’un livre »

par Antoine Vitkine

De son enquête sur l’histoire de Mein Kampf (Mon combat) d’Adolf Hitler, Antoine Vitkine a tiré un essai passionnant Mein Kampf, histoire d’un livre (2009) et un documentaire remarquable Mein Kampf, c’était écrit (2008) qui sera rediffusé le 3 avril 2012 à 23 h 40. Mein Kampf, un best-seller dès sa publication en 1925. Un livre antisémite où Hitler annonçait sa diplomatie belliqueuse – guerre contre la France et l’Union soviétique, annexion de l’Autriche – et la politique qu’il mènera (1933-1945) : régime totalitaire, eugénisme, lois raciales, destruction des Juifs.
C’est une enquête passionnante, et inédite pour sa partie postérieure à 1945, que nous livre Antoine Vitkine, journaliste et réalisateur de documentaires, notamment de « Ronald Reagan, l’enfance d’un chef ».

Un best-seller de la haine antisémite
L’auteur retrace la trajectoire méconnue du livre écrit en 1923-1924 par Hitler, « « le chef d’un parti ultranationaliste et raciste, adepte de la violence, tribun populiste », et une équipe hétéroclite dans la cellule de la prison de Landsberg après la tentative ratée de putsch de la Brasserie ou putsch de Munich (8 novembre 1923). Un livre publié par Eher-Verlag.
Exsudant l’obsession haineuse des Juifs, ce livre politique à l’idéologie radicale, « une conspiration en plein jour » (Alexandre Koyré), rend millionnaire Hitler et le consacre comme führer d’un parti nationaliste raciste.
Son succès – environ 300 000 exemplaires vendus dès avant 1933 année de l’avènement du nazisme en Allemagne – est lié aux difficultés politiques et économiques de l’Allemagne de Weimar.

Si des intellectuels manifestent une rare clairvoyance, des églises, partis politiques et syndicats privilégient des lectures ciblées, sans vue d’ensemble, s’en désintéressent, le sous-estiment ou se perdent en spéculations : Hitler fera-t-il ce qu’il a écrit ?
De 1925 à 1945, Mein Kampf est diffusé à 12,45 millions d’exemplaires en Allemagne, soit un foyer sur deux – remis aux jeunes mariés par les mairies, son achat conseillé aux bibliothèques publiques et aux fonctionnaires, cité dans les manuels scolaires, distribué par les usines Krupp aux bons ouvriers – et à des centaines de milliers dans une vingtaine de pays, dont ceux du monde musulman. Et traduit en 16 langues.
« Le film explique bien qu’il a été plus lu qu’on ne le pensait jusqu’à maintenant. Il permet de distinguer entre lire et comprendre d’une part, et entre comprendre et être capable de prévoir ce qu’il allait se passer d’autre part », déclare Antoine Vitkine en avril 2008.
Les passages sur la politique étrangère sont censurés par l’éditeur munichois négociant les traductions, dont celles en français (1934) et en arabe (1934).
Dès 1934, Fernand Sorlot, un éditeur farouchement anti-allemand et proche de l’extrême droite maurassienne, publie une première traduction sans en avoir les droits », par les Nouvelles éditions latines. Son but : « alerter l’opinion française sur les visées revanchardes du nouveau chancelier allemand (son antisémitisme virulent ne suscitant, lui, aucun émoi particulier). Aussitôt, Hitler attaque l’éditeur pour violation du droit d’auteur et gagne son procès. Derrière cette bataille juridique se cache une réalité politique et militaire : l’Allemagne n’est pas encore prête à faire la guerre et il ne faut pas dresser trop tôt les Français contre elle. L’entreprise de séduction se poursuivra avec la publication, à la fin des années 1930, d’un "faux" Mein Kampf prônant la paix et totalement expurgé des passages antifrançais. Lorsque les véritables intentions d’Hitler se révéleront, en 1939, il sera trop tard ». Après les accords de Munich (30 septembre 1938), à l’initiative des milieux nazis français, Fayard édite une version sans les passages hostile aux Français dans une version intitulée Ma doctrine. La LICA (Ligue internationale contre l’antisémitisme) diffuse 5 000 exemplaires de Mon Combat, donc dans sa version intégrale (700 pages), notamment auprès des parlementaires français. Un livre inscrit sur la première liste Otto des ouvrages interdits à la vente.
Parmi les lecteurs de la version intégrale en anglais commercialisée en 1939 : Roosevelt, Staline, Churchill, Charles de Gaulle, Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII, et David Ben Gourion.
Mein Kampf est évoqué dans la propagande des Alliés en faveur de l’effort de guerre, et présenté comme preuve à charge contre les Nazis par le tribunal de Nuremberg (1945-1946).
Des rééditions parfois légales
Le livre d’Antoine Vitkine est parcouru par deux questions : Mein Kampf aurait-il pu – dû – prévenir le monde de la menace qu’Hitler faisait courir à l’humanité ? Les idées du livre sont-elles encore vivantes ?
Mein Kampf, histoire d’un livre montre le rôle de cet ouvrage dans l’accès au pouvoir d’Hitler, pourquoi tout son programme annoncé n’a pas constitué l’avertissement empêchant toute l’horreur à venir, pourquoi Hitler a tenté de dissimuler son livre et fait publier un faux en France.
Antoine Vitkine en tire sept conclusions : ne pas « sous-estimer les projets politiques fanatiques et violents » ; ne pas voir la réalité contemporaine au travers du prisme des années 1930 ; l’inaction des autorités politiques ne tient pas à la méconnaissance du livre, mais au manque de volonté ; le nazisme a utilisé les failles et faiblesses de la démocratie ; ce livre est le « trait d’union entre Auschwitz et l’antisémitisme européen ». Mein Kampf nie la démocratie, les libertés et principes fondamentaux, et mieux vaut le décoder que l’interdire car il « contient en lui son antidote ».
L’enquête d’Antoine Vitkine mène du Paris d’avant-guerre aux librairies turques modernes, via les milieux néo-nazis.
Mein Kampf se vend dans le monde, notamment en France (jugement en 1979 imposant d’inclure un texte avertissant des crimes commis au nom du livre) et au Japon sous la forme d’un manga Waga Toso par East Press (2009), avec des résonances différentes (Inde), et est consultable sur Internet. En mars 2012, il a été publié pour la première fois en albanais par la maison d’édition Belina H, en « avertissement pour les générations futures, pour que de telles folies ne se répètent plus ».
Dédicacé par Hitler à Georg Maurer, un exemplaire d’une des premières éditions (1925) de Mein Kampf a été vendu, le 13 août 2009, à Ludlow, dans l’ouest de l’Angleterre, pour 21 000 livres (24 000 euros).
Le gouvernement de Bavière détient les droits d’auteur de Mein Kampf et interdit de nouvelles publications. Le 25 janvier 2012, un tribunal de Munich a interdit la publication d’extraits du livre, assortis de commentaires et d’analyses scientifiques, par revue Zeitungszeugen [Journaux témoins] éditée par l’éditeur britannique Peter McGee. Une interdiction confirmée en appel en mars 2012 au motif que le « projet servirait les écrits du dictateur ».

Les droits d’auteur tombant dans le domaine public en 2015, Mein Kampf pourra alors être librement réédité. En 2009, une édition critique était prévue en Allemagne, avec l’accord du Conseil central des Juifs allemands (CCJA) et du Land de Bavière. Une édition qui a suscité une polémique. « L’annonce d’une édition critique de l’unique livre publié par Hitler, à condition qu’elle soit établie par les meilleurs spécialistes internationaux de l’hitlérisme, doit être reçue comme une bonne nouvelle. Sur un épisode d’une telle importance dans l’histoire du XXe siècle, sur cette catastrophe sans précédent, on ne saurait plus longtemps considérer que l’ignorance est un argument, ni que le savoir approximatif est suffisant », a écrit l’historien Pierre-André Taguieff, en septembre 2009.
Mein Kampf et le monde musulman
Ce bréviaire nazi rallie en particulier les islamistes qui prisent son antisémitisme.
Dans son essai, Antoine Vitkine évoque l’accueil de Mein Kampf dans le monde musulman dans les années 1930 et 1940, mais peu l’attrait pour l’antisémitisme de Mein Kampf et sa diffusion après guerre par les Nazis abrités par les pays arabes.
Mein Kampf est un « bréviaire grand public » en Turquie.
« Il faut comprendre ce qui se joue derrière le succès de Mein Kampf dans le monde Arabe. Dans le monde Arabe, c’est ancien, puisque c’est le Grand Mufti Husseini qui dans les années 1930 publie la première traduction d’extraits de Mein Kampf. Il y a deux raisons principales qui expliquent la présence de Mein Kampf dans le monde arabe. D’abord c’est un contre-symbole adressé à l’Occident, c’est le symbole de ce que l’Occident rejette et c’est donc un moyen de rejeter l’Occident. La deuxième raison c’est que c’est le symbole de l’extermination des Juifs par les nazis, et que de la part d’opinions publiques foncièrement hostiles à Israël, c’est une manière, sans doute provocatrice, de se situer par rapport à Israël. Mais je dois dire que j’ai été très surpris quand même. Je ne le raconte pas dans le film, mais je suis allé en Turquie cet été, et je me suis rendu compte que ceux qui achetaient Mein Kampf ne le faisaient pas uniquement par provocation. Dans de nombreux cas le livre était vraiment lu, peut-être pas intégralement, mais il était compris, son message était entendu. Une autre raison qui fait que Mein Kampf a du succès en Turquie, c’est que c’est un symbole ultra-nationaliste : « tout pour sa patrie, sa race ». Le message ultra-nationaliste très agressif qui fait qu’on se définit contre le reste du monde, cela peut séduire. Le monde musulman est aujourd’hui traversé par cette tentation de repli identitaire, et évidemment dans ce contexte là, Mein Kampf et l’idéologie national-socialiste constituent un modèle. Voilà, cela ne veut pas dire forcément qu’on adhère à tout et qu’on veut exterminer les Juifs, mais le modèle ultra-nationaliste existe toujours. En Russie, la logique est la même. L’idéologie contenue dans Mein Kampf a une part intemporelle, et c’est pour ça que s’intéresser à Mein Kampf aujourd’hui, c’est s’intéresser au monde actuel », a déclaré Antoine Vitkine en avril 2008.

Antoine Vitkine, Mein Kampf, histoire d’un livre. Ed. Flammarion Lettres, coll. EnQête, 2009. 350 pages. 21 euros. ISBN : 978-2081210516
Mein Kampf, c’était écrit d’Antoine Vitkine

France, 2008, 56 minutes, Arte F
Diffusion le 3 avril 2012 à 23 h 40

avril 2, 2012

« L’exil au Maghreb. La condition juive sous l’islam 1148-1912 »

de Paul B. Fenton et David G. Littman

Ce livre sera vendu lors de la conférence-débat de Pascal Hilout intitulée Islam, islamisme et antisémitisme et organisé(e) par le Cercle Massignon au Carré parisien - 1, rue du général Beuret, 75015 Paris - le 2 avril 2012, à 19 h 30.
C’est un livre novateur, exceptionnel et incontournable.
Par son but : il décrit « la réalité historique de la condition juridique et sociale des Juifs sous l’islam, au Maghreb ».
Par son ampleur historique : il couvre sept siècles, du Moyen-âge à l’établissement du protectorat français au Maroc au début du XXe siècle.
Par ses 300 sources variées et souvent inédites en français : chroniques historiques arabes et hébraïques, textes théologiques musulmans, récits, archives diplomatiques, etc.
Et par sa magnifique iconographie de 75 illustrations, dont des œuvres de Dehodencq, Delacroix, Doré, Wolfgang et Wyld.
Cet ouvrage présente une anthologie chronologique de récits de témoins oculaires européens – voyageurs, médecins, chroniqueurs, captifs, aventuriers, etc. – des trois religions – Juifs, chrétiens, musulmans – en Algérie et au Maroc.

« A la différence de l’Egypte et du Liban où il y avait des communautés chrétiennes importantes, les pays du Maghreb constituent un paradigme unique : du fait de la quasi-disparition des chrétiens, ils abritaient dès le XIIe siècle une population composée essentiellement de musulmans et d’une minorité juive. Probablement moins de 50 000 Juifs ont survécu au Maghreb au Moyen-âge, mais à l’aube du XXe siècle ce nombre s’est élevé à plus de 200 000 âmes et en 1948 il a dépassé 400 000 âmes – et plus de 500 000 si l’on y inclut les Juifs de Tunisie », m’a indiqué Paul B. Fenton, un des deux auteurs de ce livre passionnant. Et d’ajouter : « Si les Juifs ont pu se maintenir au Maghreb, c’est grâce à « la raison d’Etat » qui reconnaissait dans leur industrie commerciale et leurs habiletés intellectuelles et artistiques une source d’exploitation utile ».

Exraits : le révérend Lancelot Addison, qui résidait comme aumônier à Tanger (acquis par Charles II d’Angleterre) de 1662 à 1669, décrit la condition des Juifs comme « une autre forme d’esclavage » (doc. A 45). A la même période au Maroc, Germain Mouette écrit : « Il leur [Nda : les Juifs] est très rarement fait justice dans ce pays ». (doc. A 47).

Puis, par une sélection d’archives du Quai d’Orsay, du Foreign Office, de l’Algérie et du Maroc, de l’Alliance israélite universelle et de son homologue britannique l’Anglo-Jewish Association (AJA), ce livre décrit les efforts diplomatiques déployés en faveur des Juifs maltraités au Maghreb.
En émerge un tableau effrayant de la condition Juive sous l’islam : celle de la dhimmitude, ce statut discriminatoire, inférieur et cruel imposé aux non-musulmans – Juifs, chrétiens, etc. – à la suite du jihad.
Une condition Juive faite d’humiliations, de précarité, de conversions forcées à l’islam, de rapts, de massacres, de rançons, de pillages, de destructions de synagogues et de textes sacrés… Leurs souffrances infligées par des musulmans, puissants ou pauvres, Arabes ou Berbères, les Juifs les ont dénommées « galût », mot hébreu qui signifie « exil » ou « captivité ».
Au XIXe siècle, les Juifs français et britanniques, en particulier Sir Moses Montefiore, se sont mobilisés pour secourir leurs coreligionnaires durement éprouvés au Maghreb. Des représentants de France, d’Italie, du Portugal et des Etats-Unis ont également protesté auprès du sultan contre les violences infligées aux Juifs au Maroc.
Avec érudition, les deux auteurs – Paul B. Fenton, professeur de langue et de littérature hébraïque de l’Université Paris-Sorbonne, et David G. Littman, licencié en histoire moderne et sciences politiques de Trinity College Dublin et expert de la condition juive au Maghreb et au Moyen-Orient - démythifient la « tolérance interconfessionnelle égalitaire et harmonieuse sous l’islam incarnée par al-Andalous ».
Ces deux historiens restituent aux Juifs leur histoire dans cet Occident du monde islamique. Une histoire plurimillénaire méconnue, refoulée, occultée en particulier par les souvenirs de la période du protectorat du Maroc et des départements française d’Algérie, voire indicible ou inaudible. Et indissociable de celle des trois pays étudiés qui ne l’intègrent pas dans leurs manuels scolaires.

1. au Maroc et en Algérie ;
2. en Tunisie et en Libye ;
3. en Egypte ;
4. en Syrie ;
5. en « Palestine » ;
6. en lraq ;
7. au Yémen ;
8. en lran ;
9. en Turquie.

Espérons que ces deux auteurs pourront poursuivre à terme ce projet.

Des preuves de l’intérêt majeur pour la condition Juive sous l’islam ? Le 17 novembre 2010, la conférence de Paul B. Fenton et David G. Littman sur leur livre a attiré un public nombreux à l’Alliance israélite universelle (AIU), à Paris. Curieusement, peu de dirigeants communautaires y ont assisté, et les rares présents sont partis avant la fin de la conférence. Pour contester ce sombre tableau décrit par ces auteurs, l’historienne Sonia Fellous a alors allégué que la législation des souverains musulmans visant les Juifs étaient appliqués avec retard et partiellement dans ces contrées. Or, ce livre démontre, siècle après siècle, en Algérie et au Maroc, la permanence et le caractère identique des discriminations, humiliations, sévices et crimes subis par les Juifs, dans les divers aspects de leur vie, et quasi-codifiés par des chefs musulmans.
J’ai envoyé un exemplaire de ce livre magistral aux principaux dirigeants communautaires français car ces témoignages évoquent un pan dramatique de l’histoire du peuple Juif négligé, minoré ou ignoré par la majeure partie d’entre eux.
Et pourtant, ces récits illustrent le fondement religieux de l’antisémitisme et l’antijudaïsme islamiques, de cette haine méprisante à l’égard des Juifs, des Yahoud (Juifs en arabe). Expliquent l’exil, le plus souvent contraint, d’environ un million de Juifs vivant, parfois depuis des millénaires, dans les pays arabes, en Turquie et en Iran, dela fin des années 1940 aux années 1970. Constituent un des éléments essentiels, malheureusement celé, du dialogue interreligieux et du dialogue avec les musulmans.
« Nous avons publié des documents montrant que certaines autorités musulmanes pouvaient manifester une compréhension favorable aux Juifs à différentes époques. Sans la protection (« dhimma ») du sultan, le sort des Juifs aurait été encore pire. La publication de ces centaines de témoignages, à forte charge émotive, ne vise pas un dessein polémique. Nous ne souhaitons pas attiser de vieilles rancunes ou freiner les tentatives de dialogue interreligieux. Nous sommes persuadés – comme Bat Ye’or l’a affirmé dans ses écrits – que tout dialogue entre Juifs et musulmans qui ne reconnaîtrait pas la réalité historique de la dhimmitude, est condamné à s’enfermer dans des boniments infructueux et obérant un avenir fondé sur l’acceptation de l’altérité dans l’égalité. Magna est veritas, et praevalebit / La vérité est puissante, et triomphera », a déclaré David G. Littman, en 2010.
Paul B. Fenton et David G. Littman, L’exil au Maghreb. La condition juive sous l’islam 1148-1912. Editions PUPS (Presses universitaires de Paris Sorbonne), Collection Religions dans l’histoire, 2010. 16 x 24. 800 pages. 60 ill. en noir, HT de 8 pages couleurs. ISBN : 978-2-84050-725-3. 32 €

Visuels de haut en bas :
Cartes du Maroc et de l’Algérie, Paul . Fenton et David G. Littman
© DR

Alfred Dehodencq,
L’Exécution de la Juive (Solika Hatchuel, martyrisée en 1834),
huile sur toile, 1861,
Paris, musée d’art et d’histoire du Judaïsme
© RMN/Hervé Lewandowski
Sanya,
« Synagogue d’Alger », (ca 1840),
Paris, musée d’art et d’histoire du Judaïsme
EXTRAITS DU LIVRE
A 2. CONVERSION FORCÉE AU MAGHREB (VERS 1146)
Abd al-Mu’min de Sous [souverain almohade, rég. 1130-1163] « conquit Tlemcen et massacra tous [les Juifs] de la ville sauf ceux qui apostasièrent ». (p. 69)
(Trad. de la lettre judéo-arabe de Salomon b. Juda al-Sijilmassî écrite vers 1146)
A 10. LE TRAITÉ D’AL-MAGHÎLI CONTRE LES JUIFS (Algérie)
« Combattre et tuer les Juifs et les chrétiens est une des obligations imposées par Allah. Le glaive ne cessera d’être brandi au-dessus de leurs cous qu’à condition qu’ils versent le tribut [jizya] et qu’ils soient humiliés… La jizya [la capitation] est la somme que doit verser chaque dhimmi mâle, adulte, libre, sain d’esprit, cohabitant avec les musulmans, payable au terme de chaque année de la manière qui est prescrite par la sharî‘a… Après qu’on l’ait perçue, le [dhimmi] sera frappé sur la nuque et repoussé avec brusquerie… Le but de la [clause] de cette humiliation, est de leur imposer l’abjection et la dégradation dans leur façon de parler, d’agir et de se comporter en toutes circonstances, afin qu’ils soient de cette façon sous le talon de tout musulman, homme et femme, libre, esclave ou servante ». (p.100-101)
(Trad. d’Al-Maghîlî, Risâla fî l-yahud (« Traité contre les Juifs »), vers 1495)
A 14. CONDITION DES JUIFS D’ALGER VUE PAR UN CAPTIF CHRÉTIEN (1581)
« Ces gens sont tenus par les musulmans en un tel état d’abjection qu’un enfant maure rencontrant un Juif, si considérable qu’il soit, lui fera ôter son bonnet, déchausser ses sandales, et avec celles-ci, lui donnera mille soufflets sur le visage, sans que le Juif ose se défendre ou remuer, n’ayant d’autre ressource que de s’enfuir dès qu’il le peut ». (p. 118)
(Diego de Haëdo, Topographie et Histoire générale d’Alger [1612])
A 18. « ILS SONT OBLIGÉS DE S’HABILLER DE NOIR… UNE COULEUR QUE LES TURCS MÉPRISENT » (ALGER, 1724)
Les Juifs « sont obligés d’être habillés de noir depuis les pieds jusqu’à la tête, pour les distinguer par une couleur que les Turcs méprisent… Ils ne peuvent sortir du royaume qu’ils n’aient donné caution pécuniaire de leur retour ». (p. 124)
(Jacques Philippe Laugier de Tassy, Histoire du Royaume d’Alger – Un diplomate français à Alger en 1724)
A 28. « ILS SONT OPPRIMÉS PAR LES CLASSES SUPÉRIEURES, ET INJURIÉS ET INSULTÉS PAR LA POPULACE » (ALGER, 1816)
« Le noir étant une couleur haïe parmi les Maures, c’est la seule qui soit permise aux Juifs. En passant dans les rues, ils sont exposés à toute sorte d’insulte, même de la part d’enfants. Si le Juif s’avise de lever sa main en sa propre défense, elle est coupée. En revanche, si un Juif est assassiné par un musulman, ce dernier n’a rien à craindre pour sa vie…
Le Juif ne peut changer son lieu de résidence, ni monter un cheval, ni porter une épée, sans une autorisation spéciale. Et pourtant, sous toutes ces conditions vexatoires et humiliantes, on ne connaît presque pas de renégats Juifs. On leur laisse le libre exercice de leur religion, et il semblerait que ce privilège soit considéré comme une compensation pour toutes leurs souffrances ». (p. 150-152)
(Trad. de George Anson Jackson, Algiers, 1817)
A 54. ENLÈVEMENT ET ISLAMISATION D’ENFANTS JUIFS PAR LES MAURES (1760)
« Dans d’autres villes », les Juifs « demeurent habituellement ensemble autant que possible, mais néanmoins parmi les Maures ; cela présente pour eux le désagrément que ceux-ci volent leurs jeunes enfants, et par zèle religieux, les éduquent en secret dans la religion musulmane, jusqu’à ce qu’ils aient atteint un âge où leurs parents ne les reconnaissent plus ou bien les trouvent si fervents musulmans qu’ils ne veulent et n’osent les reconnaître comme leurs enfants ». (p. 195-196)
(Georgius Höst, Nachrichten von Marokos und Fes, im Lande selbst gesammelt, in den Jahren 1760 bis 1768, Kopenhagen, 1781)
A 66. LE SAC DES MELLAHS DE TÉTOUAN ET DE MARRAKECH VU PAR UN MUSULMAN (1790)
« Le samedi, deuxième jour dudit mois de cha‘bân [17 avril 1790], notre maître al-Yazîd – qu’Allah lui confère la victoire – donna l’ordre de piller le mellah de Tétouan. Ils y trouvèrent une quantité considérable de biens – environ 100 quintaux – qui comprenaient des marchandises, du lin, et du lainage. Parmi les articles de bijouterie appartenant aux Juifs, on comptait, entre autres, de l’or, de l’argent et des joyaux. Ils violèrent les femmes juives et outragèrent leurs vierges, n’en épargnant aucune… Puis [Yazîd] leur ordonna de mettre à sac le mellah [de Marrakech]. Ils se mirent à massacrer les Juifs, à les piller, à violer leurs femmes et à déshonorer leurs jeunes filles. Ce fut un événement formidable ». (p. 239)
(Trad. de Muhammad ad-Du‘ayyif ar-Ribâtî, Ta’rîkh ad-dawla as-sa‘adiyya, « Histoire de la dynastie sa‘dide »)
A 128. UNE DESCRIPTION SAISISSANTE DE LA DHIMMITUDE (1903)
« En conséquence de son double caractère de tributaire que lui imprime le droit musulman, et de protégé qui lui valent les principes féodaux usités au Maghreb, le Juif vit dans un quartier qui est complètement séparé de la médina et se trouve accolé aux murs de la kasbah… Au Maroc, la population juive est uniformément très misérable… À l’heure actuelle, la grande masse israélite continue à vivre dans la pauvreté et dans l’ordure ; les mellahs sont surpeuplés et dévastés par de constantes épidémies ; la plupart des Juifs gagnent péniblement leur vie… L’enthousiasme (dans le mellah) est aussi prompt que la panique et les nouvelles les plus extraordinaires y prennent corps avec une excessive rapidité ». (p. 363-366)
(Anonyme, « Au Maroc », Journal des débats, 152, 2 juin, 1903)
Quelques reperes historiques de l’algerie
La présence des Juifs en Afrique du Nord remonte à l’époque des Carthaginois. Fuyant les persécutions dans l’Occident médiéval chrétien, et après la Reconquista, les Juifs affluent en Afrique du Nord.
1056
Règne des Almoravides jusqu’en 1147, puis des Almohades (1120-1230) qui contraignent les Juifs à la conversion à l’islam, l’expulsion, la fuite ou la mort.
1261
Début du califat des Fatimides, dont la capitale est Le Caire.
XIVe s-XVe s
Expulsés de l’Espagne chrétienne (1391, 1492) puis du Portugal (1497), des Juifs se réfugient dans des villes d’Afrique du Nord.
1517
Califat ottoman qui s’étend sur une partie de l’Asie, de l’Afrique et une partie de l’Europe de l’Est, et sera aboli en 1924 par Atatürk, président turc.
XVIIes
Au sein de la Sublime Porte, les Régences, notamment celle d’Alger, acquièrent une quasi-indépendance.
Arrivée des Granas ou Gorneyim, Juifs originaires de Livourne.
1805
L’assassinat de Naftali Bûjanâh (Busnach), shaykh al-yahud, dénommé aussi muqaddam ou amîn (chef) des Juifs d’Alger, est suivi d’une émeute antijuive.
1815
Isaac Aboulker, grand rabbin d’Alger, est décapité lors d’une émeute antijuive.
1830
David Bacri avait été nommé par Napoléon consul général à Alger. Il est décapité par ordre du dey d’Alger. Début des hostilités entre l’Empire ottoman et la France.
5 juillet. Acte de capitulation. Début de la colonisation française qui libère les Juifs du statut de dhimmis (« protégés » dans un Etat régi par la loi musulmane).
1832
Ouverture d’écoles juives prodiguant un enseignement en français.
1845
9 novembre. Ordonnance royale de Saint-Cloud créant un Consistoire central à Alger, et deux autres à Oran et Constantine.
Financement par l’Etat d’écoles juives.
1865
14 juillet. Sous le Second Empire, le senatus-consulte permet à tous les indigènes d’Algérie, Juifs comme musulmans, qui le souhaitent de devenir citoyens français.
1870
24 octobre. A l’aube de la IIIe République, le décret Crémieux accorde la nationalité française aux Juifs nés en Algérie, sauf à ceux du Mzab, région du Sahara qui est « pacifiée » en 1882.
1896
Emeutes antijuives à Alger et en 1898.
1897
Emeutes antijuives à Oran.
Quelques reperes historiques du maroc
La communauté juive du Maroc, dont la présence remonte à l’Antiquité, est composée de deux groupes ethnico-culturels : les toshavim, ou « autochtones », et les megorashim, « expulsés (d’Andalousie) », dont certains sont les ancêtres de toshavim.
A Tanger et à Tétouan, les Juifs parlent une langue, la haketia, qui à l’origine était du judéo-espagnol, un idiome « recastillanisé » au XIXe siècle et aujourd’hui très proche de l’espagnol moderne.
1056
Règne des Almoravides jusqu’en 1147, puis de celui des Almohades (1120-1230) qui contraignent les Juifs à la conversion à l’islam, l’expulsion, la fuite ou la mort.
1261
Califat des Fatimides, dont la capitale est Le Caire.
XIV-XVe s.
Expulsés de l’Espagne chrétienne (1391, 1492) puis du Portugal (1497), des Juifs se réfugient dans des villes d’Afrique du Nord.
1465
Tous les Juifs de Fès sont massacrés.
1517
Califat ottoman qui s’étend sur une partie de l’Asie, de l’Afrique et une partie de l’Europe de l’Est, et sera aboli en 1924 par Atatürk, président turc.
1790
Sac des mellahs (quartiers Juifs) de Tétouan et de Marrakech.
1820
Pogrom dans le mellah de Fès, répété en 1822. Les Juifs décrètent un deuil de trois ans.
1834
Zulayka Hajwal (Solika Hatchuel), belle juive de Tanger enlevée pour être convertie à l’islam, mais restée fidèle à sa foi, est exécutée à Fès pour apostasie. Cette tragédie inspire au peintre français orientaliste Alfred Dehodencq (1822-1882), qui séjourna au Maroc, son tableau L’exécution de la Juive (1861).
1860
Guerre hispano-marocaine. Exil de Juifs de Tétouan et de Tanger en Espagne.
1862
Fin décembre. Première école de l’Alliance israélite universelle (AIU) à Tétouan
1863
« Affaire de Safi » : allégation fausse et diffamatoire contre des Juifs accusés d’avoir tué le consul espagnol.
1864
Dâhir du sultan reçu par Sir Moses Montefiore et qui sera modifié par un 2e dâhir.
1906
La conférence d’Algésiras entérine les positions économiques de France, titulaire de droits particuliers, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et l’Espagne, et soumet le Maroc à un contrôle international. Mécontente, l’Allemagne tente de récupérer une partie du pays, ce qui induira la crise dAgadir (1911).
1907
Massacre des Juifs de Casablanca et de Settat.
1912
30 mars. Le traité de Fès instaure un protectorat français au Maroc.
Avril. Massacre des Juifs de Fès.

http://www.veroniquechemla.info/2012/03/lexil-au-maghreb-la-condition-juive.html

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avril 2, 2012

Sauf retour à la sécurité, un exode massif des Juifs de France est prévisible !

Dans un courrier retrouvé dans les archives personnelles de ma famille, j’extrais cette lettre du général de Gaulle, en date du 19 Octobre 1948,  où le général définit la République restaurée. On y observera que le portrait souhaité pourrait inspirer ceux qui, par vocation ayant appris à ne pas plier, pourraient encore recevoir de « l’homme du 18 Juin, »  une leçon d’indépendance nationale : « ….le redressement de l’Etat, le salut de la monnaie, le retour du pays à l’équilibre et à la sécurité ; bref, la vie même de la France etc… »

 

Nous en sommes là, donc par la faiblesse de l’Etat, dont le renforcement garantirait le redressement, par la crainte et la sécurité par la sanction. Les Juifs de France ne peuvent plus soutenir qu’ils sont en sécurité, tout comme le détenteur d’un uniforme attestant de la puissance publique.

Au-delà de la tuerie de Toulouse, ce qui doit être retenu, c’est que la détérioration sécuritaire n’est pas née en France par génération spontanée. Elle évolue lentement mais sûrement dans la faiblesse confirmée de l’Etat. Seules des sanctions sévères et exemplaires frappant les imaginations, engendreront effroi et stupeur devant la capacité française à réagir.

Car, c’est bien de cela dont il est question. Plus personne ne croit que la France veut ou va réagir. Et c’est précisément là que le stratège de l’Elysée devra frapper. Car, il tombe sous le bon sens, que l’initiative du monstre de Toulouse fait douter les Juifs de France de l’opportunité de rester à leur place. C’était, peut être le but recherché !

« La vie même de la France est inséparable du sentiment de sécurité. ».  Or, des militaires Français, outre les victimes civiles ont été l’objet du massacre. Quand bien même l’assassin, eût été seul dans l’accomplissement de son geste, celui-ci vient à la rescousse d’une telle quantité de données antirépublicaines, antijuives et antisionistes, dont l’Etat n’a pas su prévoir les fatales conséquences,  qu’il est la preuve cinglante que les valeurs de la République ne sont plus respectées parce que la faiblesse de l’Etat a interrompu la respectabilité qui les entourait.

Le Chef de l’Etat sait qu’une autre initiative sanguinaire pourrait sonner le glas de la présence juive. Ce qui serait dramatique pour les Juifs mais tragique pour la France !

 

http://www.arnoldlagemi.com/?p=1983

avril 2, 2012

Front Intérieur: un nouveau moyen pour alerter les civils en cas d’attaque, le SMS

par Tsahal – Armée de Défense d’Israël
Tsahal teste un système d'alerte au tir de roquette par SMS

Le Front Intérieur s’apprête à tester un nouveau système d’alerte anti-roquettes par SMS. Le premier test sera effectué sur une partie des habitants de la région centre d’Israël dans les prochains jours. 

Les civils concernés par cet exercice habitent dans la zone qui s’étend des villes de Bnei Tsion à Batsra, regroupant notamment les villes de Kfar Saba, Raanana, Gan Haïm et Tzopit.

Le but du Front Intérieur est de développer des systèmes efficaces et innovants pour mettre à l’abri la population civile israélienne des tirs de missiles

Plus d’un million d’israéliens ont 15 secondes pour trouver un abri lorsqu’une roquette est tirée depuis la bande de Gaza sur Israël. La nécessité d’alerter la population en temps réel est donc vitale.

Les citoyens d’Israël vivent constamment sous la menace des roquettes tirées par les terroristes de la bande de Gaza. En 2011 par exemple, 627 roquettes ont été tirées depuis Gaza sur les villes israéliennes. Entre le 9 et le 13 mars, Les terroristes de Gaza ont lancé une attaque massive contre Israël en visant plus d’un million de civils, habitants du sud du pays. Ils ont ciblé sans interruption les civils du sud d’Israël  avec en moyenne 3 missiles par heure. Ceux-ci étaient forcés de se réfugier dans les abris anti-bombes, pendant 4 jours et 4 nuits. Les écoles ont été fermées et l’économie paralysée.

A ce stade, tous les types de téléphone ne peuvent recevoir les alertes du Commandement du Front Intérieur et certains civils ne reçoivent pas les SMS. Cet essai va permettre au Front Intérieur d’améliorer sa capacité à cibler une zone pour envoyer des alertes en quelques secondes, selon les régions. La première expérience avait été réalisée en juin dernier dans le sud du pays. Le Lieutenant-colonel Gil Hoffman, officier de liaison au sein du Commandement du Front Intérieur, a déclaré que le système d’alerte par SMS ne remplacera pas à terme la sirène et les autres systèmes d’alertes déjà mis en place. Il a également rappelé que le système d’alerte par SMS est en phase expérimentale.

 

http://blogtsahal.wordpress.com/2012/04/01/front-interieur-un-nouveau-moyen-pour-alerter-les-civils-en-cas-dattaque-le-sms/

avril 2, 2012

Bernard Squarcini, chef du Renseignement intérieur, dévoile les inquiétantes ambitions du groupe islamiste "Forsane Alizza"

En exclusivité, Bernard Squarcini, chef du Renseignement intérieur, dévoile les inquiétantes ambitions du groupe islamiste "Forsane Alizza", neutralisé hier et dont certains membres ont été arrêtés à Marseille et dans le Gard

Bernard Squarcini, directeur central du Renseignement intérieur, enquêtait sur

Bernard Squarcini, directeur central du Renseignement intérieur, enquêtait sur "Forsane Alizza" depuis le mois d’octobre dernier.

Photo Nicolas Vallauri

 

Un enlèvement, des opérations criminelles au nom de l’islam radical ? Voilà les menaces que laissaient planer "Forsane Alizza", un groupe de fondamentalistes musulmans, jusqu’ici inconnu du grand public. L’opération menée hier par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la Police judiciaire a permis de saper les ambitions d’une vingtaine de ses membres. Le chef de la DCRI livre les dessous de l’enquête.

Quelle menace faisait peser les membres de ce groupe sur la sécurité nationale ?
Bernard Squarcini : On bosse depuis octobre sur eux, en enquête préliminaire, avec beaucoup de surveillances et un gros travail de fond avec la section antiterroriste de Paris. Le groupe avait été dissous depuis le 29 février et les avoirs de 26 d’entre eux ont été gelés. Mais ils continuaient à suivre un entraînement physique, dans les parcs, les bois et recherchaient des armes. Certains pratiquaient le paintball, d’autres faisaient du jogging, comme de jeunes cadres dynamiques. Nous avons par ailleurs retrouvé un lot impressionnant de kalachnikov à Marseille. C’est un groupe constitué, d’une véritable dangerosité. Malgré leur dissolution et l’arrêt de leur site internet, ils poursuivaient leurs activités.

Quel genre d’actions entendaient-ils mener ?
B.S. : L’idée, c’est de faire le djihad (la guerre sainte) en France. Eux ne sont pas allés au Pakistan. Ce sont des Français qui s’entraînent sur le territoire. Ils voulaient nommer des émirs dans chaque région. Ce qui était important à leurs yeux, c’était de se structurer de façon solide. Il y avait des séances collectives d’aguerrissement, avec un discours très violent, un endoctrinement religieux. Ils semblaient préparer un enlèvement. En revanche, sur le financement, on attend encore qu’ils s’expliquent. Lire la suite sur www.laprovence.com


http://danilette.over-blog.com/article-bernard-squarcini-chef-du-renseignement-interieur-devoile-les-inquietantes-ambitions-du-groupe-is-102625255.html

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